Si Coluche racontait “l’histoire d’un mec”, nous avons eu envie de vous raconter… l’histoire d’un pneu ! Cela peut paraître bête mais il y a parfois des composants auxquels on finit par s’attacher, à force de faire des bornes et de vivre des aventures ensemble. C’est le cas d’un Hutchinson Taipan qui, un beau jour de mars 2015, s’est retrouvé un peu par hasard entre nos mains. Déjà bien usé et abusé par son précédent propriétaire, il a commencer par nous dépanner avant d’encore nous accompagner pendant plusieurs milliers de bornes sans jamais vaciller. Avant de le laisser goûter à une retraite bien méritée, nous avions envie de lui écrire ces quelques mots.

hutchinson_taipan_b_copyright_obeart_vojomag-13Salut Hutch ! Depuis le temps qu’on se connaît, tu permets que je t’appelle comme cela ? Tu te souviens, la première fois qu’on s’est rencontrés ? Eh oui, c’était à la toute fin de l’hiver 2015. Tu trainais au fond de la bagnole de Simon André. Il t’avait déjà bien testé et tu avais déjà quelques belles cicatrices. Mais tu nous as bien dépannés, parce ce jour là, en plein milieu des Cévennes, on n’avait pas arrêté de crever avec un pote à toi, un certain Nic à peine renforcé et pourtant monté sur un bike d’enduro.

Trans_Cevennes_Reco_2015_b_Copyright_OBeart_VojoMag-1On en avait marre, tous les 3 ou 4km on devait s’arrêter pour regonfler et on ne pouvait pas se lâcher dans les descentes. Alors Simon nous a dit “tiens, prends ce vieux Taipan, tu verras, normalement c’est plus solide”. Au début on s’est posé des questions. Ben oui, t’avais déjà une drôle de tête. Des crampons un peu usés. Un marquage plus très frais. Mais bon, on a tenté le coup. Et depuis, on ne s’est plus quittés.

Il faut dire que j’aime bien le 29 pouces. Tous mes vélos perso ont des grandes roues. Au début, ça a un peu aidé : t’étais mon seul pneu en 27,5”. Alors je te gardais précieusement, en dépannage. Au cas où. Pour me sauver une nouvelle fois d’un montage un peu light sur un vélo de test. Puis, est arrivé mon premier vélo en 27,5″ : un Devinci Troy. Qui a ensuite fait place à un Django. Forcément, j’avais besoin de pneus. Et j’ai directement pensé à toi ! Je me suis souvenu que, dans les Cévennes, tu avais tenu sans souci pour la suite de notre trip.

hutchinson_taipan_b_copyright_obeart_vojomag-8Puis, j’ai aussi commencé à bien apprécier ton comportement. Enfin, on sent bien que tu préfères clairement la roue arrière ! Une fois, j’ai essayé de te faire passer devant et tu m’as vite fait comprendre que ce n’était pas ta tasse de thé. Sur les cailloux bien secs tu joues le jeu, mais je me souviens aussi quand tu m’as envoyé par terre à la première pluie. Mais je ne t’en veux pas : entre amis, mieux vaut se dire les choses franchement. Et je t’ai fait repasser sur l’arrière-train.

Puis surtout, et c’est sans doute ce qui a permis à notre relation de durer aussi longtemps : tu n’as jamais crevé ! Jamais !

Bruno, Majid, Paul, Nico, et j’en oublie : il n’y a pas qu’avec moi que tu t’es bien marré. Les testeurs du mag t’ont fait voyager aussi : Alpes, Pyrénées, retour dans les Cévennes, Vosges, Ardennes,… t’as enfilé les bornes comme des perles. Puis surtout, et c’est sans doute ce qui a permis à notre relation de durer aussi longtemps : tu n’as jamais crevé ! Jamais !

Pourtant, en faisant un rapide calcul, on a dû faire quelque chose comme 2500 bornes ensemble. Peut-être même 3000 ! En usage plutôt enduro en plus. Sans compter tout ce que tu avais fait avant avec Simon. Et le connaissant, il n’avait pas été tendre non plus avec toi. On a même explosé des jantes ensemble, tu te souviens ? Mais tu n’as jamais crevé ! Jamais ! Et ça, c’est assez rare pour être souligné, surtout que même si tu n’es pas une ballerine, on ne peut pas dire que tu sois un poids lourd non plus avec tes 860g. Pour tout te dire, depuis 18 ans que je fais du vtt, je ne me souviens pas avoir eu un pneu avec lequel j’ai autant roulé et qui n’a jamais crevé. Alors, j’ai peut-être eu de la chance, mais quand même. Ca mérite bien d’être souligné.

Forcément, maintenant, t’es un peu usé. Enfin, non… ne tournons pas autour du pot : tu es en fin de vie. Tes crampons sont complètement usés au centre et déchirés sur les côtés, ta gomme est durcie par les changements de température et ta carcasse lacérée par des dizaines de petites coupures. A l’intérieur, c’est pas mieux avec tout ce latex séché digne d’un mauvais trucage de film d’horreur.

hutchinson_taipan_copyright_obeart_vojomag-3Aujourd’hui, tu l’as bien mérité : tu vas prendre ta retraite. Mais, accroché sur un des murs de l’atelier, tu me rappelleras encore longtemps les souvenirs de toutes ces sorties passées simplement à s’amuser, sans craindre de galérer.

Si vous voulez vous replonger dans l’ambiance de notre rencontre avec ce pneu dans les Cévennes, n’hésitez pas à poursuivre votre lecture par cet article : www.vojomag.com/decouverte-trans-cevennes-laventure-all-mountain

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