Roues carbone XC 29 : 5 tests pour mesurer l'évolution

Dossier Tech
14 septembre 2017 — Olivier Béart

DT Swiss XMC 1200 (2017) : l’étalon

Nino Schurter a mis un gros coup de projecteur sur ces roues DT Swiss XMC 1200 la saison dernière, puisqu’il s’agit des cercles qui lui ont fait abandonner ses éternels boyaux… et avec lesquels il a conquis son titre olympique. Plutôt que les XRC 1200, il s’est tourné vers ce modèle un peu plus lourd pour une bonne et simple raison : la largeur des jantes, qui est ici de 24mm, contre 22,5 sur les XRC.

Depuis, la gamme DT Swiss carbone a évolué, et les XRC sont passées en 25mm de large avec une hauteur moins importante que sur les XMC (25mm contre 30mm) pour augmenter la souplesse verticale et les XMC sont passées en 30mm de large. Les XRC 25 sont désormais le choix de Nino Schurter et certains comme Florian Vogel utilisent les XMC 30 aussi en XC. 30mm, cela nous semble beaucoup pour cet usage mais nous attendons de tester pour nous prononcer.

En attendant, comme nous avons accumulé beaucoup de kilomètres avec les DT Swiss XMC 1200 (et notamment le Cape Epic ainsi qu’un paquet d’autres épreuves), ce qui nous permet d’avoir un bon recul au niveau de la fiabilité ; comme il reste possible de trouver les “anciennes” XMC 1200 assez facilement (et à des tarifs intéressants) dans plusieurs boutiques ; et enfin étant donné que ces roues ont été très présentes en monte d’origine sur de nombreux vélos haut de gamme, nous avons tout de même choisi de les inclure dans ce dossier.

Les DT Swiss XMC 1200 ont 28 rayons droits croisés par 3, placés sur des moyeux DT 240s SP particulièrement bien usinés et dont le design se démarque du reste de la production. Par contre, on peut regretter qu’ils soient uniquement en Centerlock, ce qui impose l’ajout d’adaptateurs assez lourds (30g pièce) pour repasser en 6 trous. La finition des jantes est aussi superbe avec une déco qui, comme chez 9th Wave, est placée sous le vernis pour éviter les aspérités et améliorer la durabilité. Comme toujours chez DT Swiss, le montage est parfait et fait figure à nos yeux de référence pour une marque généraliste et qui doit gérer les contraintes liées à une production de masse.

Avec 1452g, elles se positionnent en intermédiaire entre des roues plus typées All-Mountain, comme les RAR de ce test, et des modèles purement XC comme les Asterion Edition One. Elles sont aussi plus légères que les 9th Wave… mais aussi beaucoup plus chères puisque le prix officiel est de 2199€ ! Un tarif qui, malgré la qualité de l’ensemble, nous paraît surfait… et avant tout destiné à valoriser les vélos sur lesquels elles sont présentes en première monte ! On les trouve d’ailleurs assez facilement autour de 1500/1700€, ce qui nous semble un tarif plus réaliste pour ce genre de produit.

DT Swiss XMC 1200 : le test terrain

Dans ce dossier où on retrouve surtout des roues de petites marques et de monteurs, il est intéressant d’avoir un modèle comme les DT Swiss XMC 1200 pour voir ce qu’une grande marque habituée à la production en grande série et à la fourniture directe aux fabricants de vélos peut proposer dans ce créneau haut de gamme. Bon, nous n’avons pas choisi n’importe qui et les produits DT font figure selon nous de référence parmi les marques généralistes, tant au niveau du comportement sur le terrain que de la qualité.

Avec les XMC 1200, DT Swiss a mis le doigt dans l’engrenage de l’élargissement des jantes. Et c’est tant mieux ! Car les cercles des XMC sont particulièrement rigides. C’est aussi le cas des XRC 1200 qui, même en étant plus bas, sont faits dans un carbone qui ne laisse que peu de place à la filtration des vibrations. Mais là où les XRC 1200 se montrent plus exclusives avec leurs jantes plus étroites, les XMC rattrapent le coup en permettant aux pneus de mieux s’exprimer.

1,5mm de largeur en plus, cela peut paraître insignifiant, mais en fait cela change tout. Nous avons eu l’occasion de comparer directement les XRC et XMC sur un même vélo et la différence est assez claire. Si vous ne nous croyez pas, faites le test, vous serez surpris ! Néanmoins, de par leur forme et le type de fibres utilisées, les XMC restent tout de même des roues qu’on évitera de mettre sur un semi-rigide. Sur un full, elles ne nous ont pas usé sur une épreuve comme le Cape Epic, mais on sent qu’il faut être équipé de bonnes suspensions et de pneus larges pour contrebalancer leur rigidité.

Le bon côté, c’est qu’elles sont d’une précision redoutable sans pour autant verser dans le caricatural. Elles sont capables de se “donner” un peu dans les appuis et de faire preuve de tolérance dans les descentes même s’il faut éviter d’avoir un pilotage trop désinvolte ou de les laisser diriger le vélo. Il n’y a qu’un patron aux commandes, c’est vous, et c’est bon de le leur rappeler de temps en temps.

Au niveau rendement, c’est bon, très bon même, mais vu leur poids, on s’attendait à une différence plus marquée par rapport aux 9th Wave également testées dans ce dossier, ou même par rapport aux RAR Even. En fait, DT semble gagner par mal de grammes sur le moyeu et les rayons Aerolite mais moins sur les jantes, ce qui pourrait expliquer notre ressenti. On ne joue en tout cas pas dans la même cour que les Asterion Edition One, des Duke Lucky Jack, et encore plus des Asterion F-One.

Autre bon point pour la solidité qui est à toute épreuve… du moins si on ne les sort pas de leur programme. Sessions d’entraînement, découverte des plus beaux singles de Stellenbosch en Afrique du Sud, participation au Cape Epic et à plusieurs marathons belges : rien n’en est venu à bout et elles sont encore comme neuves. Même la finition a parfaitement résisté et les griffes sont rares. Par contre, quand on les voit montées sur des vélos comme un YT Jeffsy ou d’autres machines dont le débattement et la géométrie poussent au crime en descente, on allume les warnings ! Nous avons eu plusieurs retours de casse de la part de bikers qui les ont prises pour des roues d’enduro vu les vélos sur lesquels elles étaient montées. Et là, gare à la facture.

Verdict

Les DT Swiss XMC 1200 font un peu figure d’étalon dans ce test. Une grande marque comme DT Swiss doit, vu ses volumes de production, faire certains choix. On sent notamment au niveau de la jante que rien n’a été négligé au niveau de la solidité, quitte à pénaliser un peu la dissipation des vibrations. Aucune concession n’est faite sur la qualité et la durabilité, ce qui est important, et le comportement ne déçoit pas, même s’il n’est pas aussi typé et flamboyant que chez Asterion ou Duke par exemple. A plus de 2000€, leur tarif est surfait. Mais autour de 1500€ ou en monte d’origine sur un full de XC/marathon en 100/120mm de débattement, il n’y a pas de risque d’être déçu.

Images d’action : Sportograf.com