Cannondale Enduro Tour #2 Mollau : éclectisme et plaisir

Sport
8 mai 2017 — Paul Humbert

Comme l’année dernière, le message est passé. Le Cannondale Enduro Tour de Mollau fait partie des plus belles courses de la série et a une nouvelle fois rassemblé un plateau digne d’une petite coupe du Monde ! Absalon, Georges, Bailly-Maître, ils étaient tous là en répétition avant de s’envoler pour Madère pour l’EWS. Au milieu des amateurs, on retrouvait également des descendeurs et un couple star : Julien Absalon et Pauline Ferrand-Prevot. C’est dans la boue, sous la pluie mais le sourire aux lèvres que tout le monde s’est lancé sur la seconde étape du Cannondale Enduro Tour édition 2017. Un portfolio signé Damien Guiot. 

Cinq spéciales étaient au programme et c’est face à un rideau de pluie que les pilotes ont entamé une longue journée qui leur réservait 1700 mètres de dénivelé positif. Après la première étape de Raon (l’étape, là aussi) remportée par Rémi Thirion et Mélanie Pugin, les compteurs étaient à nouveau à zéro car aucun des deux pilotes n’était au rendez-vous à Mollau.

En revanche, le plateau avait de quoi impressionner. Au milieu de la foule des inconnus, on retrouvait un superbe casting d’enduristes de niveau mondial, mais également deux descendeurs du team Commencal-Lac Blanc (Amaury Pierron et Thomas Estaque fraîchement rentrés de Lourdes) et un duo incontournable du XC international : Pauline Ferrand-Prevot et Julien Absalon.

Ces deux derniers ont participé à la Mégavalanche de La Réunion fin 2016 et l’enduro – et le « fun » plus largement -, intègre désormais leurs programmes. C’est ce que nous expliquait Julien Absalon il y a quelques semaines : http://www.vojomag.com/rencontre-julien-absalon-titouan-carod-lavenir-se-prepare/.

Habitués des dates de la série, les meilleurs enduristes de la région, à l’exception de Nicolas Lau, se sont tous retrouvés à Mollau. Rémy Absalon, Pierre Charles Georges, Eliott Trabac, François Bailly Maître, Alexis Noirot, Ludovic Oget, la bataille promettait d’être belle.

Il fallait pourtant avoir envie de se lancer car la première spéciale a laissé des traces et certains ne lui ont pas résisté. Dans la pente et très glissante sur les roches et les racines, elle a réveillé ceux qui en avaient besoin.

La suite n’a été que plaisir d’après les dires des nombreuses personnes avec qui nous avons échangé.

Si l’organisation de Pauline Dieffenthaler et de Jérôme Clementz assure une certaine constance et un excellent niveau de prestation, c’est la qualité des tracés proposés par le club organisateur qui fait la différence. À Mollau, le mot passe et tout le monde sait que les tracés sont aux petits oignons.

Des spéciales homogènes, parfois dans la pente, parfois plus pédalantes. Le flow est on ne peut plus présent et les spéciales sur de la terre meuble ont fait grandir des sourires sur les visages de ceux qui n’étaient pas enchantés par la météo.  Pierre-Charles Georges s’empare de la première spéciale en plus de 5 minutes 27. C’est le pilote Commencal Lac-Blanc qui a réussi à se mettre dans le bain le plus rapidement. « Avec le mauvais temps, c’était bien de rester en forêt et le terrain n’empêchait pas de conserver sa vitesse. Il y avait beaucoup de racines et tout le temps au moins une petite relance dans les spéciales. ».

Malgré la météo capricieuse, il y avait du monde à la fin de chaque spéciale pour encourager les coureurs.

Avant d’abandonner, Alexis Noirot prenait le second meilleur temps de la deuxième spéciale, mais le meilleur chrono reste toutefois dans les mains de « Pich ». En troisième position, Rémy Absalon restait à l’affut.

Aux ravitaillements, des feux ont été allumés pour réchauffer les riders, les esprits et sécher ce qui pouvait l’être.

C’est avec Rémy Absalon que Pierre-Charles Georges voyage pendant les coupes du Monde à l’étranger. Ils se connaissent bien, s’apprécient et c’est comme un clin d’oeil quand le pilote Scott s’accapare le meilleur chrono de la troisième spéciale avec seulement 20 centièmes d’avance. Cette fois-ci, c’est François Bailly-Maître qui est en embuscade à la troisième place. Lui aussi connaît bien les deux autres riders et il fait chaque année le déplacement jusqu’à Mollau.

Le pilote Ibis perd toutefois du temps sur le quatrième chrono et prend le 8ème meilleur temps sur la spéciale 4. Pich prend sa revanche sur Rémy Absalon et reprend la tête de la course. Le pilote roulait dans la boue mais sans pneus « mud », il s’est contenté d’un Maxxis Shorty à l’avant et d’un DHR2 à l’arrière.

La météo coupe court à la bataille et l’ultime et rapide spéciale prévue jusqu’au coeur du village est annulée pour permettre à tout le monde de rentrer au chaud.

On vous casse le suspense, au petit jeu du chrono, c’est Pierre-Charles Georges qui remporte la course et d’après les dires de ce pilote qui a déjà roulé sur certains des meilleurs spots de la planète, à Mollau « on retrouve le rythme enduro que tout le monde recherche, ni trop rapide, ni trop lent ».

« Je suis vraiment content d’avoir pu me battre avec Rémy et François à la régulière. Aucun d’entre nous n’est tombé ou n’a eu de souci mécanique. » Il gagne la course avec plus de 12 secondes d’avance. De bon augure pour débuter sa saison d’EWS à Madère. Rappelons que le pilote joue sur les deux tableaux et s’aligne à la fois sur des coupes du Monde de descente et sur des EWS en enduro.

Il s’occupe également des deux descendeurs de son équipe : Amaury Pierron et Thomas Estaque. Si le premier termine à la 8ème place avec son vélo de All-Mountain, le second signe le cinquième meilleur chrono (avec une crevaison en spéciale).

Le trio gagnant est donc composé de Pierre-Charles Georges, de Rémy Absalon et de François Bailly Maître. Ils sont talonnés de près par Eliott Baud. Encore junior l’an passé, il continue de se faire remarquer cette année. Eliott Trabac termine sixième, juste devant Ludovic Oget.


Chez les dames, l’Allemande Veronika Bruechle remporte la course assez largement devant la Suissesse Monika Buchi et Déborah Motsch, que vous connaissez bien si vous êtes habitués de nos pages.

Elles sont suivies par Nolwenn Deslande et Morgane Jonnier, tout juste de retour de blessure.

De leurs côtés, Julien Absalon et Pauline Ferrand Prevot n’ont pas trainé en liaison et ont bouclé la course rapidement. Le premier termine 45ème et la seconde 13ème pour ce qui aura très certainement été une sortie « plaisir » sans réel objectif, à part peut-être celui de ne pas se blesser.

Notons que Julien Absalon s’est lancé un petit défi pour ce week-end de trois jours. Il a pris le départ de trois courses avec trois vélos différents : en XC à Solothurn samedi, en enduro à Mollau dimanche et en route à Epinal lundi.

Passé les grands noms, ce qui fait le coeur et le charme des épreuves du Cannondale Enduro, ce sont ses participants « lambda », ses champions d’un jour, ses bénévoles et sa convivialité.

Les meilleurs enduristes s’envolent vers Madère, les crosseurs et les descendeurs vers les prochaines coupes du Monde et tous les autres participants du Cannondale Enduro Tour se donnent rendez-vous pour la nouvelle étape du calendrier : « La pelle » du 18 Juin à Muhlbach-sur-Bruche, organisée de main de maître par le Molsheim Fun Bike.

On ne souhaite que trois choses : retrouver des spéciales au moins aussi belles que celles de Mollau, une météo un petit peu plus clémente et du houblon alsacien à l’arrivée !

Retrouvez les résultats complets ici : http://www.cannondale-endurotour.com/mollau/#1473009799545-bdf392c0-9de3