Joberg2c : l'aventure 5 étoiles

Sport
18 juillet 2018 — Fred Gombert

L’Afrique du Sud est certainement le pays le plus dynamique au niveau des épreuves VTT Marathon. Il s’y déroule une trentaine de course par étapes dans l’année. Si la Cape Epic est en tête de liste des épreuves les plus réputées, les événements y sont globalement très professionnels. Notre rencontre avec les organisateurs de la Joberg2C sur la BC Bike Race l’an passé nous a donné envie de participer à l’épreuve Sud-Africaine, qui se veut plus populaire que certaines autres compétitions comme la Cape Epic justement. Pour beaucoup de participants, il s’agit davantage d’une aventure avec pour objectif de relier les environs de Johannesburg à l’océan Indien au sud de Durban. 910 kilomètres à parcourir en 9 jours, le menu est copieux mais plus abordable qu’il n’y paraît.

L’aspect compétition reste présent, avec la tenue officieuse du championnat du monde des Team Mixte. C’est d’ailleurs dans cette catégorie que nous serons classés, avec tout de même 51 équipes mixtes au départ. Ici les 2 équipes favorites pour l’emporter à l’issue des 9 jours de compétitions.

L’idéal est d’arriver quelques jours avant l’épreuve afin de récupérer des heures de vol mais aussi et surtout pour visiter les alentours de Johannesburg. Nous vous conseillons de planifier un Safari Big Five au cœur de la réserve Pilanesberg qui se situe à environ 2h de route de l’aéroport OR Tambo. Dépaysement garanti et un super bonus sur ce voyage en terres Sud-Africaines !

Pour une halte sur le trajet afin de tourner un peu les jambes, il y a de beaux sentiers construits à la main et très bien entretenus à la ferme Van Gaalen.

Le package d’inscription se retire à Johannesburg la veille de l’épreuve et inclut un mug pour le café, une chope pour la bière, T-shirt, veste, gros sac pour la course, dossards, ainsi qu’une batterie portative de chargement USB pour charger les appareils électroniques durant l’épreuve. Le lendemain matin, des navettes emmènent les participants sur le lieu départ qui se situe à 70 kilomètres au sud de la capitale pour des raisons de sécurité et de terrain de jeu. Le partenariat entre la Joberg2C et l’entreprise de location de voiture Avis nous permet de rendre notre véhicule directement sur le parking du départ de l’épreuve à Karan Beef. Une option hyper pratique et confortable.

C’est parti pour 9 jours de VTT dans les terres agricoles et à travers le massif du Drakensberg. La première étape longue de 110 kilomètres est neutralisée, ce qui permet de démarrer la semaine en douceur.

1ère étape : Karan Beef – Frankfort

Le début d’étape est caractérisé par un dual singletrack du nom de Karan Koppie. Le peloton se sépare alors en deux pendant une poignée de kilomètres sur deux sentiers différents, fraîchement construits à la main pour l’épreuve.

Ce sera une étape très roulante avec un faible relief avant d’atteindre le massif du Drakensberg au cours de la troisième journée. Nous empruntons de jolies pistes rapides en très bon état, des chemins de pâturages ainsi que quelques portions sablonneuses pas évidentes à manœuvrer. Pas beaucoup de pilotage certes, mais cela nous convient bien pour cette première étape de mise en route.

Un peu de fun à mi-parcours des 114 kilomètres au moment où nous embarquons dans des bateaux à moteur pour réaliser une traversée de lac.

Le dernier ravitaillement est bien garni et très agréable avec des chaîses longues, de la musique. L’ambiance est détendue puisqu’il n’y pas pas de chrono ce premier jour, tout le monde sera crédité du même temps à l’arrivée. On finit quand même cette première journée non chronométrée avec 24km/h de moyenne au compteur…

Des enfants se précipitent à l’arrivée de l’étape pour nous donner des bouteilles d’eau et pour nous laver le vélo. On ressent beaucoup d’enthousiasme, même pour débarrasser nos assiettes une fois à table. On apprendra plus tard que ce sont les communautés locales qui nous accueillent sur chaque camp.

On se rend vite compte du niveau de qualité de l’organisation, outre les options supplémentaires massages, physio et d’assistance mécanique. Les participants ont droit à deux bons repas par jour avec d’excellentes viandes et un choix pléthorique de desserts faits maison. Il y a aussi des alternatives sans gluten, végétarien, vegan, sans lactose pour les régimes spéciaux. Heureusement que nous n’y sommes pas allés dans l’objectif de maigrir car nous avons pris 2 kg chacun en dépit des nombreuses calories dépensées !

La grosse et agréable surprise de la journée provient de la tente où l’on découvre un matelas bien épais. C’est du très très haut niveau en terme d’organisation et de confort. Tout bon ! Les jours sont plutôt courts à cette période de l’année et avec des distances importantes à parcourir quotidiennement, le départ sera donné très souvent à 7h du matin pour que les moins rapides du peloton puissent arriver à un horaire raisonnable dans l’après-midi. Couchés à 21h pour un réveil à 5h du matin, il est pourtant assez facile de s’accommoder à ce rythme du fait de la fatigue ainsi que de la nuit qui tombe vers 18h.

2ème étape : Frankfort – Reitz

Les hostilités sont lancées sur la deuxième étape longue de 93 kilomètres et qui comporte 1000 mètres de D+.

Un peu plus ludique que la veille, le tracé navigue entre les fermes. Les différents pelotons défilent à vive allure ! Nous passons également par de nombreux pâturages et flaques qui ralentissent notre progression.

Grâce à une bonne gestion de notre effort et à un final plus escarpé, nous accélérons sur le final, c’est bon pour le moral ! Une descente en singletrack puis passage entre les loups avant de rallier le camp d’arrivée. Nous accrochons la 5ème position en mixte, difficile de faire mieux car ça roule très fort devant sur les portions roulantes.

3ème étape : Reitz – Sterkfontein Dam

En route vers le massif du Drakensberg !

Le peloton s’élance à vive allure, même sur cette étape reine de 122km. Plusieurs groupes se forment dès les premières difficultés. Un virage, dans les roues, dans la poussière, Sophie roule sur une pierre et manque de tomber. Pas loupé, nous sommes contraints à réparer le pneu un peu plus loin. Juste un shot de cartouche de CO2 et c’est reparti ! Un groupe nous a passé, nous le reprenons rapidement et tentons de regagner notre groupe d’origine, en vain.

Peu importe, la journée est très longue et il ne faut pas s’épuiser. Partis sous le soleil et températures fraîches, c’est le brouillard qui nous accompagnera une grande partie de la journée. Nous restons groupés pour unir nos forces.

Mais c’est finalement avec une belle vue dégagée que nous grimpons le Mont Paul. Ce sera le point fort de la journée avec une très jolie montée suivie d’une descente tout en singletrack, le tout avec point de vue sur le barrage et les montagnes.

4ème étape : Sterkfontein Dam – Emseni

Nous quittons notre camp, ou plutôt village étant donné la qualité de service, pour effectuer 7 km neutralisés afin de nous rendre au départ réél. C’est alors qu’un Impala traverse la route à toute vitesse quelques mètres devant nous. Un joli moment qui interpelle tout de même notre vigilance…

L’étape démarre par un enchaînement de montées/descentes de très grande qualité qui nous emmène sur un plateau rocailleux nommé Great Wall of China. La vue sur la vallée en contrebas est splendide. Paysage, ludique, technique, soleil, tout y est !

Au guidon, notre ami français adepte des voyages et belles courses par étapes sur cette magnifique portion.

Il a fallu quand même sacrément pédaler malgré la beauté de l’étape. Il faut récupérer au mieux pour les 122km du lendemain.

5ème étape : Emseni – Clifton

Réveil matinal pour un départ donné à 6h30. La course est neutralisée durant 24km à cause du niveau d’eau trop important suite aux intempéries des semaines qui ont précédé l’épreuve.

Nous passons à travers d’énormes exploitations fermières à travers des sentiers, des pâturages et des pistes ainsi que des ponts flottants en bois.

Ca grimpe bien sur la seconde partie de la journée, ce qui nous convient très bien. Les sensations sont très bonnes malgré les kilomètres déjà parcourus. 3 techniques sont utilisées par les Teams Mixtes qui cherchent à bien figurer au classement : l’aspiration dans la roue du gars, la poussette dans le dos et l’accroche à une poche du maillot.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’on se rend aux repas, les viandes Sud-Africaines sont exceptionnelles.

6ème étape : Clifton – Glencairn

Une montée raide de 2 km à 22% de pente moyenne nous attend après une vingtaine de kilomètres. Le départ s’effectue sur une route vallonnée, nous arrivons à rester dans le groupe de tête. Un coup d’œil sur le compteur : 30,6 km/h de moyenne après 20 km… Le plateau de 36 tire un peu mais la bosse passe néanmoins sur le vélo.

Au sommet, nous évoluons sur un plateau en traversant la ferme Ivanhoe, l’une des plus importantes de la région. La descente nommée Harrison’s pass est magnifique avec de nombreuses épingles à négocier.

Après une remontée sur piste nous enchaînerons sur une descente caillouteuse. C’est la plus technique depuis le début de la Joberg. Plus loin, une corde est tendue pour nous aider à traverser une rivière profonde d’environ un mètre d’eau. Pour la première fois, nous sommes sur le podium mixte après la mi-parcours.

C’est alors que longue remontée à faible pente nous attend : piste puis route puis chemin forestier. Le rythme est bon mais on y laisse de l’énergie. La descente est super sympa mais une chute viendra casser le GPS. Très belle bataille avec l’équipe Garmin justement qui nous déposera sur le final plus roulant de cette très jolie étape. Nous rejoignons une fois de plus un Race Village de haute qualité, planté dans un décor pur et apaisant.

7ème étape : Glencairn – McKenzie Club

Départ 8h ! Une fois n’est pas coutume, la mise en jambe débute sur pistes avant d’attaquer de superbes singletracks ludiques et très rapides en sous-bois.

C’est l’heure de passer sur le pont flottant ! Gauche ou droite ? On se sépare : un à gauche, une à droite. Perdu pour moi…

Une très belle étape qui se termine par sentier avec davantage de pente en sous-bois qui laissait prendre beaucoup de vitesse. Finish sur piste pour rejoindre le camp avec le sourire.

8ème étape : McKenzie Club – Jolivet

Après une nuit chaude du fait d’un ciel couvert, la huitième et dernière étape chronométrée se profile.

Le départ s’effectue par vagues selon le classement général car nous arrivons très rapidement sur un long singletrack à flanc de montagne.

Le profil vallonné au début avec des remontées casse-pattes laisse place ensuite à une descente flow, ludique.

Après une portion roulante, nous évoluons dans la vallée sur des sentiers techniques, des traversées de rivières. Une montée raide et caillouteuse nommée Iconic nous permet de prendre un peu d’avance sur nos rivaux.

Le final est très rapide, ça roule vite malgré la fatigue. On reste sur les petits pignons de la cassette mais on se fait quand même rattraper et déposer. L’arrivée à Jolivet est synonyme de fin en ce qui concerne le chrono.

9ème étape : Jolivet – Scottburgh

La dernière étape nous permet de rallier l’océan en mode randonnée. Les jambes sont lourdes mais la satisfaction de boucler l’épreuve ou plutôt l’aventure est bien plus grande. Aventure car outre la compétition bien présente, c’est tout d’abord une itinérance avec pour but bien défini d’atteindre l’océan. Y parvenir n’est pas de tout repos mais clairement à la portée d’un grand nombre de pratiquants réguliers. Le kilométrage impressionne mais il ne faut pas le comparer à ce que l’on connaît chez nous. Bien qu’il y ait quelques portions bien techniques, le parcours est globalement roulant. Pour autant, le niveau de qualité époustouflant de l’organisation, la logistique, l’ambiance détendue ainsi que les paysages traversés en font clairement une épreuve 5 étoiles qui mérite d’être réalisée au moins une fois par tout adepte de VTT Marathon et d’aventures.

Les inscriptions pour l’édition 2019 sont d’ores et déjà ouvertes : https://joberg2c.co.za. N’hésitez pas à contacter le Team Chiru Magura pour toute question sur l’épreuve.