Rencontre | Ash Smith : Stone King Touring Club, rendre l’expérience accessible

Nature
29 juin 2022 — Paul Humbert

Entre le Queyras et le bord de mer italien s’élance le Stone King Rallye, un évènement d’enduro unique qui puise ses racines dans la Transprovence. Nous avons discuté avec Ash Smith, le créateur de la course et de sa prédécesseur. Il nous parle du Stone King, mais surtout du Stone King Touring Club, un format libre qui se veut ouvert à bien plus de monde, avec une belle philosophie qui l’entoure : 

Au moment où nous publions cet article, le Stone King est en cours, et vous pouvez suivre Débi Motsch autour du Mont Viso (qui donne son nom à la course) qui nous fera vivre la course de l’intérieur chaque soir, en story sur notre compte Instagram : https://www.instagram.com/vojomag/?hl=fr

Les racines du Stone King

 

 

Ash Smith est un britannique qui s’est retrouvé au coeur des montagnes au début des années 2000. Le VTTiste qu’il était à l’époque ne se retrouvait pas dans la définition stricte du cross-country ou de la descente telles que ces disciplines existaient à cette époque. Pour lui, le VTT, c’était la distance, l’aventure, l’attrait pour la descente aussi. Avant que ne naisse ce qu’on appelle aujourd’hui l’enduro. 

Rapidement sont nées les premières courses d’enduro, ce qui se rapprochait de sa pratique, mais sans cette touche d’aventure qu’il aimait tant. Les EWS ont vu le jour, et le constat restait le même. C’est ainsi qu’est née la TransProvence. Cette traversée des alpes est devenue la manière pour Ash d’exprimer sa vision du VTT, et on doit dire que cette course a marqué les esprits en traversant certains des plus beaux sentiers des alpes maritimes et en diffusant de superbes images d’aventure et de sport.

 

 

Si la Transprovence était la meilleure manière pour Ash de s’exprimer, sa préparation était également sa façon à lui de réfléchir et de murir l’évènement : les sentiers, la trace, les repérages, voilà ce qui fait le coeur de l’épreuve. 

La course a connu ses heures de gloires en les participants ont accumulé des souvenirs qui resteront longtemps gravées dans leurs esprits. Mais comme toute bonne histoire, elle a une fin après 10 années et Ash a choisi d’arrêter la Transprovence après une ultime édition, content du message qu’il a réussi à véhiculer au fil des années. 

L’amour d’Ash pour les sentiers ne l’a pas tenu éloigné de ses cartes bien longtemps, et son partenaire Santa Cruz ne lui a pas laissé beaucoup de répi. La Transprovence venait de s’arrêter aux yeux du public, mais le Stone King venait de naître dans son esprit. 

Le Stone King 

Depuis quelque mois, nous avons appris la naissance du Stone King Rallye. Et la première question qu’on s’est posé c’est : est-ce que c’est « simplement » la nouvelle Transprovence. La réponse sera « oui », et « non ». Oui, parce qu’Ash conserve l’esprit originel du sport comme il l’imagine avec une course à étape, de point à point et effectuant une grande traversée. Les sentiers seront toujours au coeur de l’évènement, tout comme l’esprit d’aventure. 

Ce qui diffèrera résulte d’un problème d’héritage. Comme dans toute bonne famille, l’héritage est au coeur des débats et Ash n’était pas 100% satisfait de l’impact à court et long terme de son évènement. Il n’était pas assez satisfait ce que le VTT pouvait apporter dans les vallées traversées pendant la course, et surtout après la course. La Transprovence a probablement eu un impact positif sur les vallées traversées en augmentant leur « crédibilité » auprès d’un public de VTTiste, mais rien n’était quantifiable ou mesurable. 

Pour Ash, la Transprovence était aussi « trop élitiste » et se réservait à 90 personnes. Voilà où le Stone King va tenter de trouver sa place. 

Le Stone King, c’est 6 jours de traversée entre Arvieux dans le Queyras, et Bordighera sur la côté italienne. 24 spéciales, 262km, plus de 8000 mètres de dénivelé positif et au moins 20000m de dénivelé négatif.

 

 

Tout au long de l’itinéraire, Ash Smith et son équipe ont identifié les plus beaux chemins à parcourir, à ré-ouvrir ou à entretenir, le tout pour une expérience unique et différente chaque année. La course qui vient de se lancer, conserve son aspect exclusif par ses 100 places de disponibles, et élitiste par son tarif d’accès : un peu plus de 2000 euros. 

Le Stoneking Touring Club 

Là où la donne change, et là ou cette nouvelle organisation prend tout son sens, c’est quand on découvre le « Stone King Touring Club ». Nous avons retrouvé Ash Smith chez lui, à Bourg Saint Maurice, pour qu’il nous explique le concept. 

« Le Stone King Touring Club n’est pas le « money making club », mais une vitrine sur ce que le VTT peut être ». Pour Ash, le Touring Club doit permettre de faire vivre l’expérience du Stone King à un public plus large, et que les vallées et les sentiers en bénéficient. Concrètement, le Stone King Touring Club, c’est un format libre qui permet de parcourir la trace, à son rythme, à n’importe quel moment de l’année. L’organisation commercialise un “pack” qui permet d’avoir accès aux ressources nécessaires, et vous organisez (et payez) ensuite vos hébergements, remontées et repas.

L’objectif est de créer tout un éco-système autour de l’évènement en référençant, sur l’itinéraire, des hôtels et autres types d’hébergements permettant de vivre l’expérience après la course, et de poser ses valises dans des lieux adaptés à l’accueils de vélos (salles spéciales, laveries etc…).  De la même manière, le Touring Club référence les bons points de réservations et vous informe de la meilleure manière de réserver ou d’organiser des navettes en voitures (nécessaires pour suivre le tracé convenablement).

 

 

On oubliait le plus important : en souscrivant au Touring Club, vous accédez aux tracés (très fournis, détaillés et commentés) de la course via Komoot. Vous pouvez également (et on vous le recommande chaudement) acheter un très beau livre qui vous guide et vous raconte l’histoire du tracé : les initiatives de trail building locales, les détails historiques et géographiques du tracé, les particularités de chaque journée, les plus belles photos prises en cours de route, des chroniques…

Le tout est, grâce aux sponsors de la course, traduit de l’anglais en français, allemand et italien. 

Ce Stone King Touring club repose ainsi sur plusieurs piliers dont les principaux sont ce livre, les traces et ces adresses. Ils permettent à celles et ceux qui y souscrivent (les packs du Stone King Touring Club sont commercialisés entre 39 et 79€) de vivre l’expérience à leur rythme, et pour des budgets estimés pour une semaine entre 800 et 2000 euros en fonction des prestations choisies.

 

En voyant toujours plus loin, Ash Smith qui aimerait que le Stone King soit « autant une course qu’une expérience » souhaite contribuer à la vie et la transmission des réseaux de sentiers dans les vallées. 

Celui qui se décrit lui même comme un « Map geek » s’approche, à notre sens, de ce qu’un évènement (aussi élitiste soit-il) peut apporter de mieux aux vallées qu’il traverse et inscrivant le VTT dans le paysage touristique et naturel de chaque vallée.

 

 

Le Touring Club sera lancé officiellement juste après la course, mais les pré-commandes sont d’ores et déjà disponibles et on tentera d’aller vivre un bout de l’expérience « post-course » pour vous.

Pendant le Rallye du Stone King, retrouvez Déborah Motsch sur notre compte Instagram. En story, elle nous partagera ses journées chaque soir de la semaine de course : https://www.instagram.com/vojomag/?hl=fr 

Le site du Stone King, rubrique “Touring Club” : https://stonekingrally.org/touringclub/ 

Photos : Stone King / Steel City Media