Objectif EWS Ainsa | Le temps d'une course, de l'autre côté de la caméra

Sport
19 septembre 2018 — Paul Humbert

Si vous aimez l’enduro et que vous suivez les coupes du Monde EWS sur Vojo, vous connaissez au moins sa voix. Et si vous lisez nos portfolios réalisés cette année sur les coupes du Monde de descente, vous connaissez également sa plume. Passionnée de vélo, Bérengère a travaillé comme journaliste puis auprès de différentes marques avant de retrouver les médias et la communication de plusieurs équipes sportives. Cette année, elle s’est lancé un défi, et elle nous raconte tout : 

Ces deux dernières années, j’ai eu l’habitude de couvrir les Enduro World Series derrière la caméra. J’ai toujours admiré le courage et la ténacité des pilotes à ne rien lâcher, peu importe leur niveau ou les conditions dans lesquelles ils se trouvaient. Par contre, j’ai toujours été frustrée de ne pas pouvoir en montrer davantage parce que je ne vivais pas l’expérience à 100% de l’intérieur. Alors cette fois-ci, j’ai décidé de rouler sur une EWS, pour vraiment ressentir ce que c’est de participer à une Coupe du Monde d’Enduro. Le but ? Pouvoir partager cela avec vous d’encore plus près et l’immersion commence dans moins de 48h à Ainsa en Espagne !

L’idée m’est venue l’an passé. Après avoir suivi les pilotes un peu partout dans le Monde sur toutes les manches d’EWS, j’ai eu envie de me lancer à mon tour. Je dois d’ailleurs avouer que la motivation était professionnelle mais aussi personnelle.

Professionnelle car j’avais hâte de pouvoir vivre et partager encore plus intimement ce que les pilotes ressentent à chaque manche d’EWS. Et personnelle car il faut parfois se donner des défis dans la vie, tout simplement. J’ai 30 ans (arf, quel cap) et il fallait marquer le coup !

Alors il y a un an, j’avais de grandes idées de reportages : me faire entraîner par la leader des EWS Cécile Ravanel (qui combine un statut de pilote et de coach), aller chez elle durant l’hiver pour qu’elle me montre des exercices de musculation, que l’on définisse un plan d’entraînement, etc, etc. Tout cela dans le but de vous faire partager toutes ses bonnes astuces et points primordiaux en termes de préparation physique et technique. Puis, j’avais choisi l’EWS de Septembre car je me suis dit que cela me laissera le temps de m’entraîner durant l’été, de profiter des longues soirées ensoleillées et de ne pas trop souffrir de la météo… bref, des arguments j’en avais et je débordais de motivation.

Sauf que la réalité nous a rattrapées. Cécile comme moi avions un emploi du temps bien chargé (et ce, depuis février !), rempli de voyages et d’obligations professionnelles évidemment. Cécile a roulé sur toutes les EWS et pas mal de coupes du Monde de descente, en plus d’entraîner des jeunes de son club VTT une à deux fois par semaine selon les périodes. Et pour ma part, j’ai travaillé sur toutes les épreuves de coupe du Monde de DH, les EWS évidemment en plus des Crankworx et d’autres épreuves aux alentours. Vous pouvez d’ailleurs consulter le fruit de mon travail sur ce site même, l’été a été bien intense et riche en émotions. Et c’est sans parler du fait que l’on habite à 700km l’une de l’autre… donc son soutien n’est pratiquement que moral mais il est toujours bon à prendre !

Du coup, QUID de ma condition et dans quel état d’esprit j’entame cette EWS ?

Alors en ce qui concerne ma condition physique, je ne vais pas le cacher, je n’ai rien travaillé de vraiment spécifique. Je n’ai pas fait d’intensité ni de sorties longues plusieurs jours d’affilée, j’ai surtout essayé de rouler quand je le pouvais et de prendre plaisir sur mon vélo. Après tout, c’est la clé ça, non ? Pour le coup, j’ai entièrement rempli ce critère. La seule journée où j’ai réellement pris les choses au sérieux était avec mon ami Gwen Fouché, moniteur/guide dans les Vosges qui m’a fait travailler l’un de mes (nombreux) points faibles :  les épingles ! Pour le reste, j’arrive très légère. Je sens déjà que mon corps va me détester !

A part ça, j’ai curé une tendinite durant l’été (aujourd’hui tout va bien) et j’ai tenté de participer à l’Enduro de Giromagny début septembre histoire de me mettre doucement dans le bain de la course. Résultat, je tombe au bout des deux premières minutes (stressée moi ? Non, jamais) et tape fortement ma tête. J’ai tout de même passé une imagerie après coup, après avoir souffert plusieurs jours de mal de tête pour vérifier que tout va bien. Avec une grande joie, j’ai eu un avis favorable du médecin qui m’a dit qu’avec pas mal de repos, tout ira bien ! Du coup, j’ai pris mon mal en patience, j’ai passé dix jours à ne rien faire (en termes de sport évidemment car les reportages du Championnat du Monde de DH à Lenzerheide couvert pour Vojo se sont mis en chemin d’un repos complet) pour laisser passer tout ça, et me revoici d’attaque depuis une semaine !

Alors à quoi dois-je m’attendre ? Hum, à rouler quatre jours sur des tracés sélectionnés pour les meilleurs pilotes de la planète sur la chaîne pyrénéenne. Honnêtement, je pense avoir choisi la destination EWS la moins « risquée » en terme de pilotage. J’ai pu y aller en 2016 lorsqu’ils y avaient déjà organisé une manche EWS et j’y suis revenue l’année d’après avec des amis. De mémoire, rien n’était trop engagé, les trails étaient plutôt rapides et ludiques. Ce qui me convient bien car je ne vais pas vous le cacher, j’y vais pour rouler et terminer en un morceau, pas pour aller faire un deuxième scanner chez mon médecin.

Du coup, l’objectif de tout ça ne sera pas de vous parler de ma performance en tant que pilote – ce serait bien trop optimiste et osé de ma part vu ma préparation, d’autant plus que je ne suis qu’une journaliste et non pas une athlète professionnelle, je me permets de le repréciser ! Par contre, je vais surtout tenter de rapporter les meilleurs moments d’une EWS, tout ce qu’on ne peut pas avoir lorsqu’on est un média, depuis les entraînements jusqu’aux derniers instants de course. J’aurai ma GoPro avec moi et je vous embarquerai dans mon quotidien !

En attendant, j’ai un beau vélo qui n’attend que d’être roulé et j’ai envie de dire que j’ai hâte que l’aventure commence !

A très bientôt, saine et sauve je l’espère (après tout, si c’est trop dur, j’irai manger des tapas),

Bérengère