France | Retour sur les sentiers le 11 Mai ? 

Nature
20 avril 2020 — Paul Humbert

Après plus d’un mois de confinement sur le territoire français, la perspective du déconfinement est encore floue. Les annonces du premier ministre et celles (encore timides à ce stade) de la FFC laissent entrevoir la possibilité d’une reprise de l’activité sportive individuelle si le confinement n’est pas prolongé au delà de la date du 11 Mai. Il convient de militer pour une reprise effective, respectant les précautions sanitaires, et adaptée aux différents types de pratiques sportives. 

Dans cette situation de crise et d’attente, chacun voit midi à sa porte et souhaite pouvoir reprendre sa « vie d’avant » au plus vite. Chez Vojo, nous avons fait le choix de l’effort collectif, en diffusant les mots de la FFC qui préconisait un arrêt de la pratique sportive (notre position au 17/03). Et nous avons clairement suivi ces consignes au sein de notre bureau français.

Aujourd’hui, alors que différents scénarios de reprise sont encore sur la table, nous souhaitons exprimer notre réflexion et nos espoirs quant à la question de la reprise de l’activité sportive individuelle : 

  • Sur le plan sanitaire, il paraît évident que la tenue des rassemblements et autres évènements de masse sera fortement remise en question, et c’est la communauté scientifique qui est la seule à même d’évaluer les critères de transmission dans ce contexte. Nous souhaitons que, dès la levée du confinement, une distinction nette soit faite entre les activités de groupe (cyclisme en peloton) et l’activité strictement individuelle (ou entre personnes d’un même foyer).
  • L’accès à la nature a été considérablement réduit, voire interdit, pendant le confinement. À la levée de ce dernier, nous pouvons comprendre que certaines zones, par exemple jugées “trop dangereuses” (haute montagne, où l’évacuation est difficile) ou “sur-fréquentées”  (à proximité des villes) puissent rester fermées. Il conviendra toutefois de présenter les éléments justifiant de ces deux points et de permettre une réouverture large des espaces naturels. 
  • Autoriser explicitement la pratique du vélo loisir et du VTT, c’est également permettre à une économie de redémarrer et d’insuffler une dynamique de reprise. Plusieurs indices montrent que le vélo pourrait-être un des moteurs de ce “monde d’après”, tant comme moyen de déplacement que comme sport et loisir individuel. Espérons que cet énorme potentiel sera apprécié à sa juste valeur par les autorités. Autoriser la pratique du VTT, c’est également permettre la reprise de l’entraînement des athlètes de haut niveau, vecteurs d’image, mais également vecteurs économiques et dépendant financiers de leur capacité à pratiquer et à briller lors des prochains évènements mondiaux. 
  • L’activité physique individuelle, et la pratique du VTT en particulier, ont été interdits (ou en tout cas tellement limités que cela équivaut pour beaucoup à une interdiction) notamment pour limiter les risques de surcharge des services hospitaliers. La levée du confinement ne marquera en rien un « retour à la normale », et il conviendra de diffuser un message de prudence, surtout dans ce contexte de retour sur les sentiers après plusieurs semaines sans toucher au vélo. Dans ce contexte, la responsabilité de chacun sera grande et il conviendra d’adapter nos comportements individuels. Il serait aussi compréhensible de maintenir encore un moment l’interdiction d’accès à certaines zones trop exposées. 

Une pratique sportive en extérieur a des bienfaits avérés et nous pensons aussi à l’économie de « l’outdoor » avec ses nombreux acteurs (magasins de vélos, distributeurs, marques), mais pesons bien le poids de nos actions face à cette situation de pandémie mondiale afin d’éviter une “deuxième vague” qui entraînerait de nouveaux dommages, simplement parce que la tentation de tout reprendre trop vite aurait été trop grande.

Néanmoins, un simple accès à la nature, seul ou avec les personnes vivant sous le même toit, semble une demande raisonnable pour “l’après 11 mai”. Une pétition appelant à un accès mesuré à la nature a réuni plusieurs dizaines de milliers de signatures en quelques jours (ici) et nous soutenons le fond de leur message. Avec une roue en France, l’autre en Belgique, Vojo est un média bi-national et nous avons ainsi pu constater la différence des approches entre les deux pays. Nous ne jugeons pas ce qui a été fait, mais nous avons la conviction qu’une pratique encadrée est possible, à l’image de la règlementation belge qui permet de rouler à vélo et VTT sous conditions, en respectants les critères de sécurité sanitaire. Elle pourrait faire beaucoup de bien à beaucoup de monde. 

Chez Vojo, la rédaction continue de travailler pour vous proposer son contenu d’information, de divertissement, nos tests les plus pointus et nos plus belles découvertes pour vous permettre de vous évader depuis chez vous. La rédaction belge continue d’arpenter (prudemment) ses sentiers quand la rédac française reste sagement à la maison en attendant le déconfinement. Et nous mettons tout en œuvre au quotidien pour être aux côtés de tous les acteurs du VTT, du simple pratiquant jusqu’aux professionnels du secteur dans toute leur diversité.

Enfin, toute l’équipe Vojo apporte son soutient au personnel soignant et aux personnes qui travaillent pour maintenir l’ensemble des services essentiels à l’activité du pays.

A bientôt sur les sentiers. Nous l’espérons. Nous y croyons.