Test | Stevens Vapor : l'alu dans toute sa splendeur

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20 septembre 2012 — Olivier Béart

Stevens s’est taillé une réputation enviable dans le domaine du cyclocross, où la marque a compté et compte toujours dans ses rangs quelques légendes des labourés. Cette expérience profite aussi aux modèles plus accessibles de la gamme, comme ce Vapor en aluminium proposé à tout juste 2000€ et qui jette des ponts entre le gravel et l’univers du cyclocross.

Mathieu van der Poel, Wout van Aert : ces deux grands champions ont pour point commun d’avoir bâti une bonne partie de leur palmarès au guidon de vélos Stevens. Bien sûr, ils roulent sur des modèles en carbone plus haut de gamme que le Stevens Vapor en alu que vous avez sous les yeux, mais la marque allemande entend tout faire pour combiner dans cette machine les gênes de la course et une certaine accessibilité pour un public plus large.

La géométrie du Stevens Vapor et du Super Prestige en carbone utilisé par les pros en cyclocross est très proche, tout juste note-t-on que le haut de gamme est un poil plus long et plus bas. Mais pour le reste, on peut parler de vraie filiation.

Il n’y a pas, à proprement parler, de vrai gravel dans la gamme Stevens, mais ce Vapor semble tout de même séduire bon nombre de bikers cherchant un vélo polyvalent pour rouler toute l’année ou surtout en hiver en complément d’un autre vélo plus exclusif, et qui veulent aussi avoir la possibilité de s’écarter des sentiers battus.

Le cadre du Stevens Vapor jouit d’une très belle finition, avec des soudures très soignées et une peinture satinée du plus bel effet. Les tubes sont en alu 7005, avec un arrière très fin et travaillé qui laisse augurer que, même si l’alu n’égalera jamais le carbone sur ce point, on peut s’attendre à un minimum de confort. La fourche est en carbone et on trouve des axes traversants sur les deux roues.

Malgré son tarif très serré de 2049€, le Stevens Vapor ne lésine pas sur l’équipement. c’est une des marques de fabrique de la maison. On dispose notamment d’un groupe Shimano Ultegra au grand complet, freins à disque compris, ainsi que de roues Fulcrum Racing 600 en 17mm de largeur. Elles sont montées avec des pneus Schwalbe X-One à flancs beige en section de 33mm. Enfin, les accessoires sont issus du catalogue de la marque maison Scorpo : rien de luxueux et pas de carbone, mais du fonctionnel et bien fini.

Sur la balance, l’ensemble pèse 9kg tout rond.

Sur le terrain

La position sur le Stevens Vapor est assez incisive et tranche avec les purs vélos de gravel typés endurance que nous avons eu l’occasion d’essayer. Pour autant, il n’y a rien d’extrême et on est loin des vélos de route les plus exigeants. C’est donc une impression de bel équilibre qui se dégage et on l’imagine bien doté de pneus sans crampons pour enquiller des bornes sur route à son guidon, à l’entraînement voire même en course.

Malgré son poids de 9kg qui n’en fait pas une ballerine, les accélérations sont franches et le vélo se montre réactif dans les côtes. Le rigidité est bien dosée et il conviendra sans souci à des gaillards puissants.

En descente, le Stevens Vapor est très rassurant. Ses freins à disque Shimano Ultegra sont franchement puissants et les pneus Schwalbe ne perdent pas l’adhérence facilement, même si la route est glissante. C’est là qu’on se rend compte de l’avantage d’un tel vélo sur des routes difficiles, où il se comporte comme une sorte de SUV sportif quand le revêtement est bien lisse, mais pas déconcerté ni déconcertant quand la route se dégrade… ce qui est hélas souvent le cas dans certaines régions. Reste à voir si ce tempérament très agréable sur tous types de routes se confirme quand on l’emmène hors de l’asphalte.

Dans les chemins campagnards, le Stevens Vapor surprend par son confort. Rares sont les VTT en alu qui nous ont déjà donné ce sentiment, alors sur un gravel, c’est encore plus inattendu. L’arrière filtre vraiment bien les petits chocs, ce qui est un peu moins le cas de la fourche en carbone, plus raide.

Les pneus Schwalbe en 33mm sont assez souples, mais on verrait tout de même bien des 40mm si on veut en faire un usage avant tout sur les chemins, quitte à perdre un peu en polyvalence et en rendement pur sur route. En tout cas, il y a de la place et le cadre le permet dans aucun souci. Le double plateau en 46/36 avec cassette 11/32 offre une certaine polyvalence, même si le 46 est un peu petit sur route et le 36 souvent trop gros quand on essaie de s’attaquer à des ascensions plus raides typées VTT. Mais on sort du programme…

Malgré tout, nous avons aussi emmené le Vapor dans des sentiers plus techniques et carrément VTT, juste pour voir, et il s’est montré plutôt à son avantage. Bien sûr, on ne va pas aussi vite qu’avec des gros pneus et une fourche suspendue, mais on se sent à l’aise pour aborder les passages raides ou pour franchir de beaux obstacles. C’est son côté cyclocross qui transparaît et cela nous plait beaucoup. Seuls les pneus, une fois encore, limitent les ardeurs.

Verdict

Le Stevens Vapor est une des très belles surprises de ce dossier. Aussi à l’aise sur asphalte que dans des sentiers étroits et techniques, il réussit un beau grand écart entre les disciplines. Alors, route, gravel, cyclocross, ce Vapor ? Un peu des trois, et pour un tarif aussi serré, il offre des prestations assez remarquables qui pourront séduire un large spectre de riders, depuis le compétiteur à la recherche d’un vélo d’entraînement performant et sûr, jusqu’au cycliste plus orienté loisirs qui souhaite un vélo à tout faire.

Plus d’infos : www.stevensbikes.de & www.carbonbike.be