Déborah Motsch - Ride hors du temps en Valais

4 août 2016 — Paul Humbert

Passionnée de vélo, Déborah Motsch parcourt insatiablement tous les sentiers qu’elle peut trouver. En France ou à l’autre bout du monde, ce n’est pas la distance ni les voyages qui vont la stopper, bien au contraire. En solitaire ou avec des amis, elle vit sa passion pour le vélo. Aujourd’hui, elle nous raconte son “Girl Ride” dans le Valais suisse et il ne vous reste plus qu’à embarquer à son guidon :  

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“La liste des endroits où je rêve de rider est longue (trop longue !). Le Valais était dans un coin de ma tête depuis un petit moment. Lorsque Myriam Saugy me propose un « girl ride » dans le Valais, je n’hésite pas une seule seconde !

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Myriam et Chloé sont deux passionnées de VTT, et proposent depuis cette année des Girl Camp dans le Valais à travers leur structure Saugy Performance, sous forme de « coaching » ou de « guiding ». Pour cette fois-ci ce sera l’option « guiding ».

Le rendez-vous est donné à Branson, un charmant petit village à deux pas de Martigny. Le timing du matin est assez serré, le bus nous attend à Sierre. Des routes vertigineuses se dérobent sous les roues du bus pendant une petite heure. Le chauffeur klaxonne à plusieurs reprises pour prévenir son arrivée dans les épingles tant les routes sont étroites. Le trajet est l’occasion parfaite pour faire la connaissance des cinq autres rideuses. Julie a déjà participé au premier Girl Camp du printemps dernier et est ravie de partager une nouvelle journée de ride. Quelques expressions comme « ça joue » ou « une chiée de… » me rappellent qu’on est bien en Suisse !

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Arrivée à Bandolin, c’est au tour du télésiège de nous transporter. Nos petites jambes nous mènent jusqu’au Pas de l’Illsee (2545m), le spot parfait pour pique-niquer les pieds dans la neige. Le panorama paraît irréel et le contraste de couleur est saisissant entre l’herbe verdoyante, l’eau turquoise des lacs et la neige.

Il ne nous faut pas plus de cinq minutes de descente pour arriver au lac. A peine le temps d’arriver, qu’Emilie lance le défi de sauter à l’eau. Je vous laisse imaginer la température. Les trois courageuses qui se sont baignées l’ont estimée à une quinzaine de degrés !

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Après ce petit bain rafraichissant, il va falloir faire travailler les biscotos et porter les vélos une vingtaine de minutes pour arriver au départ de la maxi descente. Et quelle belle récompense, on a l’impression d’être hors du temps ! Une nouvelle vue sur des lacs s’offre à nous, en plus de la vue panoramique sur la vallée du Rhône. A partir de là, une descente de 2000m de dénivelé négatif nous attend.

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C’est sur un sentier typé très alpin, rocailleux et technique que l’on s’élance. Il ne faut pas plus de quelques mètres pour entendre des « yihaaaaaaaaa » à tout va.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAUn premier stop bobo intervient, Mette s’est un peu tordu la cheville, mais rien de grave, Chloé, la physiothérapeute de l’équipe, lui pose un bandage et c’est reparti de plus belle.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAToutes les filles roulent vraiment bien, les Girl Camp portent leurs fruits dès l’été ! Avec Emilie Siegenthaler (pilote pro en DH) en chef de file, la motivation dans le groupe n’est que plus grande. Chacune progresse de partie en partie, la confiance se gagne petit à petit et la satisfaction est à son maximum. Une petite pause s’impose pour réparer une crevaison.

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En haut de la descente, Myriam nous a prévenus qu’il risque d’y avoir un fermier haut-valaisan pas très commode sur notre passage. Ça n’a pas manqué. Le sentier que nous empruntions n’est pas très bien balisé, et la délimitation entre le sentier officiel et le terrain du fermier n’est pas très bien marquée. Nous sommes toutes arrêtées en haut du terrain, et voilà qu’on entend le fameux fermier (sosie du grand père de Heidi) hurler de toutes ses tripes avec un bâton à la main. Anaïs, qui parle le dialecte local, descend pour tenter de calmer le fermier et négocier le passage. Je précise que le sentier que l’on veut rejoindre est à une vingtaine de mètres en dessous de nous. La femme du fermier s’en mêle et crie encore plus fort. Nous sommes contraintes de faire demi-tour, longer son terrain, passer devant sa porte et au milieu de ses vaches, pour se retrouver au bon endroit quarante minutes plus tard, alors que c’était juste à quelques mètres. Cette anecdote nous a occupées une bonne partie de l’après-midi !

OLYMPUS DIGITAL CAMERALa partie alpine se termine, on commence à plonger dans les sapins et la terre toute moelleuse. Une succession d’épingles très joueuses remporte la majorité des voix ! Les sourires sont sur tous les visages, et tant mieux car ce n’est pas fini. Les trajectoires sont multiples et c’est très agréable de s’amuser sur les petits sauts naturels. Les pistes deviennent plus fluides et rapides. C’est incroyable de faire une descente si longue dans un cadre pareil, excellent ! Tout le monde se félicite à grand coup de « high five ».

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On remet les jambes en route pour pédaler et arriver à un super chouette pont suspendu. Un sentier « up and down » longeant une rivière nous ramène jusqu’aux voitures. Après cette journée épique, on ne perd pas de temps pour retourner à Branson et découvrir ce petit village sur les hauteurs de la vallée.

Une petite marche du parking au gîte nous permet de visiter des ruelles aux décorations très originales. Les maisons sont petites et toute en pierre. C’est dans une atmosphère relaxante que nous dégustons la bière locale et que nous préparons le barbecue. Le debriefing de la journée et les expériences de chacune nous occupent pendant le temps du repas. Le sommeil ne se fait pas prier !

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Un petit dej’ copieux nous donne plein d’énergie pour commencer la seconde journée. Cette fois ci, on file sur l’autre versant direction Crans Montana. La montée en funiculaire nous met rapidement dans l’ambiance suisse. Au programme de la journée deux supers descentes, tantôt on se croirait en Colombie-Britannique, tantôt dans le sud de la France ! Dernière pause de la journée au-dessus de Sion ensoleillé.

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C’est toujours une superbe expérience de pouvoir partager sa passion avec d’autres rideuses dans de si jolis spots, et surtout d’être accueillie d’une telle façon, un grand merci à toutes et à très vite !”