La « Fée Magique » à Val d’Isère : une piste pour apprendre à sortir du bike park

Par Paul Humbert -

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La « Fée Magique » à Val d’Isère : une piste pour apprendre à sortir du bike park

Le domaine VTT de Val d’Isère propose une offre « bike park » comme on en retrouve dans beaucoup de stations de montagne, avec des pistes accessibles à l’aide des rémontées mécaniques. Mais en complément, des tracés 100% conçus ou réhabilités pour la pratique du VTTAE viennent étoffer une offre de loisir qui s’étend au-delà des jours d’ouverture des remontées mécaniques. Découverte de la piste « Fée Magique » conçue en partenariat avec Bosch.

Il est rare qu’on nous convie dans les stations de montagne quand les remontées mécaniques sont fermées. À vrai dire, c’est plutôt l’inverse : « Vite, vite, venez avant que ça ferme. » À Val d’Isère, quand on retrouve Max Higel, en charge de l’équipe des Bike-Patrols via Bike Solutions, l’ambiance est tout autre. 

 

L’objectif ici n’est pas d’évoquer le bike park, en place et entretenu depuis 2009, mais de se concentrer, après un appel du pied du motoriste Bosch, sur la piste de montée baptisée « Fée Magique » construite en collaboration. 

« L’idée, c’est vraiment d’avoir de la polyvalence, de la découverte et laisser le choix. ». À Val d’Isère, l’idée n’est pas simplement d’ajouter une piste de plus au bike park. Avec la Fée Magique, Max Higel cherche à créer une passerelle entre la découverte du vélo tout-terrain et une pratique plus engagée. Cette réflexion commence avec le développement du vélo à assistance électrique à Val d’Isère. La station met d’abord en place plusieurs parcours e-bike, dont Valpesto, destiné aux débutants. L’objectif est alors de proposer une véritable piste verte, mais sur des chemins et du terrain naturel, et non sur du macadam. À l’autre extrémité, des parcours plus techniques permettent aux pratiquants expérimentés de continuer à progresser.

 

C’est dans cette logique qu’est née la Fée Magique, une montée e-bike de niveau bleu. Avec environ 12,25 km, elle permet de rejoindre le sommet de Bellevarde, au même endroit que le téléphérique de l’Olympique qui dessert le bike park. Mais son intérêt ne réside pas uniquement dans son tracé ou son dénivelé : elle est conçue comme une montée de découverte, pour permettre à un pratiquant déjà à l’aise sur un vélo électrique de franchir un nouveau cap. Le choix du niveau bleu est important. Pour Max Higel et Bike Solutions, une montée verte serait trop destinée à l’initiation, alors qu’une montée rouge serait trop exigeante. La Fée Magique occupe donc volontairement cet espace intermédiaire et c’est à cette démarche que Bosch s’est associée en « sponsorisant » cette trace vers les hauteurs. 

Pouvoir faire demi-tour

L’une des idées fortes du projet est la possibilité de ne jamais être prisonnier de son parcours.

La Fée Magique croise ou longe à plusieurs reprises d’autres pistes à profil descendant, notamment Popeye, une verte, et Flowy Jumper, une bleue. Cela crée différentes portes de sortie. Un pratiquant fatigué, à court de batterie, accompagné d’une personne moins à l’aise ou simplement surpris par une dégradation de la météo peut raccourcir son parcours sans se retrouver engagé dans une longue descente difficile.

Ainsi, on peut faire seulement une partie du tracé, redescendre par une piste verte, continuer vers le sommet ou même utiliser la remontée mécanique pour revenir si la descente est trop effrayante. 

Une autre manière de penser le bike park

La démarche de Val d’Isère est intéressante parce qu’elle remet en question l’image traditionnelle du bike park. Pour certains pratiquants, le terme évoque immédiatement les sauts, les pistes engagées et les remontées mécaniques. La Fée Magique propose une autre porte d’entrée : on peut venir simplement découvrir la montagne à vélo, monter tranquillement, s’arrêter quand on le souhaite et choisir une descente adaptée à son niveau. 

Et surtout, contrairement aux pistes dépendantes de l’ouverture des remontées mécaniques, la Fée Magique permet de prolonger la saison. À l’automne ou au printemps, même lorsque le haut de la montagne est encore enneigé ou que les remontées sont fermées, les parties basses peuvent rester accessibles. Bon, restons réalistes, à Val d’Isère, l’hiver prend ses quartiers assez vite, et pour longtemps. 

La Fée Magique en Scott Patron ST 

On aime l’idée d’ouvrir la pratique de la discipline à plus de monde, et sur le terrain le pari nous semble réussi. La piste s’élance depuis le quartier de la Daille à Val d’Isère et les premiers mètres sont assez raides. On s’interroge sur le niveau bleu, mais très vite, on retrouve une pente assez douce et progressive. 

Quelques jours avant notre venue, Val d’Isère organisait un challenge de fin de saison sur ce tracé, avec différentes activités, jeux ou une montée impossible qu’on a pu tenter ! 

On commence la trace entre les mélèzes. En mode Tour+ ou EMTB+, on grimpe sans souci, et surtout on contrôle notre puissance dans les virages. Ils sont la principale difficulté technique de la piste. Sur la Fée Magique, pas de marche ou de franchissements difficiles, il faut réussir à gérer un niveau de pente moyen, un sentier parfois étroit d’environ 50 cm et des virages progressifs qui nécessitent toutefois un peu d’engagement du corps. 

Pour cela, un petit doigt sur le frein arrière pour contrôler la poussée du vélo sera votre meilleur allié. 

Passée la portion en forêt, la vue sur le village, on arrive sur un grand plateau qu’on n’imaginait pas à cette altitude. Là-haut, on peut redescendre d’un mode d’assistance si on veut conserver de l’autonomie, et on voit les glaciers apparaître. 

Entourés de chevaux en semi-liberté, le mont Blanc en face de nous, on continue notre progression. Sur certaines portions du parcours, des panneaux didactiques vous encouragent à baisser votre selle avant des passages plus raides, et on suit son avancée sur la Fée Magique. 

On croise une première fois les pistes du bike park. Val d’Isère propose des tracés assez progressifs, et surtout très bien entretenus pour permettre à différents niveaux de pratiquants de s’épanouir. 

Plus haut, on longe un lac d’altitude et on s’éloigne du bike park pour se perdre dans la nature. On retrouve une seconde fois les tracés, en même temps que l’équipe des Bike Patrols qui préparent les pistes pour la saison à venir.

Remise en état de l’existant, création de nouvelles portions… l’hiver est le meilleur allié des shapers quand la neige vient consolider le travail fait à l’automne. 

Pendant les trois derniers kilomètres, plus aucun arbre ne ponctue le parcours. On a encore changé d’ambiance, on approche des sommets. La roche devient blanche, et on roule le long des dolines caractéristiques du massif. Dans la roche blanche, on termine les derniers mètres du parcours par une montée raide jusqu’au sommet des remontées mécaniques. 

Là-haut, on retrouve les itinéraires de descentes. On file sur la bleue, la « Flowy Jumper ». La montagne est calme et on adore ce moment de descente tranquille au coucher du soleil. 

Une montée, une descente, c’est peu me direz-vous. Et pourtant on a l’impression d’être déjà parti faire une belle balade. À Val d’Isère, la montagne est grande et les tracés s’étalent sur de longs kilomètres. Evidemment qu’on pourrait repartir pour une nouvelle boucle, mais en se mettant à la place de pratiquants moins avertis, on a tout ce qu’il faut pour découvrir la nature et s’amuser pendant une belle demi-journée. 

Et le Scott Patron ST ? C’est un VTTAE qui n’a pas le physique de ses capacités. Le vélo est très sécurisant, et tout particulièrement en montée avec de bonnes qualités en franchissement. En descente, il se révèle plus joueur qu’il n’en a l’air. L’avant du vélo est assez haut, et en le chargeant bien, on a un bon contrôle du vélo, on fait glisser assez facilement la roue arrière et on fait décoller le vélo sans trop d’effort. Et quand on a envie de revenir au calme, le Patron ST nous installe comme dans un fauteuil, c’est assez impressionnant. C’est sa fourche d’entrée de gamme sur ce modèle et le montage des roues qui le trahissent en premier, mais c’est un excellent VTTAE polyvalent. 

Sur ce tracé, Val d’Isère et Bosch visent juste avec un tracé progressif qui pourra être apprécié par différents types de pilotes. Plus largement, c’est une vision de la montagne qui va au-delà du tourisme estival. C’est un tracé qui pourra être particulièrement apprécié par les locaux, les riders de passage et les sportifs même sans VTTAE qui ont envie de pratiquer sans remontée mécanique. On espère voir ce genre d’initiatives se multiplier pour permettre d’aller voir plus loin, plus haut, sans se faire peur pour autant. 

Plus d’infos sur le site de Val d’Isère :  www.valdisere.com

Par Paul Humbert