Roc Marathon
cœur de l'équipe Topeak-Ergon

Sport
8 octobre 2016 — Olivier Béart

A l’occasion du Roc Marathon, l’équipe Topeak-Ergon a invité un de nos lecteurs à découvrir l’épreuve d’une manière unique, au coeur même du team, comme assistant-mécanicien d’un jour pour Alban Lakata, Christian Hynek et Sally Bigham. Nous avons suivi Benjamin dans cette aventure unique dont il est le héros. Et il y a fort à parier qu’après l’avoir vécue à ses côtés, vous jetterez un autre regard sur ce genre de course !

Benjamin est lecteur de Vojo et fan de marathon. Deux qualité qui lui ont permis, après nous avoir remis une fort belle candidature illustrée de photos humoristiques, d’être l’heureux invité du team Topeak-Ergon pour suivre le Roc Marathon d’une façon un peu particulière, en étant purement et simplement incorporé au staff le temps d’un week-end ! La veille de la course, nous faisons connaissance avec l’heureux élu, qui est présenté illico au manager de l’équipe, Dave (au centre de l’image principale), en train de prendre un petit café sur le stand Canyon.

Jeudi soir : la découverte

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-7Sans plus attendre, on prend la direction du camping où loge l’équipe, histoire de voir comment se préparent les athlètes la veille d’une course. Vous pensiez qu’ils prennent leurs quartiers dans un 5 étoiles ? Eh bien non, ils sont comme vous, dans de petits logements confortables mais modestes. Au même endroit, on trouve aussi d’autres coureurs de renom comme Florian Vogel ou encore le team Centurion-Vaude.

Benjamin est briefé par Dave, qui lui fait faire le tour du propriétaire…

Pendant ce temps, Sally Bigham est au massage, Alban Lakata se repose et Christian Hynek, très détendu, passe un long moment à discuter avec Benjamin qui lui pose un paquet de questions sur son alimentation avant, pendant et après la course.

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-10De son côté, le mécano du team démonte entièrement les vélos pour s’assurer que tout est en ordre.

Benjamin est impressionné : “Nous, on nettoie le vélo, on remet un peu d’huile et c’est bon. Ici, tout est hyper optimisé, rien n’est laissé au hasard. C’est fou, je ne m’imaginais pas que c’était à ce point là.” Les plus attentifs auront aussi noté que l’homme aux doigts d’or grâce auquel les vélos tournent comme des horloges est aussi amateur de breuvages bien sympathiques. A moins que ce soit un secret de coureur ? Bon, il est temps de plier bagages et d’aller prendre un peu de repos. Demain, une longue journée nous attend.

Vendredi, 7h30, l’avant-course

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-19Il est 7h, le Roc s’éveille (air connu). Enfin, pour être plus précis, tout le monde est déjà debout depuis un bon bout de temps ici !

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-20Sally Bigham et Alban Lakata s’échauffent déjà. Ils se sont levés à 5h30 pour manger et se préparer puis, explique Dave, “ils passent entre 20 et 35 minutes sur leur home-trainer. Par contre, Christian Hynek préfère partir sur la route”.

L’heure avance ! Hop, on range tout ça dans le camion, un dernier encouragement et on y va ! “Sally, tu es prête ?” lance Lakata !

8h00, c’est parti !

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-41C’est à ce moment que nos chemins se séparent. D’un côté, les coureurs prennent place sur la ligne de départ.

Alban Lakata est hyper concentré, alors que Christian Hynek se montre plus détendu. Mais les deux nourrissent de grandes ambition sur cette épreuve qu’ils affectionnent.

De son côté, Benjamin prend place dans la voiture de l’équipe avec Dave et le mécanicien. Dans le coffre, c’est plein à craquer de matériel. Côté bande son, c’est Black Sabbath et Motorhead en provenance directe du téléphone de Dave. Yeah !

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-40Alors que les coureurs viennent de prendre le départ, Benjamin est déjà mis à contribution pour porter les sacs et mettre en place la première zone d’assistance. Il s’intéresse de près aux jantes et aux pneus utilisés. “Tout le monde roule en carbone dans le team ? Et vos gommes là, ce sont les mêmes que dans le commerce ? “

Au-delà des pneus et des roues de rechange, qui sont marqués au nom de chaque coureur, l’équipe emporte pas mal d’autres pièces : tige de selle, chaîne,… “avec l’expérience, nous savons quoi emporter et quelles sont les pièces les plus susceptibles de casser, notamment en cas de chute.” Chaque mécano range soigneusement son matériel selon ses habitudes.

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-60Ca y est, les coureurs arrivent ! La technique est bien rodée et le passage des bidons se déroule sans le moindre incident, même si ça crie parfois un peu. “Regarde bien Benjamin, parce qu’au prochain ravito, je vais te mettre à contribution,” lance Dave.

Peu après les hommes, Sally Bigham déboule, et elle est en tête chez les Dames. Juste après son passage, pas question de trainer une seule seconde, il faut tout ranger illico !

Le Roc est une course plutôt facile à suivre, mais il faut composer avec les embouteillages, les déviations… et la police

Dave nous explique, en marchant d’un pas rapide vers sa voiture, que “le Roc est une course plutôt facile à suivre car les distances à parcourir entre les points d’assistance n’est pas énorme. Par rapport à un Transalp où il faut sprinter pour ne pas se faire doubler par les coureurs, c’est plus relax. Par contre, il faut composer avec les embouteillages, les déviations… et la police ici. Ca arrive souvent qu’on se prenne des amendes pour mauvais stationnement, mais chuut.”

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-64Quand nous arrivons à la voiture, le mécano part à vélo vers un point d’assistance stratégique mais inaccessible en voiture. “Il va rouler avec tout ça sur le dos ?” demande Benjamin, visiblement surpris.

9h00, 2e point d’assistance

De notre côté, nous sommes plutôt à l’aise. L’arrivée des coureurs n’est pas prévue avant une grosse demi-heure. Dave est à présent seul avec Benjamin, et il n’hésite pas à le mettre à contribution. Avec une petite récompense à la clé : miam les bons croissants !

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-68Ca y est, la tête de la course arrive, avec le célèbre membre du team Ricard et son vélo à 4 roues. Une rumeur nous a appris par la suite qu’il sera disqualifié pour une obscure histoire d’aide extérieure…

Pendant ce temps-là, la tête de la course, la vraie, arrive. Julien Trarieux est en tête avec Carabin et Medvevev, mais Alban Lakata n’est pas loin. Signe de la bonne ambiance qui règne en marathon, on découvre que l’équipe Topeak-Ergon assure aussi les ravitaillements pour les concurrents de chez Centurion-Vaude. “C’est vital de s’entre-aider. On est rivaux sur la piste mais pas en-dehors, et une course ne doit pas se gagner sur ce genre de chose”.

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-73Aïe, Christian Hynek arrive et il a crevé ! “J’ai réparé mais j’ai perdu pas mal de temps. C’est mort pour la victoire, je préfère changer”.

Benjamin se précipite pour leur prêter main forte, ce que Christian Hynek apprécie visiblement beaucoup. Loin de se presser, vu qu’il n’y a plus grand enjeu, il prend le temps de remercier le staff avant de repartir. “Good job guys !”

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-77Les écarts avec Sally Bigham grandissent, et elle arrive une bonne demi-heure après les premiers hommes. “C’est un peu plus compliqué à gérer que d’avoir une équipe 100% masculine, mais Sally est un élément fondamental dans l’équipe. Chez nous, hommes et femmes sont sur un pied d’égalité. Ils roulent sur les mêmes parcours, les mêmes distances, et donc ils ont droit au même traitement”, ajoute Dave.

10h30, l’assistance au-milieu de nulle part

Malgré quelques embouteillages, le sourire ne quitte pas le visage de notre hôte. “On ne va pas au Bougnon, je vous emmène dans un petit coin perdu au bout d’un lotissement. Avant on était seuls dans le coin, maintenant il y en a d’autres qui vont là aussi.” 

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-80Le rituel est déjà bien rodé et Benjamin sait déjà ce qu’il a à faire. En posant les roues, il demande : “Tiens, vous pouvez aller où vous voulez pour assister les coureurs ?” 

En marathon, c’est d’une importance capitale de connaître ses coureurs et de savoir quand ils peuvent avoir besoin de nous

En fait, normalement, non, mais le Roc est une exception, comme l’explique le team manager : “C’est un marathon USI World Series, mais l’épreuve est tellement importante, avec des milliers de personnes, que c’est presque impossible de fixer des zones comme sur les autres courses. Et je trouve que ce n’est pas plus mal. Ca permet de faire parler l’expérience et de jouer aussi un peu sur la stratégie. En marathon, c’est d’une importance capitale de connaître ses coureurs et de savoir quand ils peuvent avoir besoin de nous”.

Pendant l’attente, chaque minute est mise à profit. Là, c’est le pneu “mêché” de Christian Hynek qui est changé, pour que la roue soit à nouveau prête en cas de pépin. On assiste aussi au passage de quelques visages connus, comme Jordan Sarrou, en pleine reconnaissance en vue de la course du dimanche.

La tête de la course passe et, non loin derrière, Alban Lakata entame sa remontée.

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-90Dave est aux anges : “C’est sa course préférée, et il est hyper fort sur la fin des épreuves. Je sens qu’il peut gagner là.”

Directement, il charge Benjamin d’une mission capitale : mesurer les écarts avec les poursuivants. L’info est directement envoyée par sms à d’autres membres de l’équipe, postés un peu plus loin sur le parcours et qui vont pouvoir informer les coureurs.

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-94Pour Chistian Hynek, le mode “rando – entraînement” est activé. Il terminera quand même haut dans le classement…

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-83En attendant Sally, on vérifie la pression des pneus. Benjamin s’intéresse et veut s’inspirer de leur expérience. “Les gars roulent avec 1.7/1.8, alors que Sally, c’est plutôt autour de 1.5 bar,” nous dit-il après avoir espionné le manomètre.

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-96Au passage de la championne d’Europe, Benjamin est cette fois en “mission banane”. “Sally aime souvent manger quelque chose de frais et naturel en fin de course. Tends-lui cette banane ouverte et si elle a envie, elle la prendra”, explique Dave. Benjamin s’exécute, mais elle ne la prend pas. “No, thanks, I’m good Ben !”

Une dernière précaution avant l’arrivée

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-97Les hommes sont déjà loin. Dave ne sait pas encore qu’Alban Lakata termine finalement 2e… car son problème du moment, c’est de trouver une place de parking pour porter une dernière fois assistance à sa protégée. “Benjamin, je ne peux pas m’arrêter ! Prends les roues dans le coffre et un multi-outil. Quand tu vois Sally, tu lui demandes si tout va bien, et je sais que tu sauras faire le nécessaire pour l’aider en cas de pépin.” Notre lecteur est un peu déboussolé mais sans trop réfléchir, il saute hors du véhicule et s’exécute. Mais tout va bien pour la plus rapide des marathoniennes du jour.

Sur la ligne, nous la retrouvons tout sourire en train d’échanger quelques mots avec la deuxième dame du jour, Tanja Zakelj. On en termine avec le sentiment du devoir accompli avec une petite photo souvenir : “Thanks Benjamin for the great support !”

roc_marathon_2016_topeak_ergon_canyon_copyright_obeart_vojomag-100A l’issue de cette journée, notre homme ne repart pas les mains vides: un kit de poignées Ergon et des pneus Continental Race King en version “Team” lui sont offerts. “J’ai vu que tu t’intéressait beaucoup à la technique, je crois que tu vas apprécier”, lui dit Dave en le remerciant d’une tape sur l’épaule. Quant à Benjamin, quand nous lui demandons ce qu’il a retenu de cette journée, il nous sort spontanément : “C’était vraiment exceptionnel, j’ai trop de choses dans la tête pour vraiment dire ce que je ressens. Mais en tout cas, maintenant, je sais que ça représente pour mon père quand il me suit sur les courses. Il doit en ch… parfois. Aujourd’hui, je sais mieux ce que cela représente. C’est juste énorme…”

Envie de poursuivre l’aventure ? Retrouvez notre grand portfolio du Roc Marathon 2016 ici : www.vojomag.com/roc-marathon-le-hold-up-parfait-de-julien-trarieux