Inside | La finale de la Coupe du Monde XC au cœur du BMC Racing Team

Sport
5 septembre 2017 — Olivier Béart

Samedi, atelier mécanique avec Benoît et Fred

La journée du samedi est souvent assez calme. Les coureurs se préservent pour la plupart en prévision de la course du lendemain, et les choix techniques sont en général déjà validés à ce stade (sauf gros changement météo ou imprévu). Nous en profitons donc pour passer un peu plus de temps avec les mécaniciens et pour nous intéresser aux vélos des champions.

D’un côté, il y a Benoît di Natale, le chef mécano dont nous avons déjà fait connaissance (à gauche), et de l’autre, il y a Fred Gerber, qui a abandonné son magasin de vélos en Suisse il y a quelques années pour rejoindre l’équipe BMC sur l’ensemble de la saison de Coupe du Monde.

Chacun s’occupe de l’ensemble des vélos, il n’y a pas de mécano dédié à l’un ou à l’autre. Nous ne sommes que deux, si l’un d’entre nous a un souci ou est malade, il faut que l’autre puisse prendre directement le relais et pour cela, il faut que chacun sache tout faire.”

Fred a simplement une compétence particulière : le montage des roues. Comme Shimano, sponsor de l’équipe, laisse le choix des jantes aux coureurs et demande seulement qu’ils utilisent les moyeux de la marque, cette compétence a une grand importance. Fred a d’ailleurs son banc de montage custom qui n’est jamais bien loin et qui trône dans un coin du stand au cas où. “C’est une réplique d’un banc qui se trouvait dans un magasin où j’ai travaillé et que j’adorais… mais je n’ai jamais retrouvé ce modèle. Alors je me le suis fait fabriquer sur mesure.” 

Les vélos arrivent déjà préparés aux petits oignons sur les courses, mais il reste pas mal de travail pour peaufiner toute une série de détails. “Nous avons déjà un setting de base, dégrossi, quand on arrive le jeudi, mais il reste pas mal de petites choses à ajuster selon le feedback des pilotes après les premiers tours de circuit le jeudi et le vendredi. Le samedi, le but est vraiment de tout repasser en revue et de faire des services un peu plus poussés afin que tout soit parfait pour le dimanche.”

En effet, les vélos paraissent comme neufs à peine une heure après le retour des pilotes de leur entraînement. Mais ce n’est pas encore suffisant et quand nous approchons de Fred, il nous explique : “Je vais démonter le pédalier et la fourche pour contrôler les roulements. Je vais aussi vérifier les roues. Mais depuis que nous sommes passés sur des jantes carbone, je dois dire que cela va beaucoup mieux. Avant, avec les alu super légères, on avait souvent du voile ou des pocs mais ici ça ne bouge pas.”

En nous retournant, on jette un œil dans la mallette de Fred, qui la referme aussitôt avec un petit sourire malicieux au coin de la bouche. “Ah, désolé, je ne peux pas te montrer ça, j’ai pas mal d’outils prototypes qui m’ont été confiés par une marque pour que je les teste. Tu vois, il n’y a pas que les pilotes qui ont droit à cela. Mais la contrepartie de ce genre de privilège c’est qu’on soit discrets.”

Les journées sont longues : elles commencent à 9h et se terminent rarement avant 19h. Il faut aussi s’occuper de monter le stand dès le mercredi et en journée, quand les pilotes roulent, les mécanos embarquent leur trousse à outil ainsi que des roues de réserve pour aller sur le bord du circuit afin de dépanner les pilotes en cas de souci et leur éviter de perdre du temps. “L’ambiance est bonne entre mécanos dans les zones techniques. En cas de besoin on se dépanne. Bien sûr, le vtt reste un sport mécanique et chacun est responsable de la préparation de sa machine, mais une course ne doit pas se gagner en laissant un autre dans la m… alors qu’on a l’outil qu’il lui faut à portée de main”, explique Benoît.

Enfin, on ne peut pas s’empêcher de demander si les pilotes ont des demandes particulières, des points auxquels ils sont spécialement attentifs. “En fait, pas vraiment. Il y a bien eu la tige de selle télescopique que Julien a été un des premiers à tester mais sinon, c’est surtout au niveau des petits réglages fins du poste de pilotage qu’on doit bien connaître nos gars. Distances des leviers par rapport aux grips, inclinaison, sens des commandes des dérailleurs Di2,… Là oui, ils ont leurs petites habitudes et en général on donne le dernier coup de clé avec eux juste avant de partir rouler pour être sûr que c’est parfait.”

Massage et détente pour tous

Pendant que leurs vélos sont soignés aux petits oignons, les coureurs ne sont pas non plus négligés et ils ont droit au très important massage dispensé par les mains expertes d’Anne-Valérie Thalmann. Cela se passe à l’hôtel, dans la grande chambre/appartement occupée par le staff. Julien Absalon vient de s’installer au moment de notre arrivée. Il a encore son smartphone entre les mains, mais il va bientôt le lâcher pour se relâcher corps et âme et profiter ainsi pleinement de ce moment privilégié. Clic-clac : les déclenchements de notre appareil photo s’ajoutent à la douce mélodie de la musique relaxante qu’Anne-Valérie a pris le soin de mettre dans la pièce. C’est dans la boîte, nous ne les dérangeons pas plus longtemps !

Enfin, la journée du samedi se conclut traditionnellement par… une raclette ou une fondue ! Bien entendu, les pilotes ne sont pas de la partie, ce serait un peu trop copieux et pas vraiment indiqué une veille de course. Mais c’est le petit plaisir du staff, qui en profite aussi pour recevoir quelques invités et proches du team. Ici, c’est même eux qui sont venus directement de Suisse avec la roue de fromage. Et, aux fourneaux, c’est cette fois le boss lui-même qu’on retrouve pour servir les assiettes… ainsi que la petite absinthe artisanale en guise de touche finale !

Maintenant que tout est prêt et que les estomacs sont bien remplis, place à la course !

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