Souvent critiqués et rarement présentés, les juges des Crankworx et des évènements FMB passent, au mieux, inaperçus et se retrouvent au centre de la tourmente quand les notes sont discutées. Pour en savoir plus sur ce job atypique, nous avons suivi Pierre-Edouard Ferry pendant son week-end de Crankworx en Nouvelle-Zélande. Le français officie comme juge sur ces évènements depuis plusieurs années au milieu d’athlètes qu’il connaît bien. Suivez le guide et retrouvez notre vidéo en fin d’article :

La journée d’un juge FMB sur une étape diamant du freeride world tour commence, comme pour les riders, par la reconnaissance du parcours. Avant même que les riders n’arrivent, il est important pour les juges d’appréhender les difficultés visibles, les sauts, mais aussi celle moins visibles : la texture du terrain, l’exposition au vent etc…

En Nouvelle-Zélande, le tracé est signé du nom de Kelly Macgarry, l’emblématique free-rider apprécié et tous et disparu trop tôt.

Comprendre les transitions, les portions les plus techniques, les obstacles « faciles », voilà tout ce qu’il faut appréhender pour juger au mieux les performances des pilotes. La discipline a aussi son jargon et PEF part à la recherche des « bangers », les plus gros tricks, les plus belles figures réalisées pendant les runs.

Connaître le tracé est une chose, mais connaître les riders en est une autre, pas moins importante. PEF connaît la majorité d’entre eux et il est également important de connaître leurs profils pour les noter au mieux. Les aider dans l’élaboration de leur run fait également partie du rôle du juge. Inutile d’aller vers l’inutile ! Du côté des pilotes, si tout le monde cherche à optimiser son run, certains restent plus secrets que d’autres en conservant des « banger » dans leurs sacs.

Du côté de ses petites astuces, PEF note, ou mémorise, le pied « fort » de chaque rider. L’objectif est de pouvoir évaluer si, sur une rotation, le rider tourne de son côté « facile » ou de son coté « opposé », « goofy » ou « regular ». Pendant la compétition en elle même, les trois juges : Geoff Gulevich du Canada, Hank Dave d’Angleterre et PEF de France sont réunis derrière leurs grilles de notation et leurs écrans diffusant les runs. Chapeautés par Alexandre Dropsy, le « head judge », ils attribuent une notation individuelle avant de s’accorder.

Pour PEF, le coeur de son job commence en préparant ses « Steno », ses fiches de notations qui l’aideront à s’y retrouver au moment du contest. Concentrés derrière leurs écrans, immobiles quand la foule se déchaîne, ils décortiquent, sans complaisance apparente, les runs des riders. Au moment des délibérations, les juges se concertent, tentent de valoriser au mieux les performances et de couronner celui qui aura été le meilleurs parmi les meilleurs.

Retrouvez le replay du slopestyle de Rotorua qui a vu Nicholi Rogatkin être couronné, et rendez-vous au Gets poutr l’étape française du championnat :  www.redbull.tv/live/AP-1Q849CC7S1W11/crankworx

Vidéo et montage : Bérengère Boes. Photos : Bérengère Boes & Crankworx