Interview | Championnats du Monde 2026 – Victor Koretzky : « Je défendrai mon titre à Val Di Sole ! »
Par Olivier Béart -
Champion du monde de Short Track (XCC) en titre, Victor Koretzky s’apprête à faire son grand retour à la compétition à l’occasion des Championnats du monde 2026 à Val di Sole (Italie). Victime d’une fracture de l’humérus il y a quatre mois et demi, le pilote français a traversé une longue période de convalescence, marquée par une récente seconde opération. Rencontre aux Gets avec un pilote affûté, déterminé, mais lucide sur son état de forme.
Victor, cela fait plus de quatre mois et demi que tu es éloigné des lignes de départ à la suite de ta lourde chute. Comment te sens-tu physiquement aujourd’hui et où en est ta convalescence après cette seconde opération ?
Victor Koretzky : Ça va nettement mieux ! J’ai subi une énorme fracture de l’humérus avec des fragments osseux qui s’étaient bien éloignés, ce qui explique pourquoi la cicatrisation a pris autant de temps. Il y a un peu plus de trois semaines, je suis repassé sur la table d’opération pour me faire retirer une vis au niveau de la tête de l’humérus qui me gênait encore. Depuis cette intervention, j’ai passé un vrai cap : j’ai réussi à bien progresser et je me sens enfin plus à l’aise sur le vélo.
Honnêtement, la forme physique est là : je suis affûté, je m’entraîne dur depuis des mois et la condition de base est excellente. Le plus difficile dans cette situation, c’était de garder de la perspective car il n’y avait pas de date officielle fixée pour la reprise. Tout se fait au feeling et aux sensations pour déterminer quand je serai de nouveau à 100 %. Je ne veux pas trop précipiter les choses, mais ma détermination est intacte. J’ai la chance d’avoir une équipe formidable chez Specialized qui me soutient à 100 % et croit en moi. Les chutes font partie du sport ; le fait d’avoir enchaîné les victoires au plus haut niveau ces trois dernières années renforce notre confiance mutuelle.
On sait que tu as dû renoncer à t’aligner aux Gets pour parfaire ta préparation. Tu seras pourtant bien au départ à Val di Sole cette semaine. Dans quel état d’esprit abordes-tu le Short Track (XCC), dont tu es le tenant du titre ?
J’aurais vraiment aimé pouvoir accrocher un dossard aux Gets, juste pour me tester et me situer au milieu du peloton avant l’échéance mondiale. Mais au final l’UCI n’a pas accepté que je m’aligne uniquement en XCC ici, et avec mon entraîneur, nous ne voulions pas prendre de risque sur le XCO.
Depuis ma chute, je suis passé par plusieurs étapes mentales : j’ai d’abord visé un retour en Andorre, puis sur les Championnats d’Europe… À chaque fois, il a fallu réajuster. Mais aujourd’hui, après la seconde intervention, les voyants sont enfin au vert. Courir à Val di Sole sur le XCC et y défendre mon maillot arc-en-ciel, c’est l’objectif concret que je me suis fixé depuis ma chute. C’est un effort court, intense, qui convient bien à mon profil et où je pense pouvoir m’exprimer.
En revanche, pour l’épreuve du Cross-Country Olympique (XCO) dimanche, le défi semble plus grand. Envisages-tu de t’aligner ou est-ce encore trop prématuré pour tenir un tel rythme sur la durée ?
Pour le XCO, il faut être réaliste : ça risque d’être compliqué. Je suis inscrit, donc je vais faire les reconnaissances, rouler sur le circuit et voir comment mon corps réagit. Rouler sur un parcours de Coupe du monde à vitesse d’entraînement, je le fais sans problème aujourd’hui. Mais rouler à 100 % de ses capacités physiques pendant une heure et demie, en poussant à bloc en montée comme en descente, c’est une tout autre histoire.
On ne se rend pas toujours compte du niveau d’engagement et de précision technique qu’exige le XCO moderne. Les courses se jouent à quelques poignées de secondes, et même si tu es en forme physiquement pour performer dans les parties physiques, si tu perds cinq secondes par descente parce que tu manques d’aisance ou de force dans le haut du corps, c’est juste impossible de jouer devant à ce niveau. Je prendrai ma décision finale après les essais sur place. Si le XCO mondial s’avère encore trop juste, l’objectif sera d’être à 100 % pour la tournée américaine en fin de saison.
Rendez-vous du 26 au 30 août sur Vojo pour suivre l’intégralité des championnats du monde UCI 2026 !

