L'Allemande Helen Grobert contrôlée positive à la testostérone

Sport
9 avril 2020 — Léo Kervran

L’agence nationale anti-dopage allemande (NADA) vient d’annoncer la suspension pour 4 ans  d’Helen Grobert, 27 ans et ancienne coéquipière de Maxime Marotte, Henrique Avancini et Manuel Fumic au sein de l’équipe Cannondale Factory Racing.

La suspension fait suite à un test réalisé le 15 novembre 2017, où de la testostérone a été retrouvée dans un échantillon d’urine. La testostérone est une hormone stéroïdienne qui a notamment pour effet de stimuler la production de globules rouges et la croissance musculaire. Elle est à ce titre classée dans les agents anabolisants (S1) par l’agence mondiale anti-dopage et interdite en permanence, c’est-à-dire en et hors compétition.

Conformément au code anti-dopage allemand, la NADA a choisi d’appliquer une suspension de 4 ans rétroactive. Elle commence le 24/03/2018, après la dernière compétition à laquelle Helen Grobert a participé et s’étend donc jusqu’au 23/03/2022. Tous les résultats entre le 15/03/2017 et le 24/03/2018 sont annulés. La décision n’est pas encore définitive et Helen Grobert peut encore faire appel.

La communication sur les affaires de dopage est toujours délicate mais le communiqué de la NADA intervient très tardivement, alors qu’on est déjà à la moitié de la durée de suspension (qui est respectée puisqu’Helen Grobert n’a pas couru depuis mars 2018). Sur ce sujet, nos confrères de acrossthecountry.net rappellent très justement qu’il y a un an, l’équivalent allemand du procureur de Fribourg évoquait une affaire de dopage concernant une vététiste allemande de 26 ans. Cette affaire concernait l’utilisation de testostérone mais aussi d’une méthode interdite depuis 2011, l’ozonothérapie (pratique qui consiste à se prélever du sang, l’enrichir d’un mélange d’ozone et d’oxygène puis à le réinjecter dans la circulation). La similarité entre les deux affaires est troublante et nous ne serions pas étonnés qu’il s’agisse du même cas. Si cela est avéré, la complexité de l’affaire pourrait expliquer pourquoi la NADA n’officialise que maintenant ce contrôle positif, après avoir pris le temps de tirer au clair les différents éléments.

Cette suspension met fin à une longue période de doute et d’incertitudes puisqu’Helen Grobert avait brutalement arrêté la compétition début 2018, quelques semaines après avoir réalisé sa meilleure performance. C’était lors de l’ouverture de la coupe du Monde à Stellenbosch où elle avait pris la 4° place derrière Annika Langvad, Pauline Ferrand-Prévot et Anne Tauber. Elle était alors considérée comme un des grands espoirs du VTT allemand. Dans un message posté en juin 2018 sur ses réseaux sociaux, elle annonçait se retirer du monde du vélo pour une durée indéterminée, officiellement pour des raisons de santé. Il semblerait qu’elle ait appris son contrôle positif à cette période et choisi d’elle-même de se retirer de la compétition.

Le communiqué complet :

“In an arbitral decision dated March 31, 2020, the German Sports Arbitration Court decided to suspend the internationally competing mountainbiker Helen Grobert for 4 years for an anti-doping rule violation according to Article 2.1 of the German Cycling Federation Anti-Doping Code due to the presence of the prohibited substance testosterone in the urine sample from November 15, 2017. The arbitration panel thus followed NADA’s request for the sanction. The period of the ban began on March 24, 2018 and ends on March 23, 2022, taking into account the temporary suspension. All competition results with the resulting consequences in the period from November 15, 2017 to March 24, 2018 will be cancelled. The decision is not yet in force.

As soon as the decision is in force it can be found in the NADAjus data base on NADA’s homepage.”

Plus d’informations : nada.de