Championnats du Monde 2021 | DH :
Minnaar pour l'histoire, Nicole retrouve l'arc-en-ciel !

Sport
29 août 2021 — Christophe Bortels

Les championnats du monde 2021 de VTT à Val di Sole (Italie) se sont clôturés en beauté ce dimanche avec les finales de la descente. Une piste incroyable et des pilotes prêts à repousser leurs limites pour décrocher le maillot arc-en-ciel… le spectacle ne pouvait qu’être au rendez-vous ! 

Un run de quelques minutes à peine, et au bout, la gloire et le droit d’arborer pendant un an le maillot distinctif le plus convoité qui soit. Telle est la magie de la descente aux championnats du monde ! Quand, en plus, le rendez-vous de l’année pour les descendeurs se dispute sur une piste hors norme comme celle de Val di Sole – rapide, rocheuse mais surtout très pentue -, l’excitation était à son comble pour les pilotes comme pour les fans…

L’année dernière, sur une piste de Leogang (Autriche) rendue extrêmement compliquée par la pluie et la boue, ce sont Reece Wilson et Camille Balanche qui avaient émergé du chaos, à la surprise générale il faut bien le dire, pour rafler le titre de champion du monde. Allait-on assister à de nouvelles surprises ce dimanche à Val di Sole ? Réponses !

Juniors

Ce sont les Juniors femmes qui ont ouvert le bal de ces finales dès 9h25 ce dimanche matin. Qui allait succéder à Lauryne Chappaz, sacrée en 2020 trois ans après sa soeur Mélanie dans la même catégorie ? Déjà auteure du meilleur temps lors de la manche de qualification vendredi, la Bulgare Izabela Yankova n’a eu aucun mal à confirmer en finale. Elle s’impose avec une marge confortable de pratiquement 11 secondes ! L’argent revient à la Norvégienne Kine Haugom, tandis que la Canadienne Gracey Hemstreet repart avec le bronze.

Moins de réussite pour les deux seules Françaises au départ : 4e des qualifications, Leona Pierrini n’a pu faire mieux que la 6e place aujourd’hui, alors que Vicky Clavel, qui avait signé le 5e temps juste derrière sa compatriote vendredi, n’a hélas pas terminé son run. Nous n’avons pas plus d’info à ce sujet pour l’instant.

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A 9h55, place aux Juniors hommes. Sur le papier, seul Jackson Goldstone pouvait empêcher l’Irlandais Oisin O’Callaghan de conserver son titre de champion du monde. Le jeune Canadien est monté en puissance ces derniers temps en coupe du monde et a même signé son premier succès à ce niveau il y a deux semaines à Maribor. Avec à peine plus d’une seconde entre les deux pilotes lors de la manche de qualification, cette finale s’annonçait donc disputée.

Et en effet ! Oisin O’Callaghan est le plus rapide au 1er intermédiaire, au 2e, au 3e. Mais surprise, au dernier split avant l’arrivée il n’est que 3e… et finalement 5e de la course à plus de 6 secondes. Jackson Goldstone, lui, a fait le chemin inverse et a grappillé des places au fil de son run : 6e au split 1, puis 3e, puis 2e, puis 1er, et ça tiendra jusqu’au bout… Le voilà champion du monde de descente ! Pour l’accompagner sur le podium, on retrouve le Britannique Jordan Williams, 2e à 1.812s, et le Néo-zélandais Lachlan Stevens-McNab, 3e à 3.560s.

Loïc Martin, premier Français du classement, termine à la 16e position.

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Femmes

Une trentaine de femmes au départ, mais seules quelques véritables prétendantes au titre. Myriam Nicole, en confiance après sa victoire en coupe du monde à Maribor, pour un 2e sacre en Elites ? Camille Balanche, pour bien prouver que sa victoire l’année dernière n’était pas le fruit du hasard et des circonstances particulières ? Vali Holl, en quête de rédemption après ses échecs en coupe du monde ? Eleonora Farina ou Veronika Widmann sur leurs terres ? Tahnée Seagrave, un peu plus fraiche après avoir fait l’impasse sur son run de qualif ? Pour Marine Cabirou, de retour de blessure, ce sera peut-être un peu juste. Mais qui sait ! Et bien sûr, on n’était pas à l’abri d’un coup d’éclat signé Monika Hrastnik ou Nina Hoffmann. Tout compte fait, elles sont bien une dizaine à pouvoir monter sur le podium. Ce sont les championnats du monde après tout, et comme on l’a vu en XC hier, tout est possible !

On n’a pas bien compris si la manche de placement de vendredi en était vraiment une. En tout cas, Vali Holl, meilleur temps des “qualifs”, était loin d’être la dernière à s’élancer dans cette finale. Sérieuse candidate à la victoire, elle confirme ses ambitions en début de run en améliorant le 1er intermédiaire de 2 secondes, puis augmente son avance jusqu’à 8 secondes… mais une chute – encore une en finale cette saison ! – met brutalement fin à ses chances de titre et même de podium. Dans la foulée, Mille Johnset parvient quant à elle à battre de 1.6s le temps de référence détenu jusque là par la Néo-zélandaise Jessica Blewitt.

Si Nina Hoffmann, victime d’une facture de la clavicule aux Gets il y a 6 semaines, joue sans doute la prudence et termine à plus de 8 secondes, c’est nettement plus serré juste après : Tahnée Seagrave (photo) améliore le chrono de Johnset de 0.283s et Eleonora Farina (photo) échoue à 0.188s de ce nouveau meilleur temps.

Et puis voilà Marine Cabirou. Le run est propre, juste agressif comme il faut, les lignes sont impeccables. Et ça paie : 4.954s de mieux que Tahnée Seagrave ! Il ne reste alors plus que 3 pilotes au départ : Monika Hrastnik, Camille Balanche et Myriam Nicole.

Ça ne passe pas pour Monika Hrastnik (+2.258s), qui échouera finalement au pied du podium, alors que Camille Balanche (+1.272s, ici en photo) prend provisoirement la 2e place synonyme de médaille assurée. Mais surtout, on sait désormais que la nouvelle championne du monde sera française ! Mais qui de Marine Cabirou ou Myriam Nicole va enfiler le maillot arc-en-ciel ?

Myriam Nicole ne va pas laisser beaucoup de place au suspense. Elle allume le vert dès le premier intermédiaire et ne va faire qu’augmenter son avance, la portant à pratiquement… 5 secondes sur la ligne d’arrivée !

Impériale et intouchable ce dimanche, la Française de 31 ans décroche donc avec la manière son deuxième titre de championne du monde, deux ans après son sacre de 2019 à Mont-Sainte-Anne, au Canada. Marine Cabirou se pare d’argent et Camille Balanche repart avec la médaille de bronze.

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Hommes

14h10, nous y voilà, c’est l’heure de l’apothéose et de l’ultime finale de ces championnats du monde 2021 ! Trois Français seront les derniers à s’élancer : Loïc Bruni, Loris Vergier et enfin Thibaut Dapréla. Mais avant ça, pas mal d’autres candidats au titre mondial. En vrac, Greg Minnaar, Laurie Greenland, Danny Hart, Troy Brosnan ou encore le champion sortant, Reece Wilson. Et au-delà de ces grands noms, bien sûr, un paquet de pilotes tout simplement transcendés par l’enjeu…

Surprenant 3e des qualifications, Antoine Vidal s’élance pourtant relativement tôt dans cette finale. Et logiquement, il s’empare du meilleur chrono ! En voilà un qui pourrait rester longtemps dans le hot seat…

Amaury Pierron prend le départ une bonne dizaine de pilotes plus tard. Le premier intermédiaire est prometteur (3e), mais derrière, plus rien…  Pas de 2e split, pas d’image dans le direct, et un DNF dans le live timing. On apprendra plus tard qu’il a été victime d’un souci mécanique qui a mis fin prématurément à son run.

Mauvaise journée aussi pour Laurie Greenland. Dernier vainqueur en date ici à Val di Sole et auteur du 2e temps des qualifications avant-hier, il faisait partie des favoris. En avance au premier intermédiaire, il va faire une grosse erreur dans la foulée et perdre de nombreuses secondes. Il terminera finalement 65e…

Il aura fallu attendre pas moins de 33 pilotes pour que le chrono d’Antoine Vidal soit enfin amélioré. Et honnêtement, ce n’est pas sur Andreas Kolb qu’on aurait misé pour ça ! 0.256s plus rapide, c’est mieux, mais ce ne sera pas suffisant pour la gagne. La preuve juste après quand Dakota Norton bat largement les temps de Kolb aux premiers intermédiaires, avant de sortir de piste assez violemment et de perdre toute son avance. Même scénario pour le champion en titre, Reece Wilson (photo), victime d’une crevaison en toute fin de run, et d’Angel Suarez dans la foulée du Britannique à cause d’un crash lui aussi. C’est finalement Finn Iles qui va mettre fin à cette série de déceptions en étant 0.649s plus rapide qu’Andreas Kolb !

Il reste alors dix pilotes au départ. Le dénouement est proche, les temps sont serrés avec, à ce moment de la course, 4 pilotes dans la même seconde aux avant-postes. Luca Shaw est le premier à buter sur le temps de Finn Iles et prend provisoirement la 2e place.

Si quelqu’un sait comment sortir un run victorieux en championnat du monde à Val di Sole, c’est bien Danny Hart, lui qui avait décroché son 2e titre mondial sur la piste italienne en 2016. Agressif et efficace, il explose le temps de Kolb de 2.539s !

Rémi Thirion, toujours aussi agréable à regarder, est moins tranchant et termine à pratiquement 10 secondes du chrono de Hart. L’Autrichien David Trummer s’en approche davantage, mais ça ne passe pas non plus : + 1.310s.

C’est alors que Benoît Coulanges décide de donner à tout le monde une belle leçon de propreté… C’est fluide, rapide, le Français est littéralement collé au sol quelle que soit la taille des pierres qui passent sous ses roues. Verdict : il est 1.623s plus rapide que Danny Hart sur la ligne ! Les bras levés, Coulanges sait qu’il vient de frapper un grand coup et qu’une médaille est à portée de main. A moins que Troy Brosnan ne vienne directement tempérer ses espoirs ?… Non, il est 0.214s derrière !

Matt Walker bute lui aussi sur le chrono de Coulanges et termine à quasi 3 secondes. Mais attention, voilà Greg Minnaar au départ ! L’expérience va-t-elle encore parler ? Le Sud-africain nous sort un run tout en gestion dont il a le secret, et comme souvent, ça paie. 0.227s de mieux… mais où s’arrêtera-t-il ?! D’autant que derrière, Loïc Bruni, qui lui aussi sait comment sortir un gros run quand il faut, ne peut faire mieux que la 5e place provisoire à près de 3 secondes. Ce qui signifie que Minnaar est d’ores et déjà assuré d’une 11ème médaille (!) aux Championnats du monde en Elite.

Mais la France a encore deux cartouches pour tenter de détrôner le Sud-africain : Loris Vergier et Thibaut Dapréla. Le premier semble bien parti avec une avance confortable de 1.717s au 2e intermédiaire, mais dès le split suivant son avance a fondu et il est même dans le rouge pour 18 millièmes. A l’arrivée, le verdict est cruel et son retard de plus d’une seconde. Vergier échoue au pied du podium.

Thibaut Dapréla, lui, accuse un retard autour de la seconde aux deux premiers splits, chute une première, fois, puis une deuxième, mais bien plus fort cette fois. Ça y est, c’est officiel, Greg Minnaar est une nouvelle fois champion du monde !

A bientôt 40 ans, Greg Minnaar signe une victoire retentissante à Val di Sole ! 18 ans après son premier sacre en Elite en 2003 à Lugano, 8 ans après son dernier à Pietermaritzburg en 2013, il remporte aujourd’hui le quatrième maillot arc-en-ciel de sa carrière. Si ce n’est pas un record, c’est surtout sa longévité qui impressionne, d’autant qu’il ne semble pas près de vouloir s’arrêter…

Benoît Coulanges est passé à 0.227s de l’exploit et décroche en Italie une superbe médaille d’argent, alors que c’est finalement Troy Brosnan qui s’empare du bronze.

Derrière les trois médaillés, on retrouve donc Loris Vergier, 4e, et Danny Hart, 5e.

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Rendez-vous dès la semaine prochaine sur Vojo pour suivre les coupes du monde de XC et de DH à Lenzerheide !