Découverte | Mediterranean Epic : abundancia de senderos !

Par Maya De Backer -

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Découverte | Mediterranean Epic : abundancia de senderos !

Vous en aviez déjà entendu parler ? Moi oui, et en bien, en très bien même. Course de haute renommée attirant l’élite mondiale du XCM, le Mediterranean Epic a aussi beaucoup d’arguments séduisants pour les amateurs. Avec ses quatre jours de courses, l’organisation vous fait découvrir le meilleur des sentiers entre Castellòn de la Plana et Oropesa del Mar, à une centaine de kilomètres au nord de Valencia. Plus de 500 cyclistes s’y étaient donné rendez-vous cette année. Bienvenue au coeur de cette organisation qui se veut ambitieuse !

« Ah mais celle-là Maya, tu vas adorer! »

Cette phrase, ou du moins l’idée, m’avait été rapportée par de nombreuses personnes qui savent ô combien je raffole des courses à étapes, mais surtout des sentiers techniques. J’avais déjà fait la Costa Blanca Bike Race à Calp et avais adoré. Je m’attendais à retrouver le même genre de parcours. Malgré des dates qui ne m’arrangeaient pas vraiment étant donné que je roule peu l’hiver, l’envie d’y participer et d’entretenir mon espagnol l’a emporté. Grande fondue des courses en duo, ce genre de courses est également pour moi un bon lieu pour rencontrer des femmes.

L’hiver sur les côtes espagnoles

Changement de décor, avec mon amie Suisse Steffi, je quitte mes montagnes Valaisannes pour la côte méditerranéenne. Si les degrés gagnés font plaisir, l’aspect désertique de la ville balnéaire d’Oropesa donne un peu le cafard. Pas un chat, seulement quelques touristes, on sent qu’Oropesa vit principalement l’été. Et si vous voulez venir en été, soyez tout de même rassurés : selon notre taximan de la dernière chance, « ici ce sont de bons touristes ».

Au fur et à mesure que le départ approche, on commence à croiser de plus en plus de cyclistes, ce qui confirme qu’on ne s’est pas trompé de semaine. Et au pire, nous aurions quand même bien pu profiter tant le terrain de jeu entre mer et collines est vaste.

Mise en bouche et reconnaissance

Nous profitons de notre arrivée anticipée pour reconnaitre quelques portions de ce qui nous attend. Coup de foudre instantané, les chemins sont encore mieux que ce à quoi je m’attendais. C’est très technique, en montée comme en descente, à se demander si on est dans le bon sens du parcours. C’est aussi l’occasion de tester le matériel. Je suis rassurée d’avoir mis un insert dans ma roue arrière, je sens déjà qu’il sera de très bonne compagnie. Les parcours sont sensiblement identiques à ceux de l’année passée, avec quelques nouveautés tout de même. Celui qui veut performer sur ce type de parcours fera bien de s’organiser une bonne reconnaissance. La quasi totalité du parcours étant sur des chemins publics, vous pouvez déjà vous y mettre pour l’année prochaine!

Des descentes alléchantes sans trop de gourmandise sur le dénivelé

Ici pas d’ambitions excessives, j’ai trouvé le format idéal pour un début de saison. On commence en douceur par un contre-la-montre de 30 km et 500 mètres de d+ histoire d’avoir un bon aperçu de sa forme ! S’ensuivent des étapes de 56 km et 1500 m de d+, 81 km et 1600 m, pour finir avec un 56 km et 1400 m. La plus longue montée de la course fait 400 m de dénivelé avec un point culminant à 700 m lors de la deuxième étape. Pas de gros risque d’hypoxie donc, juste assez pour se perdre dans ses pensées et bloquer sur le prénom d’Adamo… et non, ce n’est pas Serge !

Vu le décor, un petit passage par la plage était obligatoire. Et si ça paraissait un peu rude en fin de dernière étape, on se dit que ça en valait bien la peine pour les belles photos!

Et ma décapotable dans tout ça ?

Mon fidèle Scott Spark 910 était super adapté au parcours, peut-être pas le plus rentable en termes de vitesse, mais certainement en termes de plaisir. Je ne m’imaginerais pas prendre le départ sur un semi-rigide. Je n’en ai d’ailleurs vu aucun. Si je devais racheter des pneus pour cette course, j’en choisirais des plus larges que mes 2.25. L’insert m’a quant à lui bien rassurée sur ce terrain très rocailleux. S’il alourdit le vélo, il allège clairement la conscience ! Et c’était visiblement une excellente idée, j’ai vu plus de jantes pliées que d’animaux sauvages sur les 4 jours.

J’veux du soleil

Si je n’ai pas spécialement eu autant chaud que ce que j’imaginais, j’étais bien heureuse de rouler sur un terrain sec. Ce qui veut aussi dire temps de nettoyage réduit, et ça, ça compte! Heureusement, les nuages ont tenu bon. Une bonne douche aurait vite pu transformer cette belle terre rouge, caractéristique de ces collines, en terre glaise bien glissantes et qui s’accroche au vélo. Donc même si c’est l’Espagne, on prend des vêtements chauds avec. Pour l’anecdote, il y a trois ans, l’étape finale de la Costa Blanca Bike Race à Calp, qui a lieu fin janvier, avait été neutralisée en raison d’un nombre excessif d’hypothermies, la neige ayant décidé de s’inviter.  Sur cette même course, une étape a été annulée cette année pour cause de tempête. Vous voilà donc prévenus !

Et à part des beaux chemins secs, que comprend l’inscription?

Le prix de base était fixé à 325 euros. Un tarif qui m’a semblé clairement correct au vu de la qualité de l’organisation. Hormis une confusion sur la deuxième étape impactant la tête de course féminine, je n’ai pas pu détecter de failles dans l’organisation générale. La police était également impliquée pour assurer la sécurité sur les rares routes traversées.

Des repas étaient proposés après chaque étape. Vous pourrez également compter sur un service mécanique et un bike-wash avec une attente de maximum 10 minutes. Chaque participant reçoit quelques goodies dont un t-shirt ainsi qu’un maillot et un gilet Gobik aux couleurs de l’évènement.

Et avec ceci ? On ajoutera des bénévoles adorables plein d’énergie. Ça, ça n’a pas de prix !

Des grands moyens pour du grand niveau

En tant que course Hors Catégorie, le plus haut niveau de reconnaissance de l’UCI pour les courses à étapes, le Mediterranean Epic attire un grand nombre d’élites en quête de précieux points UCI. Drones, caméramans, commentateurs live, équipe de production, il y avait même un hélicoptère. Les moyens mis en place paraissent extravagants mais témoignent de la volonté de l’organisation de mettre en avant le XCM.

Des grands moyens pour les amateurs aussi !

Si les parcours peuvent paraitre accessibles en termes de distance et de dénivelé, ils le sont un peu moins sur le plan technique, sans être très engagés et dangereux pour autant. Il y aura toujours un buisson bienveillant qui vous accueillera suite à une erreur de pilotage. Attention cependant de ne pas trop explorer la flore locale au risque de rater la barrière horaire ! Pour donner une petite idée, David Valero Serrano l’emporte avec une durée totale de 8h29 alors que le dernier finisher a mis 16h47 pour boucler les quatre étapes. Natalia Fischer l’emporte chez les femmes en 10h10. Quant à moi, avec 11h51, j’arrive en milieu de classement toutes catégories confondues, et 11ème élite.

Le niveau technique général m’a paru très élevé. J’ai rarement dû me restreindre en descente à cause de concurrents moins à l’aise ! Tout coureur qui aime le pilotage et qui a une condition physique un minimum entretenue pendant l’hiver a donc clairement sa place sur cet évènement. Celui qui aura pensé à bien travailler le haut du corps profitera encore mieux !

En solo ou en duo, et même en e-bike. L’organisation propose également une option wee-kend (2 jours de course).

Ambiance à l’espagnole

J’apprécie particulièrement les courses à étapes pour leur aspect plus convivial. Je n’ai vraiment pas ressenti de pression des autres concurrents, qui laissent d’ailleurs de plus en plus passer les femmes plus rapides, et qui demandent même aux autres coureurs de laisser passer la chica. Fait assez rare que pour être mentionné !

Parfois accompagné d’un concert live, le repas d’après course est un moment assez convivial. Pizza, paella, toasts de la mer et autres gourmandises, nous avions de quoi bien nous retaper pour les étapes suivantes. Par contre, en dehors de la course, c’est moins la fête. Presque tout est fermé. Pas de discothèque ouverte, mais ça tombe bien, on n’est pas venues pour ça !

La logistique

Pour l’hébergement, des partenariats avec un hôtel et un camping sont proposés. Autrement, Oropesa regorge de logements en location bon marché vu la saison. Les nuits sont fraiches, pour les plus frileux, vérifiez qu’il y a un chauffage sur place. Une des étapes se faisait au départ de Castellòn et nous avions fait le choix d’y aller en train. Si nous sommes finalement parvenues à acheter les billets, nous n’avons pas pu compter sur la ponctualité de la Renfe. Vous imaginez bien la difficulté de trouver un taxi qui sait embarquer les deux vélos. On a en tout cas eu droit à un bon pic d’adrénaline pour bien commencer la journée !

Y revenir? Claro que si!

Si la date me paraissait trop tôt dans la saison, l’organisation très pro et le plaisir de rouler sur ces beaux sentiers m’ont convaincue. Nous avons très peu vu le bitume et les sentiers semblent infinis. Par ailleurs, ces collines assez sauvages sont peu fréquentées, du moins en cette saison. Nous n’avons donc nullement été gênés par d’autres usagers des chemins. Et je n’ai pas eu ce sentiment que la course dérangeait non plus. Je reviendrai donc très volontiers rouler dans la région, en mode course ou pas, et en profitant de faire un crochet pour continuer de visiter la belle ville de Valencia !

Plus d’infos : https://mediterraneanepic.com/mediterranean-epic/
Crédit Photos : Mediterranean Epic – Epic and Legend by 98p

Par Maya De Backer