Nouveauté | Trek Session : une toute nouvelle plateforme en aluminium et pivot haut !

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8 avril 2021 — Léo Kervran

Le Session, c’est le vélo le plus couronné en coupe du Monde de descente, avec 38 succès depuis le lancement de la première génération en 2005. C’était le vélo de Tracy Moseley, d’Aaron Gwin et de Rachel Atherton en DH, ou de Brandon Semenuk et Brett Rheeder sur la RedBull Rampage. Autrement dit, une légende de la DH. Après presque 4 ans de bons et loyaux et services, marqués par le titre de champion du Monde de Reece Wilson en octobre 2020, le Session change complètement cette année. Voici les informations à retenir :

Le Session de Reece Wilson, avec une décoration spéciale pour son titre de champion du Monde

Visuellement, ce Session millésime 2022 (oui oui, 2022) ressemble toujours plus ou moins à un Session, mais techniquement, tout change ou presque.

Du côté de la suspension d’abord, car si Trek conserve son système ABP (Active Braking Pivot) avec un point de pivot arrière concentrique à l’axe de roue, la marque adopte une architecture avec point de pivot haut et galet de renvoi, comme on en voit de plus en plus en DH aujourd’hui.

Selon Trek, cette architecture apporte plus d’adhérence et une sensation plus “douce”, plus confortable pour les pilotes. Par ailleurs, elle entraîne un trajet de roue plus prononcé vers l’arrière (de 12 à 25 mm en plus par rapport à l’ancien Session), ce qui permet de mieux absorber certains impacts très marqués, comme des pierres ou des racines abordées de face. Au final, le nouveau Session est censé mieux conserver la vitesse que son prédécesseur.

Voilà pour le point de pivot haut. Le galet de renvoi permet quant à lui de mieux contrôler l’allongement de la chaîne (plus important qu’avant du fait du nouveau trajet de l’axe de roue) et de réduire le kickback, ce phénomène de rotation des manivelles en fin de compression, en faisant passer la chaîne au plus proche du point de pivot de la suspension. Résultat, ce Session affiche un kickback de 5 à 8°, contre 15 à 27° sur le précédent modèle. On notera enfin que cette nouvelle plateforme dispose d’un petit flipchip au pied de l’amortisseur, qui permet de choisir entre 20 et 25 % de progressivité sur la cinématique.

C’est une forme de retour aux sources pour le vélo puisque le précurseur du Session, le Diesel, profitait déjà de ce système en 2003 et que dans sa version 2010, le Session avait lui aussi donné sa chance à cette architecture avant de revenir sur quelque chose de plus classique.

Après la suspension, la géométrie évolue elle aussi de façon importante. D’abord parce que ce nouveau Session est compatible avec les 3 formats de roues sans changer de cadre : il est livré d’origine en 29″ mais on peut le passer en mulet à condition de passer le MinoLink en position haute, ou même en 27,5″ avec le MinoLink en position haute et une coupelle de jeu de direction spécifique (vendue séparément).

Ensuite parce que Trek, à l’image d’autres marques, a revue toute son échelle des tailles et passe sur ce qu’elle appelle le “reach sizing”, une échelle basée sur la longueur du reach (taille R1, R2 ou R3) plutôt que sur l’habituel code S-M-L.

Enfin parce que le vélo s’allonge considérablement de l’avant : en 29″ et MinoLink en position basse, sa configuration d’origine, cela va de + 25 mm de reach entre l’ancien M et le nouveau R1 à + 32 mm entre l’ancien XL et le nouveau R3 ! Dans le même temps, les bases sont redessinées et affichent désormais des longueurs différentes pour chaque taille (439 mm en R1, 445 mm en R2 et 452 mm en R3, contre 453 mm partout auparavant), de façon à conserver un équilibre similaire sur tous les formats.

De son côté, l’angle de direction se redresse de 1° (63°), ce qui permet au final de contenir l’allongement du vélo : + 10 mm “seulement” sur l’empattement du R1 par rapport à l’ancien M. Sur le R2, c’est + 20 et + 30 mm sur le R3, qui a des bases presque identiques à la génération  précédente. Enfin, on relèvera que le stack augmente de 20 mm, de quoi rehausser un peu le pilote sur le vélo.

Sur l’aspect pratique, on retrouve un support ISCG 05 (sans la vis du haut, le guide-chaîne étant inutile) pour monter un bashguard, tandis que le boîtier de pédalier est fileté, au standard BSA 83 mm. Le support d’étrier arrière est au standard PM180 et le cadre accepte jusqu’à 220 mm en taille de disque, moyennant un adaptateur. On note aussi quelques astuces bien pensées de la part de Trek, comme les passages de gaines qui peuvent se faire en interne dans le tube supérieur (configuration d’origine) ou en externe sous ce dernier pour faciliter l’entretien. Même remarque pour les protections de cadre (tube diagonal et base côté transmission), de taille généreuse, double densité pour mieux atténuer les bruits et surtout démontables pour être remplacées si besoin.

2 montages complets sont prévus, ainsi qu’un kit cadre. Contrairement à la génération précédente, où le haut de gamme était en carbone, tous sont en aluminium et aucune version en carbone n’est prévue pour l’instant. Le Session 9 est le modèle haut de gamme de la famille, avec des suspensions RockShox Boxxer Ultimate et SuperDeluxe Ultimate Air, des freins Sram Code RSC, une transmission Sram X01 DH et un train roulant Bontrager (roues Line DH et pneus G5 Team Issue). Il est affiché à 6 999 €.

Avec son tarif de 4 999 €, le Session 8 est plus accessible. Il est équipé d’une fourche RockShox Boxxer Select+, d’un amortisseur Fox Van R à ressort hélicoïdal, de freins Sram Code, d’une transmission Sram GX DH et du même ensemble roues-pneus que le Session 9.

Enfin, pour les amateurs de montage à la carte, le Session en version kit cadre s’échange contre 2 999 €. Il est fourni avec un amortisseur Fox Van R et la coupelle de jeu de direction indispensable pour monter le vélo configuration 27,5″.

Plus d’informations : trekbikes.com/fr