Passionnée de vélo, Déborah Motsch parcourt insatiablement tous les sentiers qu’elle peut trouver. En France ou à l’autre bout du monde, ce n’est pas la distance ni les voyages qui vont la stopper, bien au contraire. En solitaire ou avec des amis, elle vit sa passion pour le vélo. Aujourd’hui, elle se replonge dans une aventure vieille d’une année en Nouvelle-Calédonie qui l’a amenée à découvrir un dérivé du woofing pour les riders ! 

“Au Giromagny Enduro Team, c’est bien connu, on adore les escapades, la découverte et toutes les opportunités qui se présentent au détour des sentiers. Pendant la « Trans NZ Enduro », une course d’enduro à laquelle j’ai pris part pendant mon voyage en Nouvelle-Zélande, j’ai rencontré une bande de 8 riders venant tout droit de Nouméa. Ils me faisaient rêver en me parlant de leurs spots. La même semaine à Queenstown, je croisais mon pote Nico, puis PEF (Pierre-Edouard Ferry), qui me parlent exactement du même endroit. Il y a des signes qui ne trompent pas, c’est décidé, je prends mes billets pour Nouméa !

Le 29 avril 2016, je me retrouve à l’aéroport d’Auckland avec une bande de 3 copains : Nico, Florian et Obi. C’est parti pour deux semaines en Nouvelle-Calédonie ! Dès l’atterrissage, le changement de décor est saisissant, on est en plein milieu de la pampa, il fait hyper chaud et humide. Olivier vient nous chercher avec un gros pick-up, en mode américain. Direction Ouenghi à 1h au nord de Nouméa, dans la brousse.

Les dernières minutes en pick-up ont été quelques peu mouvementées sur des pistes cabossées. Pioupiou, le gestionnaire de la propriété nous accueille. 5 maisonnettes au milieu d’une végétation tropicale et verdoyante nous attendent, au pied des montagnes. À côté de la pumptrack construite par PEF, le décor est planté !

deborah-motsch-ride-nouvelle-caledonie-2016-vojo-paul-humbert-29J’apprends qu’en Nouvelle-Calédonie, l’enduro se développe depuis seulement 2 ans. Une association, Ouenghi Sports Aventures a été créée en 2014 pour faire bouger les choses. Le président, Heremena Malmezac a mis sa propriété agricole à disposition pour faire un bike-park. Vous y croyez vous ? 1000 hectares pour construire un terrain de jeu, faire des pistes de vélo à gogo, où on veut ! Dès la première année, une équipe de 3 « kiwis » (dont Nico) ont passé un mois à la propriété pour tracer et construire des pistes d’enduro. Le Ouenghi Bike Festival s’est organisé dans la foulée, avec un enduro comme épreuve phare, mais aussi un prologue nocturne en ville la veille.

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Notre semaine s’est déroulée sur le même principe que le « woofing » (ou wwoofing) : on passe nos journées à shaper, en échange d’un logement et de repas. La première nuit est plutôt mouvementée, on est deux à se réveiller avec un œuf à  la place d’un œil, merci les insectes et les moustiques…Je préfère d’ailleurs ne pas savoir ce qui m’a piquée !

Allez hop, on charge pelles, pioches, tronçonneuses et râteaux dans le quad. On commence notre journée par 20 minutes de quad façon Indiana Jones à traverser les rivières et à grimper des pentes hyper raides, c’est super cool ! Par contre je fais moins la maligne quand on commence à s’aventurer dans la forêt remplie de toiles d’araignées énormes…tout comme les araignées qui les garnissent ! Elles font la taille de ma main, mieux vaut regarder où on met la tête (et les pieds) quand on marche !!

Un sacré travail a déjà été fait sur les pistes. Les bénévoles sont très actifs et viennent renforcer l’équipe des kiwis quasiment tous les week-ends. Il y a une dizaine de pistes enduro dont une jump line et une pumptrack. Les spéciales font entre 10 et 20 minutes avec 500m de dénivelé négatif pour la plus longue. Chacune a son petit nom, choisi avec attention par les shaper. Ça fait vraiment plaisir de voir tout cet engouement autour de la pratique du VTT. Grâce à cet investissement, la discipline commence à se faire connaître et regroupe 70 participants à chaque événement. Pas si mal pour le pays du kite-surf et de la plongée !

deborah-motsch-ride-nouvelle-caledonie-2016-vojo-paul-humbert-30De notre côté, certains jours nous travaillons à l’entretien des pistes, et d’autres, on construit de nouveaux trails. Le domaine est si grand qu’on a l’embarras du choix pour créer nos tracés. C’est un peu la même sensation que lorsqu’on est en haut d’un champ de poudreuse et qu’on se demande où passer ! J’apprends à construire des virages relevés et des sauts en suivant les mouvements de terrain pour optimiser au mieux le dénivelé. Il nous est même arrivé de construire une courte piste et de la rouler le soir même. Le plaisir est encore plus grand ! Nos journées de shape se terminent aux alentours de 15h, ce qui nous laisse du temps pour profiter des rivières, d’un tour de pumptrack, ou de bicyclette.

Ça monte raide par ici, il fait vraiment chaud on est rapidement trempés ! Mais plus on monte et plus la vue et les descentes seront belles. C’est sur un terrain sec et de la terre rouge que passent la majorité des pistes. Il n’est pas rare d’entendre ou même de croiser des cerfs, il y en a plein la propriété. La vue est exceptionnelle, on surplombe toute la jungle bordée par l’océan pacifique, d’ailleurs, il me tarde d’aller le voir de plus près !

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Chaque soir, nous sommes accueillis comme des rois par Pioupiou. Il nous cuisine des repas succulents, souvent à base de viande toute fraiche, chassée dans la semaine. Il a toujours la petite blague qui va bien et ne manque pas de nous raconter quelques anecdotes sur l’histoire de la Nouvelle-Calédonie.

C’est bien beau de parler de bicyclette, mais il commence tout de même à me démanger d’aller voir ce qui se passe du côté des lagons ! Pour nos deux jours de congés, on décide de descendre à la « ville », à Nouméa. Un ami de Nico et son fils nous proposent de nous emmener pour une virée en bateau sur un îlot. 1h de bateau plus tard, on se retrouve au milieu des lagons bleu turquoise. Ouah ! Les locaux enfilent une combinaison de plongée et s’équipent de lances pour partir à la pêche. Nous, on se contente de palmes, masques et tubas pour aller se balader en surface. D’habitude je ne suis pas trop fan de l’eau, mais là, il n’y a pas à chipoter, c’est génial ! Une fois la tête sous l’eau chaude et translucide, on se croirait dans un aquarium géant. Il y a des bancs de poissons partout ! Des anchois, des « Némo », des poissons zèbres, des poissons discothèques, c’est tellement classe !

Une fois la chasse finie, notre guide amarre le bateau à une cinquantaine de mètres de l’îlot. Après plusieurs aller-retours pour tout décharger, nous voilà fin prêts à camper là-bas. J’ai du mal à croire ce qui m’arrive. C’est vraiment trop chouette. On cuisine le poisson cru fraîchement pêché: de la loge bleue, du saumoné, et du perroquet. Le tout est mariné au citron et assaisonné de soja, de tomates et d’oignons verts. Je donnerais n’importe quoi pour en remanger tellement c’était délicieux ! Pour le dessert, on a eu droit a un couché de soleil magnifique, allongé sur la plage de sable fin.

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Le lagon est la carte de visite de la Nouvelle-Calédonie, mais les possibilités pour le VTT sont infinies dans ces superbes montagnes. Ce voyage en Nouvelle-Calédonie était totalement imprévu, et une nouvelle fois j’en ai pris plein les yeux ! J’ai eu la chance de découvrir un spot exceptionnel et surtout de rencontrer des gens passionnés et très accueillants.”

Un grand merci à toute l’équipe d’Ouenghi : Olivier, Patrick, Pioupiou, Eric, Benjamin, Benoit, Fabien, Nico, Flo, Obi, Ben et tout les autres

Texte : Déborah Motsch | Crédits photos : Riders NC – Eric Manoukian