EWS #1 | Rotorua :
la leçon de Maître Maes !

Sport
24 mars 2019 — Christophe Bortels

Cette nuit avait lieu à l’autre bout de la planète la première manche des Enduro World Series 2019. Disputée en une seule journée sur 5 spéciales, l’épreuve de Rotorua (Nouvelle-Zélande) a sacré un Martin Maes impérial chez les Hommes et une Isabeau Courdurier tenace chez les Dames. Voici les résultats complets !

Que ce soit en enduro, en descente ou en cross-country, les mêmes questions reviennent inévitablement avant la première manche d’une nouvelle saison, a fortiori après une pause de 6 mois comme c’est le cas ici en EWS : les riders en forme la saison dernière le seront-ils encore cette année ? Les outsiders vont-ils confirmer ? Et qui seront les pilotes “surprises”, ceux qu’on n’attendait pas vraiment aux avant-postes ?

A la première question, on a en tout cas désormais une réponse claire, nette et précise en ce qui concerne Martin Maes, qui sortait d’une saison 2018 exceptionnelle avec notamment une victoire en Enduro World Series à Whistler suivie d’un succès en coupe du monde de descente à La Bresse et d’une médaille d’argent à Lenzerheide dans la même discipline. Cette nuit en Nouvelle-Zélande, le jeune Belge de 22 ans n’a pas fait les choses à moitié en remportant toutes les spéciales de l’épreuve, ce que seul Richie Rude était parvenu à faire jusqu’ici chez les Hommes en EWS. Il a doucement construit sa victoire en grappillant un peu de temps sur chacun des chronos – avec notamment 8 secondes d’écart sur la Queen Stage (SP4) et ses précieux points bonus ! – pour finalement terminer avec un peu plus de 24 secondes d’avance sur le 2e. Une véritable leçon de Maître Maes…

A noter aussi qu’il s’agit d’une première sur le plan technique, puisqu’il s’impose au guidon d’un tout nouveau GT prototype avec des roues différenciées, 29″ devant et 27,5 derrière. Une solution et un vélo que nous vous avons présentés ici : www.vojomag.com/tendance-mix-de-roues-275-29-lavenir-maes-ouvre-la-voie-en-enduro

Cette grosse perf’ ne doit pas pour autant en occulter une autre, celle du kiwi Keegan Wright. Le co-équipier de Damien Oton (blessé) n’était “que” 13e après la première spéciale, mais il a ensuite fait preuve d’une impressionnante régularité en signant le deuxième temps sur les trois spéciales suivantes, ce qui lui permet finalement de monter sur la 2e marche du podium.

Lui aussi bien régulier au fil des spéciales, Florian Nicolai complète le podium, à 41 secondes de Maes et 17 secondes de Wright. A la 4e place, on retrouve Jesse Melamed, devant la surprise de ce classement, le Néo-zélandais Cole Lucas, 5e, dont on avoue ne jamais avoir entendu parler jusqu’ici !

Le podium : Keegan Wright, Martin Maes et Florian Nicolai.

Derrière Kevin Miquel (photo) et Remi Gauvin, respectivement 6e et 7e, on retrouve le vainqueur de l’édition 2017, Wyn Masters, qui termine donc 8e. Le top 10 est complété par Dimitri Tordo et Robin Wallner.

Et Sam Hill dans tout ça ?! Le champion du monde sortant n’avait pas trop mal entamé la course avec une 4e place dans la SP1, mais il n’a plus vraiment été au contact par la suite, ne retrouvant le top 10 en spéciale que lors de l’ultime chrono (8e). Il termine à une décevante 13e place, juste derrière Jose Borges (11e) et Sam Blenkinsop (12e). Sur les réseaux sociaux, Hill explique avoir été un peu malade lors de cette journée, ce qui l’a empêché de rouler à son plein potentiel.

Au rayon des contre-performances, on notera aussi celle de Greg Callaghan, 16e, de Mark Scott, 18e, et surtout de Youn Deniaud (photo) dont on attendait beaucoup après sa belle saison 2018 mais qui ne prend que la 40e place.

Toujours pas à 100% après être retombé tout récemment sur son coude sérieusement abîmé l’an dernier, Adrien Dailly termine 57e.

Chez les Dames, la course a été passionnante de bout en bout : Isabeau Courdurier a comme attendu pris les commandes dès la première spéciale, augmentant encore son avance sur la 2e, mais une 7e place sur la SP3 lui a fait perdre pas mal de temps. Sa compatriote Morgane Charre, jusque là très régulière (2e sur la SP1 et 4e sur la SP4), gagne la spéciale et en profite alors pour tout simplement prendre la tête de la course… Mais tout bascule à nouveau suite à un scénario inverse sur la SP4 avec une 6e place de Charre et un scratch pour Courdurier, qui reprend les commandes du général. Isabeau ne les lâchera plus, elle remporte la 5e et dernière spéciale ainsi que la course, devant Morgane Charre, 2e à 11 secondes, qui signe le meilleur résultat de sa carrière en EWS.

Impressionnante de régularité, Bex Baraona (photo) monte sur la 3e marche du podium (à seulement 16 centièmes de Charre !) alors que Noga Korem et Becky Cook complètent le top 5. C’est plus décevant pour Katy Winton, 8e, ou encore Ines Thoma, 13e, mais aussi pour les soeurs Gehrig, Anita terminant 7e et Caro seulement 14e. Miranda Miller rentre quant à elle tout juste dans le top 10 pour ses débuts en tant qu’enduriste à temps plein.

Le podium Dames : Morgane Charre, Isabeau Courdurier et Bex Baraona.

Karim Amour poursuit lui sa domination sur la catégorie Masters (+ de 40 ans). Auteur du scratch sur 3 des 5 spéciales, il remporte la course avec plus de 25 secondes d’avance sur l’un de ses habituels rivaux, l’Américain Michal Broderick. C’est l’Argentin Javier Santiago qui complète le podium. Du côté des Dames Master (+ de 35 ans), la Suédoise Louise Paulin n’a laissé que des miettes à la concurrence et gagne logiquement après avoir remporté toutes les spéciales ! Les Néo-zélandaises Renée Wilson et Mélanie Blomfield terminent respectivement 2e et 3e.

En U21 enfin, le Néo-zélandais Brady Stone s’impose chez les Hommes devant le Français Antoine Vidal du team Commencal Vallnord et le Britannique Max Hartenstern, tandis que l’Australienne Fenella Harris fait de même chez les Dames U21 face à Zoe Nathan et Isabella Flint, ses deux seules concurrentes.

La semaine prochaine, ce sera au tour de Derby, en Tasmanie, d’accueillir le gratin mondial de l’enduro pour la 2e manche des EWS, avant Madère début mai et les premières manches sur le continent européen à Canazei (Italie) fin juin et Les Orres (France) début juillet.

Résultats complets EWS Rotorua :

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