Dopage en EWS : Chris Ball sort du bois

Sport
13 novembre 2018 — Olivier Béart

Des rumeurs ont envahi le paddock depuis un moment, mais elles étaient jusque là invérifiables. Répondant à une sollicitation de nos confrères de VitalMTB, Chris Ball, responsable des Enduro World Series, a confirmé qu’une enquête était en cours suite à des contrôles menés par l’AFLD, et donc en France. Voici un point sur le dossier :

Cela fait quelques semaines que le milieu de l’enduro bruissait de rumeurs concernant un ou des contrôles anti-dopage “anormaux” ou “non négatifs” qui auraient eu lieu lors d’une manche des Enduro World Series. Ces rumeurs ont donné lieu à la publication d’un sujet par un membre du forum de nos confrères de VitalMTB.com et, sollicité par un des administrateurs du site, Chris Ball, responsable des EWS, s’est exprimé pour la première fois sur le sujet :

Capture d’écran du forum VitalMTB.com

Voici la traduction : “Nous sommes en effet au courant d’une enquête en cours au niveau de l’Agence Française Anti-Dopage (AFLD). D’ici à ce que cette enquête soit complète et à ce que nous soyons officiellement notifiés de son verdict, nous ne pouvons pas faire plus de commentaires. Nous respectons le processus formel en place et nous baserons nos futures actions sur l’issue de ce processus, pas sur des rumeurs ou des spéculations. Si les athlètes en question s’avèrent avoir violé les règles, les sanctions appropriées seront prises par les EWS, en complément des mesures prises par l’AFLD.”

Un peu plus tard, Chris Ball a également tenu à préciser que c’était à la demande des organisateurs que des contrôles avaient été menés par l’AFLD. Et qui dit AFLD, dit que les contrôles ont eu lieu et France, et donc lors de la manche EWS d’Olargues plus précisément, en mai 2018.

En soi, c’est d’ailleurs une excellente chose que des contrôles anti-dopage aient lieu en enduro, et le rapprochement en cours avec l’UCI devrait être de nature à les rendre plus systématiques. C’était d’ailleurs une demande de plusieurs top pilotes qui comprenaient mal qu’une discipline d’envergure mondiale et aussi en vue ne soit pas contrôlée de manière structurée et régulière.

Présomption d’innocence et respect de la procédure

Sur base des rumeurs entendues il y a plusieurs semaines, nous avions tenté immédiatement de recouper les informations et d’en apprendre un peu plus auprès de l’AFLD quand aux procédures, à la manière dont les enquêtes sont menées et aux verdicts rendus. Sans surprise, la porte-parole et un juriste nous ont répondu qu’aucune information ne peut être révélée à leur niveau sur une enquête en cours et, en l’absence d’informations recoupées et officielles, nous n’avons bien entendu rien publié sur le sujet, tout en restant attentifs à la sortie de nouveaux éléments, comme ici avec la première déclaration de Chris Ball sur le sujet.

Lorsque l’enquête sera bouclée, le cas sera examiné par le collège l’AFLD et des possibilités de recours existent encore pour les athlètes concernés. L’UCI, ainsi que les organisateurs de la course et les athlètes concernés seront notifiés de la décision. Concernant les EWS, s’agissant d’une coupole privée qui regroupe différentes organisations, il n’est pas clair qu’elle doive être notifiée officiellement, mais dans les faits, on comprendrait mal que l’information ne lui soit pas transmise par l’UCI avec qui un rapprochement a eu lieu, ou par l’organisation de la course. En matière de sanctions, des poursuites judiciaires sont possibles, et le règlement des EWS prévoit jusqu’à une exclusion à vie des compétitions organisées sous son égide.

On ne doute pas que les responsables des EWS et de l’UCI feront preuve de la plus grande transparence lorsque des informations officielles seront disponibles. Il en va, tout simplement, de la crédibilité de la discipline et de son avenir.

A l’heure actuelle, rien n’indique qu’un ou plusieurs cas de dopage soient avérés, mais le fait qu’il y ait une enquête et que, plusieurs mois après l’épreuve, le doute ne soit pas encore levé, laisse penser que des échantillons présentent des analyses anormales. On peut regretter que les résultats des analyses et de l’enquête soient si longs à sortir (les délais vont parfois jusqu’à 1 an, nous dit-on), mais c’est aussi compréhensible dans un domaine aussi sensible. En attendant, le respect de la présomption d’innocence prévaut, et on ne doute pas que les responsables des EWS et de l’UCI feront preuve de la plus grande transparence lorsque des informations officielles seront disponibles. Il en va, tout simplement, de la crédibilité de la discipline et de son avenir.

Plus d’infos : https://www.afld.fr – http://www.enduroworldseries.com