Championnats du Monde 2021 | VTTAE : enfin le titre pour Gilloux !

Sport
27 août 2021 — Léo Kervran

Pour la troisième année, l’UCI organisait une épreuve de VTTAE aux championnats du Monde et décernait les titres qui y sont associés. Chez les femmes, c’est la jeune Suissesse Nicole Goeldi qui s’est imposée tandis que chez les hommes, c’est Jérôme Gilloux qui s’est montré le plus rapide sur le parcours de Val di Sole. Cependant, le format choisi depuis 3 ans par la fédération internationale ne fait, selon nous, pas honneur aux capacités de ces vélos. Explications :

Tout d’abord, une précision s’impose : l’article qui va suivre est particulièrement critique envers le formats de ces championnats du Monde de VTTAE mais il ne remet absolument pas en cause les performances de tous les athlètes au départ de ces épreuves. On salue au passage les excellentes performances des Français, qui ramènent trois médailles avec le doublé chez les hommes (Jérôme Gilloux et Hugo Pigeon) et l’argent chez les femmes (Laura Charles), et poursuivent la formidable campagne 2021 de l’équipe de France.

Nous vous détaillions notre pensée après l’épreuve de l’année dernière à Leogang (lire Championnat du monde VTTAE : on fait fausse route…) et elle n’a pas changé : le principe même de compétitions en e-bike n’est déjà pas forcément facile à accepter, mais le format choisi par l’UCI est ridicule.

Les championnats du Monde UCI de VTTAE, qu’est-ce que c’est ? Quelques dizaines de pilotes (21 chez les femmes, 40 chez les hommes) qui tournent en VTTAE pendant 50 minutes sur un circuit de XCO raccourci et légèrement modifié.

On veut bien admettre que cela fait appel à de bonnes notions de pilotages mais en dehors de cela, le format ne ressemble en rien à la pratique de la masse (qui fait des tours de 3 km en e-bike ?) et ne joue absolument pas avec les spécificités de ces vélos. Pas ou peu de gestion de la batterie, pas ou peu de montées qui seraient impossibles en VTT classique… Pour pousser le cliché au maximum, le VTTAE aux championnats du monde n’est rien d’autre, sous sa forme actuelle, qu’un XC avec handicaps (oui, au pluriel) : le poids d’une part et la limite à 25 km/h, qui freine les pilotes en relance ou sur le plat, d’autre part.

A nouveau, nous vous invitons à relire notre article de l’année dernière, plus poussé, où nous tentions de comprendre la pensée de l’UCI et où nous proposions des solutions. Cette situation est d’autant plus dommage et ridicule que des courses bien faites en e-bike existent avec différents types de formats et de durée, preuve qu’il est possible de rendre ces épreuves intéressantes. Là, on a simplement l’impression que l’UCI se contente d’ajouter une étiquette “e-bike” sur une course parce que c’est à la mode, sans avoir réellement réfléchi au sujet. Dommage…

On félicitera tout de même les deux nouveaux champions du Monde ainsi que tous les médaillés. Mention spéciale à Jérôme Gilloux, l’un des rares réels spécialistes des compétitions de VTTAE qui décroche enfin le titre derrière lequel il courait depuis 3 ans. Gilloux titré, c’est enfin l’assurance de voir ce beau maillot sur des épreuves, puisque les deux vainqueurs précédents ne l’ont pas sorti une seule fois. Soulignons aussi la performance de Christopher Blevins, qui remporte une troisième médaille en autant de jours de course (2e sur le relais, 1er sur le XCC et 3e ici) !

Classement complet femmes

Classement complet hommes