Vous vous souvenez des cornes ? Mais si, les fameux “bar-ends” qui ont aujourd’hui presque complètement disparu avec la généralisation des cintres larges et l’évolution de nos pratiques. Personne ne les pleurera et on peut en effet les oublier. Puis, on tombe sur un petit accessoire original, les Spirgrips. Au début, on rigole dans sa barbe. Puis on teste, et on se rend compte que sous cette forme là, les fameuses cornes ont encore un avenir. Laissez vos a priori de côté et voyons ensemble de quoi il s’agit !

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-15Pascal Badollet est Suisse, cycliste, mais il est aussi et surtout physiothérapeute. C’est ce qui l’a poussé à développer ce nouveau concept de poignée ergonomique dont le but est de permettre un positionnement alternatif des mains sur le poste de pilotage et d’aligner correctement les articulations des avant-bras. Les principaux intéressés par ce produit son essentiellement les randonneurs sportifs et les amateurs de longues épreuves.

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-11Concrètement, les Spirgrips ressemblent à de petites cornes, mais leur forme est très travaillée afin que la préhension soit parfaite et que l’espace entre le pouce et l’index y trouve parfaitement sa place. Autre grosse différence avec des cornes classiques : les Spirgrips se placent non pas aux extrémités du cintre, mais à l’intérieur des poignées, juste à côté des leviers de freins et des changements de vitesses.

Ce point est particulièrement important dans la mesure où ils ne gênent aucunement le pilotage en descente et où ils se marient parfaitement avec les cintres larges qui sont aujourd’hui devenus la norme. Nous les avons d’ailleurs testés sur un cintre de 740mm de large sans jamais rencontrer le moindre souci.

Les avantages physiologiques des Spirgrips ont été validés par l’université de Savoie qui a mené une étude scientifique dont les conclusions ont prouvé le bienfondé de la démarche. Meilleur alignement du poignet avec l’avant-bras, meilleure répartition des points de pression, diminution des contraintes au niveau du scaphoïde, etc : sur le papier et dans les labos, les promesses sont belles.

Avant de vérifier tout cela sur le terrain, terminons par quelques dernières infos sur le produit. La paire de Spirgrips est réalisée en aluminium et pèse 114g, soit un surpoids comparable à celui d’une paire de cornes classiques (un modèle plus léger serait en préparation, mais chuuut).

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-16Détail important : de petites charnières sur les colliers permettent une mise en place sans devoir retirer les grips ou les commandes. Bien vu. Côté tarif, on reste dans le domaine du raisonnable puisque la version blanche est vendue 39,5€ et le modèle noir testé ici vaut 49€. Allez, zou, allons tester cela !

Spirgrips : le test terrain

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-2On vous l’avoue sans peine : quand nous avons vu les Spirgrips pour la première fois, nous avons eu un petit sourire moqueur. “Qu’est-ce que c’est encore que ce truc”, s’est-on dit. Puis, nous nous sommes retrouvés à tester un CMT titane qui était équipé de ce petit accessoire. Et là, nous avons arrêté tout de suite de rire. Car nous nous sommes rendu compte que, très naturellement, nos mains se posaient sur ces petites cornes.

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-3Sans même y penser, à la moindre portion de plat ou dans les côtes roulantes, on fait glisser légèrement les mains et elles se placent automatiquement sur les Spirgrips. Les sensations sont immédiatement agréables et relaxantes, preuve que le concept est pertinent et bien au point. A aucun moment Pascal Badollet ne met en avant un gain en performances, mais il nous a semblé que dans les longues côtes régulières, on tient mieux le cintre et on peut plus facilement développer toute sa puissance. La position semble aussi un poil plus aérodynamique. C’est purement subjectif et nous n’avons pas réalisé de mesure mais quand même.

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-1En descente ou dans les côtes raides et techniques, les Spirgrips ne sont d’aucune utilité, mais leur positionnement sur le cintre leur permet tout simplement de se faire oublier dans ces circonstances. Et c’est bien ce qu’on leur demande. Avec eux, aucun risque d’accrocher un arbre car ils ne sont pas proéminents ni situés à l’extrémité du cintre. Autre petit avantage intéressant : on parvient toujours à freiner en cas de besoin avec les Spirgrips.

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-10Ils ne gênent pas non plus ceux qui, comme nous, pilotent avec les mains très à l’extérieur du cintre en descente. Le tableau est donc assez idyllique et nous leur avons trouvé seulement deux petits défauts : comme ils sont creux et en aluminium, ils sont très froids au contact en hiver, et certains de nos testeurs ayant de plus grandes mains les ont trouvés un peu courts. Idem quand on porte de gros gants chauds.

Verdict

Spirgrips-test-cornes-vtt-Copyright_Olivier-Beart-Vojomag-5On ne s’y attendait pas du tout, mais nous avons eu une véritable révélation en testant les Spirgrips. Nous étions très sceptiques, mais ce test nous a montré une fois de plus combien les a priori peuvent être dangereux. Si nous nous étions arrêtés au stade de l’observation, nous n’aurions pas découvert toute la pertinence de ces petits accessoires qui raviront aussi bien les randonneurs que les compétiteurs amateurs de longues distances. En tout cas, de notre côté c’est sûr, ils nous accompagneront sur le Cape Epic et ils ne quitteront plus notre vélo de XC/Marathon !

bloc-test_cornes_SpirgripsLien utile : www.spirgrips.com