Interview | Amaury Pierron : « Participer à cette première Coupe du monde à Whistler, ça me touche »

Par Adrien Protano -

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Interview | Amaury Pierron : « Participer à cette première Coupe du monde à Whistler, ça me touche »

À Whistler, Amaury Pierron s’apprête à prendre le départ d’une manche de Coupe du monde particulière, la première de l’histoire dans cette Mecque du VTT. On a eu l’occasion de discuter quelques minutes avec lui en amont de la course. Le Français nous parle de cette piste qu’il a hâte de découvrir, de son lien avec Stevie Smith et d’une saison frustrante, marquée par les chutes. Interview :

Hello Amaury, tu vas bien ? 

Je vais bien ! Content d’être ici au Canada. C’est un lieu particulier !

Whistler accueille sa première manche de Coupe du monde. Ça représente quelque chose de particulier pour toi ?

Oui, bien sûr. Pour les Canadiens, j’imagine que c’est énorme. Et moi, je suis très content d’en faire partie. Rouler ici me fait aussi penser à Stevie Smith. J’ai partagé un podium avec lui à Lourdes en 2016 : c’était mon premier podium en Coupe du monde, et son dernier.

Stevie était une légende, mais aussi un mec vraiment bien. C’est tragique qu’il nous ait quittés. Dix ans ont passé, c’est fou comme ça va vite. Alors oui, participer à cette première Coupe du monde à Whistler, ça me touche.

Qu’est-ce qui te donne envie sur la piste de Whistler ?

J’ai vraiment hâte d’y rouler. De ce que j’en ai vu, il y a de la pente, des rochers, des racines, du terrain glissant… Ça a l’air d’être un bon mélange. Je suis content d’être ici pour cette course.

La saison n’a pas été toujours facile cette année, quel regard tu jettes là-dessus ?

C’est ma deuxième année compliquée. Le plus frustrant, c’est que je sens que je vais vite. J’arrive à faire ce que je veux sur le vélo, puis je me mets des boîtes que je n’explique pas vraiment. Je crois que je ne suis jamais autant tombé que ces deux dernières années.

Au début de la saison, la vitesse était vraiment bonne. Mais à force, ces chutes m’ont fatigué. Après les Mondiaux, j’avais besoin de souffler et de faire un vrai reset. Là, j’arrive plus frais pour les deux dernières courses.

C’est difficile à gérer mentalement quand tu sais que la vitesse est là ?

Oui, vraiment. Je n’ai malheureusement pas d’explication claire à tout ce qui s’est passé. Il y a des chutes que je peux comprendre : en Andorre, par exemple, je perds la main du guidon. Mais pour d’autres, ce sont de petites erreurs qui coûtent très cher.

Venir ici un peu en avance m’a fait du bien. On a roulé, on est sortis du cadre habituel de la course. C’est aussi comme ça que j’aime fonctionner. J’espère que ça portera ses fruits.

Tu es encore bien placé au classement général. Tu y penses avant ces deux dernières manches ?

Honnêtement, je ne regarde pas trop le général. Si je veux y faire quelque chose, il faut d’abord que je sois devant en course. C’est ce que je vais essayer de faire, et on verra ensuite.

C’est justement ça qui est frustrant : malgré les chutes, je suis encore placé. Mais ce n’est pas là où je veux être, ni ce dont je me sens capable. Pour l’instant, j’ai surtout envie de bien rouler, de profiter de ces deux courses et de voir où ça me mène.

Malgré cette saison difficile, qu’est-ce que tu aimerais en retenir ?

Peut-être le fait d’avoir réussi à garder une forme de paix intérieure. Ce n’est pas simple quand tu travailles autant pour gagner et que les résultats ne viennent pas comme tu le voudrais. Plus jeune, je n’aurais jamais imaginé vivre la carrière que j’ai eue. J’ai fait de belles choses, et j’arrive aussi à prendre du recul pour m’en rendre compte. À l’intérieur, c’est dur. Mais je suis content de ne pas avoir laissé ces difficultés prendre toute la place.

Si t’as souhait pour l’année prochaine, ce serait quoi ? 

Je le garde pour moi (clin d’œil).

Rendez-vous ce samedi 26 septembre à 21h30 pour les premières qualifications à Whistler, puis dimanche à partir de 22h pour les finales ! Des horaires français qui correspondent respectivement à 12h30 et 13h sur place.

Par Adrien Protano