Nouveauté 2027 | Yeti LT : adieu le Switch Infinity, place à l’ère Sixfinity

Par Olivier Béart -

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Nouveauté 2027 | Yeti LT : adieu le Switch Infinity, place à l’ère Sixfinity

C’est un tournant technique majeur que vient d’amorcer Yeti. Avec la présentation du LT, la marque du Colorado ne se contente pas d’ajouter un modèle à sa gamme d’enduro : elle fait évoluer sa philosophie de conception. En abandonnant l’emblématique système Switch Infinity au profit de la cinématique Sixfinity, déjà aperçue sur les e-bikes de la marque, Yeti revoit ses classiques. Et ce n’est pas tout… On vous explique :

Nos plus anciens lecteurs s’en rappelleront peut-être, mais le Yeti SB équipé de la suspension Switch Infinity, a été un des tout premiers vélos testés sur Vojo en 2014 ! Aujourd’hui, 12 ans plus tard, la prestigieuse marque basée dans le Colorado tourne la page de ce système sur rails, au profit d’un autre principe de suspension maison, déjà présent sur les e-bikes de la marque. Il est différent… mais toujours assez complexe. Nous l’avions déjà aperçu au début de l’été en Enduro World Series, et on peut maintenant connaitre tous les détails avec la sortie du vélo de série.

Cinématique : Le passage au système Sixfinity

C’est la modification la plus visible et la plus structurante sur ce nouveau châssis de 170 mm de débattement avant et 160 mm arrière. Yeti délaisse le système Switch Infinity à double glissière (qui équipait le SB160 jusqu’ici) pour adopter l’architecture Sixfinity.

Développée initialement pour les modèles à assistance électrique de la marque (comme le MTe et le LTe que nous avons testé il y a peu) afin de contourner les contraintes d’encombrement liées au moteur, cette cinématique à six biellettes a également été mise à l’épreuve sur le prototype de DH de Coupe du Monde.

Bref, elle a déjà eu l’occasion de prouver son efficacité et son intégration sur un modèle d’enduro sans assistance n’est pas une surprise. Elle répond à un objectif précis, comme l’explique Yeti : « obtenir une valeur d’anti-squat élevée sur le début de course pour garantir l’efficacité au pédalage, tout en la faisant chuter nettement plus bas dans le débattement afin de libérer la suspension lors des chocs à la descente ».

En allant un peu plus dans le détail, on voit que le Sixfinity isole beaucoup mieux les forces de freinage. L’anti-rise est maintenu bas (autour de 40% à 50%) tout au long du débattement. Résultat : la suspension reste active et plaque la roue au sol, même lorsqu’on freine fort. Autre point, le Switch Infinity offrait un comportement très linéaire, obligeant parfois les pilotes lourds ou agressifs à rouler avec beaucoup volume spacers dans l’amortisseur pour éviter de talonner. Le Sixfinity est intrinsèquement plus progressif.

De plus, le Yeti LT intègre des flip-chips au niveau de l’ancrage inférieur de l’amortisseur qui permettent de modifier cette progressivité. On peut ainsi passer d’un comportement typé « race » à un feeling ultra-sensible et tolérant, parfaitement adapté aux amortisseurs à ressort hélicoïdal (coil).

Enfin, Yeti met également en avant une meilleure répartition des charges latérales, censée prolonger la durée de vie des roulements. A noter en bonus que Yeti intègre d’origine la technologie Degrees of Freedom (DF) sur le moyeu arrière DT Swiss, qui permet de configurer le point mort d’engagement de la roue libre afin de neutraliser le phénomène de kickback au niveau de la suspension et d’encore améliorer son fonctionnement en descente.

Géométrie : la modularité en maître mot

Yeti a voulu proposer un cadre pointu aux options de réglages multiples :

On en a parlé plus haut, un insert situé au point de fixation inférieur de l’amortisseur offre trois configurations de courbe de suspension : 15 % (comportement plus linéaire pour maximiser le contact au sol), 20 % (réglage intermédiaire d’origine), et 25 % (progressivité accrue en fin de course pour un meilleur maintien sur les gros impacts).

Un autre flip-chip placé à la jonction des haubans permet de changer de format de roue arrière et de passer d’une configuration de roues « tout 29 pouces » à un montage « mullet » avec roue arrière de 27,5 pouces. Une position spécifique « MX Slack » permet d’abaisser le boîtier de pédalier à 344 mm et d’ouvrir l’angle de direction à 63,5° (contre 64° d’origine).

Enfin, Yeti fait varier la longueur des bases selon la taille du cadre, en allant de 439 mm en taille S à 465 mm en taille XL. Yeti livre également le vélo avec des pattes arrière modulaires permettant d’allonger systématiquement ces valeurs de +10 mm (portant ainsi les bases du XL à 475 mm). Yeti s’éloigne du « dogme » des bases ultra courtes, avec pour objectif d’assurer une répartition équitable du poids du pilote entre la roue avant et la roue arrière afin de stabiliser le vélo à haute vitesse et d’optimiser l’adhérence en courbe.

Conception du cadre et intégrations pratiques

Le Yeti LT est (pour l’instant ?) uniquement proposé avec la fibre de carbone haut de gamme Turq. Afin de renforcer la résistance aux impacts sur les zones sensibles, le drapage intègre des nappes de Vectran, un polymère à cristaux liquides conçu pour absorber les chocs mécaniques.

Le cadre intègre également plusieurs solutions de rangement et de protection :

  • Compartiment interne « The Cavity » : Pour la première fois, Yeti intègre une trappe de rangement dans le tube diagonal. La fermeture s’effectue via un levier rotatif mécanique garantissant l’étanchéité et l’absence de vibrations.
  • Support d’accessoires : Des plots de fixation standardisés sont présents sous le tube supérieur.
  • Logement de traqueur : Un espace dédié à l’installation d’une balise de géolocalisation (type Apple AirTag ou Tile) est dissimulé à l’intérieur de la protection en plastique du tube diagonal.
  • Guidage de la câblerie : Les gaines cheminent à l’intérieur de tubes de guidage moulés et sont bridées au niveau des ports d’entrée pour éliminer tout bruit parasite.

Yeti LT : versions et prix

Pour le marché européen, la gamme se décline autour d’un cadre unique en carbone haut de gamme (série TURQ) à travers quatre montages complets et un kit cadre… tous à des tarifs très « Yeti » et dont haut de gamme :

  • Yeti LT 90 : 7 400 € – L’entrée de gamme s’équipe de suspensions Fox Performance (fourche 38 Grip et amortisseur Float X), d’un groupe mécanique SRAM S-100 Transmission, de freins SRAM Maven Base et de roues en aluminium DT Swiss E1900.
  • Yeti LT X0/90 : 8 800 € – Ce modèle hybride propose des suspensions haut de gamme Fox Factory (fourche 38 Grip X2 et amortisseur Float X2), une transmission mécanique mixant dérailleur S-100 et pédalier/cassette SRAM X0, des freins SRAM Maven Silver et des roues DT Swiss E1900.
  • Yeti LT XT Di2 : 9 500 € – L’unique alternative en Shimano propose le groupe électronique sans fil Shimano XT Di2 12 vitesses, des freins Shimano XT à 4 pistons, des suspensions Fox Factory (38 Grip X2 / Float X2) et des roues DT Swiss E1900 (avec possibilité d’upgrade vers des roues en carbone DT Swiss EXC1700 EVO pour  un supplément de 1 200 €).
  • Yeti LT X0 : 10 900 € – Le fleuron de la gamme complète s’arme de la transmission sans fil SRAM X0 AXS Transmission, de puissants freins SRAM Maven Silver, de suspensions Fox Factory haut de gamme, d’une tige de selle Fox Transfer et de roues en carbone DT Swiss EXC1700 EVO.

  • Kit cadre Yeti LT (T-Series) : 5 400 € – Livré avec l’amortisseur Fox Factory Float X2, les pattes modulables de réglage de bases (+0/+10 mm) et les différents flip-chips géométrie/progressivité.

Plus d’infos : https://yeticycles.com/en-us/bikes/lt

Par Olivier Béart