Flashback | Specialized S-Works Overend Replica : tel père, tel fils

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25 avril 2017 — Olivier Béart

Lors de la Sea Otter Classic, Specialized et Ned Overend avaient sorti de leur réserve un véritable morceau de l’histoire du VTT : le Specialized S-Works M2… accompagné d’une petite surprise, son digne héritier l’Epic HT S-Works dans une livrée Replica assez irrésistible. Attention aux yeux !

1991 – 2017 : plus de 25 ans séparent ces deux montures que vous avez sous les yeux ! Le premier, le Specialized S-Works M2, a été l’arme de Ned Overend, le premier champion du Monde de l’histoire du VTT, pour la saison 1991. Derrièrelui trône son digne héritier, le dernier Specialized Epic HT S-Works qu’on peut admirer ici dans une livrée tout à fait spéciale qui rend hommage à son glorieux ainé. Ne vous ruez pas chez votre revendeur Specialized : cet Epic HT est pour l’instant un exemplaire unique et aucune production n’est prévue (enfin, on a bien dit “pour l’instant”). Cela n’empêche pas de se faire plaisir et de se rincer les yeux en admirant ces deux petites merveilles de plus près. Honneur aux anciens, commençons par le M2 :

Le premier point qui attire notre attention, ce sont les immenses leviers de freins et les changements de vitesses. Ralentir avec des étriers de type cantilever nécessitait de la poigne et il fallait donc pouvoir mettre deux, trois voire même quatre doigts sur les leviers pour décélérer avec un minimum d’efficacité. On trouve même un revêtement en caoutchouc sur ces leviers Suntour. La commande de dérailleur imposait aussi, si pas de lâcher le cintre, au moins de modifier profondément ses appuis. Un autre temps.

Le poste de pilotage est à l’avenant et ne privilégie pas non plus la facilité de pilotage eu égard à ce qu’on rencontre actuellement comme largeurs de cintres. 750mm ? 600 ? Non, même pas : 500mm !

A l’époque, Suntour était l’égal de Shimano et Campagnolo, voire même peut-être un peu au-dessus. Leurs Cantilever étaient réputés plus puissants que ceux de la concurrence.

A l’arrière, on retrouve même une sorte de “booster”, à l’efficacité pas vraiment démontrée. Puis, Shimano a répliqué en inventant les V-Brakes et tout a changé…

Le cadre est en aluminium M2, ce qui représentait le fin du fin des alliages disponibles à l’époque. Il était évidemment bien plus léger qu’un châssis en acier, encore très répandus dans les années 90. Les aluminiums M4 et M5 ne sont apparus que bien plus tard chez Specialized. Aujourd’hui, on ne parle plus que de carbone et l’Epic HT le moins cher (1999€) est aujourd’hui en alu M5 !

Développé avec Duralcan, il s’est montré solide et Ned Overend souligne qu’il n’a jamais cassé de cadre. Complet, le vélo pèse un peu plus de 11,5kg.

Autre signe qui ne trompe pas quand on regarde un “ancien” vélo : ce drapeau et l’indication “Made in USA”. A l’exception de quelques vélos de niche, c’est désormais d’Asie que proviennent quasi toutes nos machines.

Suntour était aussi au top en matière de transmission, avec notamment ce dérailleur XC LTD qui était déjà équipé d’un parallélogramme en composite. Il y a 7 vitesses à l’arrière avec une cassette 12-28

A l’avant, le pédalier 3 plateaux offre des développements de 42/34/20 dents. Cela peut sembler normal, voire même grand eu égard aux standards actuels, mais en réalité il s’agissait de plateaux très compacts pour l’époque. Le 48-38-28 était bien plus courant ! Mais l’idée de Suntour en réduisant la taille était d’améliorer la garde au sol et aussi de permettre l’usage de plus petites cassettes à l’arrière, donc plus légères.

Et, oh, regardez ces pédales à cage Suntour XC Pro dont on avait presque oublié l’existence. A ce moment, les pédales automatiques étaient seulement en train de se généraliser.

La course au poids a toujours été une préoccupation en XC et déjà à l’époque, Specialized aimait faire les choses autrement en matière de suspensions. Pas question encore de blocage automatique Brain bien entendu, mais d’élastomères et tout de même d’une cartouche à air pour cette fourche Future Shock développée par Specialized et qui était connue pour être l’une des plus légères du plateau avec à peine plus de 1400g. Ne cherchez pas les réglages ou le blocage sur cette fourche de 50mm, il n’y en a pas. Il n’en reste plus non plus beaucoup d’exemplaires en circulation car ces deux vis que vous avez sous les yeux avaient tendance à se desserrer, ce qui a incité Specialized à les rappeler.

Le profil a changé mais le nom existe toujours : il s’agit du premier Specialized Ground Control ! Section ? 1.95 ! L’élargissement des jantes était déjà une tendance à l’époque, et ces cercles provenant de chez le Japonais Araya étaient une référence.

Il est temps maintenant de s’intéresser au “petit jeune” en arrière-plan !

Ned Overend a beau être encore très fringant malgré ses 62 printemps, on veut parler du vélo ! Pour la Sea Otter Classic, Specialized a commis cette version Replica du vélo de leur champion en le dotant d’un cadre aux mêmes couleurs, mais également doté d’une fourche RockShox Sid World Cup dorée…

Et des nouvelles roues Roval Control SL recouvertes d’un revêtement argente bien qu’elles soient en carbone !

Le groupe Sram XX1 Eagle, les freins à disque, les pneus larges (Fast Track 2.3) et le large poste de pilotage en carbone trahissent sa modernité.

Mais le fameux “S”, lui, n’a pas changé…

Cet article a été réalisé avec la collaboration de nos amis de MTBCult.it avec qui nous avons collaboré pour la couverture de la Sea Otter 2017.
Envie de (re)découvrir notre test du Specialized Epic HT Pro ? C’est par ici : www.vojomag.com/test-specialized-epic-ht-pro-lexcellence-discrete et pour poursuivre votre voyage dans le temps, rendez-vous dans notre rubrique flashback : www.vojomag.com/?s=flashback