Découverte | Entre Dentelles et Ventoux, ride avec Jey Maréchal & co

Nature
9 août 2018 — Paul Humbert

Ce printemps, nous répondions à une invitation un peu particulière lancée par Jey Maréchal. Le polyvalent ambassadeur Giant avait comme projet d’inviter ses amis de l’industrie du cycle pour partager une belle sortie en VTT électrique autour de chez lui. On oublie la technique, on profite du paysage et on exploite nos machines à fond. Récit :

 
 

L’envie de faire découvrir son coin, de partager un bon moment sur un vélo, de voir des amis. Les motivations qui ont poussé Jey à organiser cette journée sont probablement nombreuses. Ambassadeur pour la marque Giant, Jey roule aussi bien avec des « petits » vélos qu’avec les machines de descente, d’enduro ou, dans notre cas, les vélos électriques de la marque. 

On connaît tous les capacités de ces machines modernes et Jey avait envie d’ouvrir les portes de son jardin et de proposer à quelques-uns de ses amis une journée où ces nouveaux vélos seront poussés à bout, pour la bonne cause, et sur un parcours parfaitement adapté à leur utilisation. 

Au programme, des montées raides et techniques, des changements de dénivelé constants, des franchissements et pas mal de beaux spots ! 

Pour partager tout ça, Jey a constitué une petite équipe de VTTistes rodés et convaincus par l’intérêt de ces machines. On retrouve donc Anne-Caroline Chausson, multiple championne du monde, olympique, championne de tout, bref, on ne la présente plus vraiment mais on la retrouve sur un vélo électrique, une fois qu’elle a posé son vélo d’enduro ou son vélo de descente. 

Gaëtan Dupin est également des nôtres. Pilote de talent dans les disciplines freestyle du vélo, il a ensuite basculé vers l’enduro et est aujourd’hui guide et moniteur dans le Luberon qu’il connaît comme sa poche. En vélo de route ou en gros vélo, il s’en sort sans trop de souci, alors le VTTAE ne devrait pas être un problème. 

Sur un Pivot Shuttle qu’il connaît bien, on retrouve Kevin Locquet, commercial, entre autres, pour la marque au phoenix. Quand son calendrier le lui permet, Kevin s’aligne de temps à autre face à un chrono qu’il a longtemps tutoyé.

Autre professionnel du monde du cycle, on retrouve Johan Souque qui est aux commandes du magasin Cycles Louison à Beaumes-de-Venise et, le temps d’une journée, d’un des derniers VTTAE Cube.

Ancien champion de moto de vitesse et l’homme derrière les protège-mains AVS qu’on voit partout, Arnaud Vincent est également des nôtres pour cette sortie. 

Les magasins sont bouclés, les boîtes mails fermées et on s’accorde une journée pour profiter à fond d’un petit bijou de région que la France a à offrir. Du coeur de la Provence aux contreforts du Ventoux, en cheminant entre les oliviers, le long des falaises de roches et des habitats troglodytes, nous voilà lancés ! 

Le programme concocté par Jey fait la part belle au pilotage. Le matin, 18km nous attendent pour 850m de dénivelé positif et l’après-midi, on comptera 24km et 750m de dénivelé. Rien d’affolant mais on fait confiance à notre guide.

La subtilité du programme, c’est la sélection des traces, bien en phase avec l’utilisation d’un VTTAE. Presque tout est franchissable sans moteur, mais le rythme que nous mettons rend l’effort unique et le tour proposé prend une toute autre dimension. 

On débute sans retenue sur un sentier étroit et particulièrement joueur qui alterne passages techniques et montées sur des dalles bien raides. Tout le monde doit prendre en main sa machine, pour nous un Merida E-One-Sixty, et trouver le point d’équilibre du vélo dans les montées. 

Avec un groupe comme le nôtre, guidé par Jey, le rythme est soutenu et il faut gérer aux mieux les transitions en adaptant ses rapports et le mode de son moteur. Notre petit groupe justement, c’est Jey qui l’a constitué pour pouvoir filer sur les sentiers sans avoir à se retourner. Il ne faut donc pas quitter la cordée, sous peine de se perdre dans un dédale de petites traces. 

Notre hôte a tout de même bien fait les choses et les traces sont nettoyées, même dans la garrigue et les arbustes les plus coriaces. 

Avec chacun de bonnes bases en pilotage, les vélos électriques nous permettent de lisser nos différences de physique et on se glisse dans la roue d’Anne-Caroline Chausson ou des pilotes les plus rapides sans trop de souci. 

C’est le pilotage qui, comme toujours, finira par nous différencier, mais pas forcément où on l’attend. Notre premier gros challenge du jour sera le franchissement d’une dalle de 50 mètres en montée. Gérer son moteur, son pédalage et l’équilibre sur le vélo n’a rien de facile et certains d’entre nous s’y sont cassé les dents. 

Malgré un rythme bien « sport », on trouve le temps d’admirer le paysage, mais il faut dire que l’inverse serait surprenant vu la beauté des lieux. Partis de Saint-Hippolyte-le-Graveyron, juste à côté de Beaumes-de-Venise, on se retrouve rapidement sur le super, autant qu’étrange, rocher de Rocalinaud. 

Creusé par le vent et le sable, on y trouve des chambres, couloirs et un grip parfait pour y faire une petite photo. 

On continue notre cheminement pour rejoindre des pierriers de roche blanche. Dans la roue de Kevin, on lâche les freins pour se laisser flotter avant d’emboiter le pas d’Anne-Caroline Chausson pour un passage on ne peut plus joueur dans les bois. 

Nous entrons au bas d’un sentier bien raide et escarpé où il est nécessaire de garder un rythme pour franchir les obstacles successifs. Le coeur est bien haut et on se dit « que trépasse si je faiblis » en entendant les bruits des moteurs pousser derrière nous. Au sommet, on respire et on contemple les fameuses dentelles de Montmirail. Pas de trace du château. 

On détache nos batteries au pied du village de Barroux pour brancher le tout, aller manger un bout et recharger nos  batteries à nous ! 

La programme de l’après-midi viendra nous faire flirter avec le pied du célèbre Mont Ventoux qui pointe non loin de là. 

Jey ouvre la marche, au sens propre comme au figuré quand il tente de franchir une série de paliers de roche. On avance sur un terrain on ne peux plus accidenté et on se met dans le rouge, gainé en permanence pour guider, tracter et positionner nos machines. Personne n’a envie de freiner le groupe. 

On n’échappe pas à quelques montées impossibles et on confronte nos montures et moteurs sur le terrain mélangeant terre et roche blanche. 

Nous finissons par arriver sur une crête surplombant la vallée, sur les flancs du Ventoux. Devant nous, une ligne rocailleuse qui nous amène dans un sous-bois offrant de superbes passages de dalles. Le tracé concocté par Jey est tout simplement sublime. 

Une petite chaîne qui casse et une crevaison nous laissent le temps de souffler un peu avant de repartir. 

On se laisse aller à quelques sauts et marches avant de retrouver les hauteurs du Lac du Paty. Gaëtan est de loin le plus à l’aise ici et on repère son passé de dirteur à son aisance une fois dans les airs.

Des hauteurs du lac du Paty, on rejoint doucement la plaine et le vignoble.

C’est finalement à l’aveugle et en faisant confiance à notre guide et hôte d’un jour, Jey, que nous nous lançons sur une dalle, juste au bord de la route du retour.

Sans une panne de batterie, avec à peine une casse de chaîne et une crevaison au compteur, on termine la journée tout sourire. Le tracé proposé par Jey était tout simplement sublime dans une région qui l’est tout autant. L’expérience « ebike » était elle aussi une réussite et finalement nous n’avons que très peu parlé de nos machines. C’est peut-être aussi ça la magie de la chose où un groupe constitué de passionnés aux niveaux et passés hétéroclites arrive à profiter d’une même belle journée à vélo. Une grande championne, un ambassadeur, un champion d’un autre sport et des professionnels de l’industrie du cycle qui partagent une même sortie loin de leurs impératifs et boîtes mails, on ne demande qu’une chose : recommencer !

En savoir plus sur Jey, c’est par là : www.facebook.com/jeymarechal/