Nouveauté 2021 | Santa Cruz Blur : le XC à la sauce Santa Cruz

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1 juin 2021 — Léo Kervran

Le renouvellement du Blur était devenu un secret de polichinelle ces derniers temps, le vélo ayant fait plusieurs apparitions en course depuis le mois d’avril. Après l’avoir vu entre les jambes de Keegan Swenson aux Etats-Unis puis de Maxime Marotte et de toute l’équipe Santa Cruz-FSA sur les coupes du Monde, le voici enfin présenté au grand public !

Si Santa Cruz est aujourd’hui une marque réputée, le moins qu’on puisse dire est que cette réputation ne s’est pas construite sur ses modèles de XC, même si le Blur ou les anciens Tallboy disposaient de belles capacités dans le domaine. La marque s’en amuse elle-même, puisque son communiqué commence par le paragraphe suivant :

Comme tout le monde le sait, Santa Cruz n’a jamais été à l’école du cross-country. Si cela avait été le cas, nos bulletins de notes auraient surement été remplis de commentaires du genre: “Utilise 150 mm de débattement pour des épreuves de 24 heures.” “Participe aux courses sur un rigide monté avec une fourche de 140 mm.” “Attaque en montée avec un vélo de 160 mm.” Nous étions plutôt de ceux assis au fond de la classe pendant toute notre scolarité. Ça ne veut pas dire que nous n’étions pas attentifs pour autant, nous préférions simplement réfléchir à la méthode par nous-mêmes”.

Toutefois, avec les ambitions affichées par l’équipe Santa Cruz-FSA (qui compte dans ses rangs des pilotes de premier plan comme Maxime Marotte et Luca Braidot), il a bien fallu que la marque californienne rouvre ses cahiers et se penche à nouveau sur le sujet. Il fallait une machine de compétition, taillée pour aller chercher les podiums sur les courses les plus relevées de la planète et c’est ce que Santa Cruz s’est attaché à faire, sans négliger les besoins et attentes des autres pratiquants.

Santa Cruz annonce un cadre 289 g plus léger que son prédécesseur, ce qui donne 1933 g en taille L avec amortisseur RockShox Sid Luxe et carbone CC (le plus haut de gamme de Santa Cruz).

L’une des responsables de ce gain de poids, c’est la nouvelle architecture de suspension “Superlight™”, un nom qui fait référence à un ancien modèle de Santa Cruz arrêté en 2016 après 17 ans d’existence. Comme le Superlight, ce nouveau Blur met de côté la célèbre architecture VPP qu’on retrouve sur tous les autres vélos de la marque pour un système de type monopivot, cette fois-ci avec biellette et non en prise directe.

Le monopivot + biellette avec haubans flexibles, c’est une architecture très répandue en XC : on la retrouve notamment sur le Specialized Epic, l’Orbea Oiz, le Cannondale Scalpel, le Canyon Lux, le Scott Spark… On note que sur ce nouveau Blur, le point de pivot est placé pile au sommet du plateau (en 34 dents), là où la chaîne quitte les dents, de façon à optimiser l’anti-squat et neutraliser au maximum les effets de pompage.

Comme c’est la norme en XC, le débattement du Blur est de 100 mm devant comme derrière et les deux suspensions disposent d’un blocage au guidon. Une plateforme certainement très efficace mais sûrement un peu trop sérieuse pour Santa Cruz. La marque a donc décidé d’en faire une version un peu plus musclée appelée TR, qu’elle qualifie de “vélo de XC avec des possibilités décuplées”. Ce n’est pas un vélo de trail, il y a le Tallboy pour ça !

En déclinaison TR, le Blur offre 115 mm de débattement derrière (vraisemblablement grâce à un amortisseur avec une course plus longue pour le même entraxe), 120 mm devant et se passe de blocage au guidon pour les suspensions. En revanche, il dispose d’une tige de selle télescopique à plus grand débattement, de disques en 180 mm et de pneus un peu plus cramponnés : des Maxxis Rekon (en section 2.4 WT et carcasse Exo), contre des Aspen (2.4 WT Exo également) sur le Blur “classique”.

Cette nouvelle architecture permet également de libérer de la place dans le triangle avant et désormais, le Blur accepte jusqu’à trois porte-bidons : un sur le tube diagonal, un en dessous et un devant le tube de selle. Côté finitions, le Blur est au niveau des standards habituels de Santa Cruz avec des passages de gaines en internes, de belles protections sur les bases et le bas du tube diagonal ou encore un support pour un guide-chaîne minimaliste sur le point de pivot.

Côté géométrie, Santa Cruz profite de cette nouvelle plateforme pour faire évoluer le Blur de manière sensible et le vélo figure maintenant au niveau des modèles les plus “progressistes” du segment. Le reach est long pour un XC (450 mm en taille M) et l’angle de direction généreusement ouvert, tandis que l’angle du tube de selle se redresse sérieusement (+1,7 à +2,5 ° suivant la taille). On remarque toutefois une différence de près d’1° entre le S et le XL, ce qui montre que la marque n’a pas cherché à compenser le “problème” de l’angle plus couché sur les grandes tailles.

En revanche, la longueur des bases est adaptée à chaque taille de cadre et si l’écart n’est pas très important (8 mm entre le S et le XL), c’est un signe que Santa Cruz a souhaité conserver un certain équilibre sur toute l’échelle de taille. En version TR, le reach et l’angle de tube de selle diminuent logiquement tandis que le boîtier de pédalier remonte puisqu’il s’agit du même cadre auquel on a greffé une fourche plus grande.

Entre les versions TR et classiques, pas moins de 13 modèles sont proposés (2 coloris, Sockeye Salmon ou Dark Matter). Les premières livraisons sont attendues pour l’automne. En version “non-TR”, les tarifs commencent à 5 499 € pour le Blur C S et montent jusqu’à 10 999 € pour le Blur CCXX1 Reserve. En TR, il faudra compter de 4 899 € (Blur TR C R) à 11 4999 € (Blur TR CC XX1 Reserve).

Ce Blur se décline aussi pour la première fois en version Juliana, la marque sœur dédiée aux femmes. Comme d’habitude, le Blur version Juliana porte un autre nom (ici, le Wilder) mais le cadre est exactement le même, tout comme l’essentiel des composants. Les seules différences se situent au niveau des points d’appuis (selle, poignées) et des réglages internes des suspensions.

Le Juliana Wilder sera disponible en même temps que le Blur mais uniquement en série TR, avec 5 montages, 3 en cadre C et 2 en cadre CC.

Santa Cruz Reserve 28 XC

Sur les modèles les plus haut de gamme, on retrouvera les nouvelles Reserve 28 XC dévoilées par la marque californienne il y a deux semaines. Dédiées au XC, elles sont en carbone comme toutes les roues Santa Cruz Reserve et ne pèsent que 1367 g (avec des moyeux DT Swiss 180). La jante seule est elle annoncée à 385 g. Comme de coutume chez Santa Cruz, elles sont garanties à vie et il n’y a pas de limite de poids pour le pilote.

Sur le plan technique, elles affichent une largeur interne de 28 mm (27,8 mm ± 0,2 mm pour être très précis), un profil bas de seulement 20 mm de haut, n’ont pas de crochets et sont asymétriques pour optimiser la tension des rayons, au nombre de 24 devant comme derrière. Santa Cruz les conseille pour des pneus de 2,2″ à 2,5″ de section. Plusieurs options de montages sont disponibles (moyeux DT Swiss 180, 240 ou 350, disque Centerlock uniquement).

Elles ne sont disponibles qu’en option sur les vélos, il est (pour l’instant) impossible de les acheter séparément. Sur le Blur, l’option Reserve 28 XC (si elles ne font pas déjà partie de l’équipement) ajoute en moyenne 1200 € au prix du vélo.

Plus d’informations : santacruzbicycles.com/fr