Marathon | Les Cimes de Waimes, en route vers les sommets

Sport
11 mai 2018 — Olivier Béart

Reprises au sein des Belgian Ardennes Marathon Series, les Cimes de Waimes comptent parmi les courses longues distances les plus réputées de Belgique. Avec un passage sur le point culminant du pays et un tracé surnommé par certains de “paradis des racines”, l’épreuve a attiré cette année plus de 2000 participants. Vojo y était :

Après plusieurs semaines de beau temps, pas de bol : il pleut sur les Fagnes en ce jeudi de l’Ascension, date traditionnelle des Cimes de Waimes. Ou plutôt, il a plu, car les gouttes s’arrêtent bien vite de tomber et même si le ciel reste menaçant, la course va se dérouler sans averses. Quant au sol, il est mouillé, mais rien de bien grave et il n’y a pas de bourbier annoncé. Ouf.

Sur le coup de 9h, la première vague s’élance. En tout, il y a plus de 2000 coureurs inscrits ! Principalement des Belges, mais aussi beaucoup de Français, Hollandais et Allemands. Visiblement, la réputation des marathons ardennais dépasse de plus en plus les frontières du petit pays et c’est tant mieux !

Pendant que les premiers sont lâchés, d’autres sont encore aux inscriptions. Il faut dire que le dernier départ est à passé 10h, donc il y a de la marge.

Pas besoin de choisir sa distance à l’avance, tous les départs des 50, 70 et 90km sont communs. Si le principe est sympa sur papier, il n’a pas vraiment fait l’unanimité sur le terrain. Certains habitués des marathons, pourtant pré-inscrits très tôt, se sont retrouvés loin au départ et d’autres reprochaient une course un peu faussée car il est impossible de savoir si on roule avec des personnes qui font la même distance que soi, et qui adoptent bien entendu des rythmes différents. Le sens du tracé de cette année était aussi plus sensible aux bouchons que celui de l’édition 2017, ce qui a aussi entraîné quelques râleries.

Gageons que l’organisation, encore jeune puisqu’il ne s’agit que de la deuxième année pour la nouvelle équipe qui a repris les Cimes, se montrera à l’écoute et reverra sa copie pour 2019.

Ces petits commentaires faits, place au spectacle ! Et du spectacle, il y en a eu sur le terrain, avec un tracé magnifique, enchaînant les difficultés. Votre serviteur a enfourché sa machine pour vous raconter cela de l’intérieur.

Le premier gros morceau de la journée, c’est le passage dans l’impressionnante carrière de Waimes.

Encore en activité, elle est ouverte exceptionnellement pour l’occasion et on emprunte une des montées particulièrement raides tracée pour que les engins puissent rejoindre le sommet.

On met le grand pignon, on serre les dents, on travaille pour garder l’adhérence et… ça passe !

En haut, le son du cor de chasse est là pour nous encourager. C’est une des autres forces des Cimes de Waimes : des animations sont prévues à plusieurs endroits du parcours et elles rajoutent à la magie du moment.

Les chemins sont humides et l’eau bien présente, avec plusieurs enfilades de passages à gués. Mais la température est clémente et les portions sèches restent nombreuses, de sorte que la moyenne reste très correcte.

Néanmoins, il faut rester attentif car les racines restent très piégeuses et les dalles de schiste glissent fort. Le niveau technique des participants étant très hétérogène, ça coince régulièrement en descente. Mais, pour notre part, nous n’avons jamais été arrêtés bien longtemps et le fair-play prévaut toujours, de sorte qu’on arrive à profiter et à se frayer un chemin. Sauf quand on tombe sur quelques irréductibles andouilles qui occupent irrémédiablement tout le sentier même quand ils sont à pied… mais soit, ne gaspillons pas de mots pour eux, c’est sans doute le même genre de gars qui ne sont pas capables d’atteindre leur poche arrière pour remettre leurs emballages de barres et gels d’où ils viennent. (Note utile : la sympathique bikeuse en photo ci-dessus n’est absolument pas visée, il s’agit de Marguerite De Neeve qui a terminé 3e Dame sur le 90km)

Après avoir serpenté dans la vallée, il est temps de rejoindre le bas de la piste de ski d’Ovifat. Sous la remontée mécanique mais à la seule force des mollets, on grimpe sur le toit de la Belgique.

Ici aussi l’ambiance est à son comble avec beaucoup de public et un orchestre qu’on entend de loin qui aident à supporter la difficulté. Un “prix de la montagne” spécial est d’ailleurs attribué pour l’ascension la plus rapide. Pour la petite histoire, il a été remporté par Lionel Vujasin en 2’33”, suivi à 3 secondes par Kevin van Hoovels !

Une fois l’arche passée au sommet…

… on peut déguster une merveilleuse spécialité locale : la tarte au riz ! Une sorte de dopant légal qui aide à repartir de plus belle et qui est servi avec le sourire par les bénévoles en charge des ravitaillements.

On s’enfonce un moment dans les forêts…

… pour aller rejoindre le château de Reinhardstein, qu’on contourne par de petits sentiers bien techniques.

Pas le temps de faire du tourisme, il reste encore des bornes !

Autre “highlight” du tracé : le passage au bord du lac de Robertville par un magnifique et très étroit singletrack, impénétrable pour notre photographe quand un flux constant de bikers défile en sens inverse !

Très technique par endroits, il a donné du fil à retordre à beaucoup avec les racines qui le jonchent dans tous les sens. Une grosse chute s’est d’ailleurs produite peu avant notre passage, nous espérons que le jeune biker qui en a été victime va bien. Il a en tout cas pu compter sur l’assistance de nombreux bikers qui se sont arrêtés directement et qui étaient bien présents pour le réconforter en attendant les secours lors de notre passage.

La bifurcation avec le 50km se faisait simplement en rejoignant directement l’arrivée au passage dans le centre de Waimes, alors que les 70 et 90km repartaient pour une boucle de l’autre côté du village.

Malheureusement, un important défléchage a été à déplorer. Alors que des vérifications avaient encore eu lieu le matin même, des imbéciles se sont permis de saboter le travail et l’investissement de plusieurs dizaines de bénévoles, ainsi qu’un événement aux énormes retombées touristiques pour la région (comme le rappelle très justement ce reportage de RTL sur les Cimes). Ne pas apprécier le VTT est une chose, commettre de tels actes en est une autre.

L’organisation a d’ailleurs prévu de déposer plainte, comme cela a été fait une semaine plus tôt à Remouchamps lors de la Trans Légende, également perturbée par de tels actes détestables. C’est une bonne chose et espérons que les auteurs prennent conscience des conséquences de leur geste ! En attendant, les bénévoles ont réagi rapidement et refléché en quelques minutes la majeure partie de la zone problématique (s’étendant sur moins d’un kilomètre), de sorte que la course n’a pas été trop perturbée.

A l’arrivée de la distance reine, Kevin van Hoovels s’impose avec quelques secondes d’avance sur Jef Smismans et deux minutes sur Martin Palm, après 4h de course tout juste.

Rendez-vous maintenant le lundi de Pentecôte pour l’Ardennes Trophy, 3e manche du BAMS qui se déroulera à La Reid, non loin de Liège !

Classements complets : www.chronorace.be