Jenny Rissveds et bien d’autres nous feront mentir, mais ce n’est pas en Suède qu’on imagine la scène VTT comme étant la plus active. Pourtant, en répondant à l’appel de Benjamin de POC France, nous avons eu l’occasion de découvrir une culture du sport particulièrement intéressante dans les bureaux de la marque qu’on connaît principalement pour ses protections. Quand le design rencontre des impératifs stricts de protection du sportif et qu’on prend quelques heures pour découvrir la dynamique de l’équipe dans les bureaux de Stockholm, on ne peut qu’être impressionné et séduit. Plongez-vous avec nous dans l’univers POC !

poc-visite-stockholm-2016-vojo-paul-humbert-12Au moment de quitter la zone euro pour quelques heures, nous prenons conscience que la Suède reste pour nous aussi énigmatique qu’attrayante. On connaît le pays pour l’apport de son design à de nombreux univers, son image de pays  « progressiste » en matière d’éducation, sa culture de «l’outdoor » et quelques autres clichés folkloriques sur les pays scandinaves.

poc-visite-stockholm-2016-vojo-paul-humbert-41Dans les rues ensoleillées de Stockholm, on se sent tout de suite très à l’aise. Les artères sont calmes, de nombreuses sont piétonnes et une grande place est faite à la circulation à vélo. En approchant du bureau de POC, on repère des cyclistes habillés exclusivement des vêtements de la marque, pas de doute, on y est !

Dans de grands bâtiments industriels réhabilités, on pénètre dans des locaux qui feraient rêver tout amateur de design. L’open space est grand, lumineux, la décoration reprend discrètement tout ce qui fait l’univers de la marque et le calme règne. On pourrait se croire dans les locaux d’une start-up californienne comme elles sont souvent représentées, mais notre visite nous donnera le sentiment que POC travaille dans une autre dynamique.

On attrape un morceau à grignoter et on commence le tour des locaux. Plutôt qu’une visite formelle, on nous laisse simplement vagabonder entre les bureaux. Une grosse vingtaine de personnes sont présentes dans l’open space et quelques bureaux et salles de réunion occupent l’étage. Entre les ordinateurs, on repère des gadgets, des souvenirs, des éléments de décoration ou des outils, on ne sait jamais trop. Entre les schémas du crâne humain, des palettes de couleur et des « mood-board », on prend la température. Le cadre de travail est sympathique mais le sujet mérite de l’attention.

poc-visite-stockholm-2016-vojo-paul-humbert-29La grande question qui nous vient à l’esprit au fil de notre journée pourrait ressembler à ça : « Entre un design attractif et le sérieux de la protection, qu’est-ce qui va primer pour POC ? » En posant de manière aussi évidente la question, on nous répondra sans doute qu’aucun aspect ne prime sur l’autre. Le fait est qu’après avoir écouté tout le monde parler, nous n’arrivons pas à nous décider. Cela abonde dans le sens de la marque et on finit par la croire. Ne voyez pas en nous d’éternels sceptiques mais quand, à l’heure des grands discours marketing, deux valeurs sont mises en exergue de la sorte, on devient curieux et on a envie d’y croire, mais pas sans avoir au moins essayé d’en savoir plus.

Une mission : protéger 

poc-visite-stockholm-2016-vojo-paul-humbert-18C’est, assez logiquement, le créateur de la marque, Stefan Ytterborn, qui s’adresse à nous au moment de nous présenter l’histoire de la marque POC. Pour lui, tout a commencé par des années de ski puis par la venue au sport de ses enfants. En les voyant s’élancer et chuter, le plus souvent sans casque, il prit peur. Nous parlons d’une époque pas si lointaine où le casque n’avait pas franchement la cote. Les technologies évoluent, les sports de montagne sont de plus en plus accessibles et les niveaux de protection des équipements censés protéger ne sont pas toujours très… hauts ! Pourtant, celui qui est encore aujourd’hui à la tête de l’entreprise a foncé, bille en tête, pour tenter de proposer la meilleure protection. Parallèlement à cela, il a, dès ses premiers mois de travail, tenté de concevoir une entreprise dotée d’une approche « humaniste » sans avoir comme seul but de supporter l’économie de marché. Pour dire les choses plus simplement, Stefan Ytterborn avait envie de servir à quelque chose et d’en améliorer d’autres.

poc-visite-stockholm-2016-vojo-paul-humbert-14« Comment construire le casque le plus sécurisant possible ? On le fait très large. Mais ça ne peut pas convenir, et c’est là que le challenge commence ! » Un bon casque doit apporter le plus de sécurité possible, mettre en confiance et minimiser les conséquences d’un accident.

Chez POC, la mission est la même pour tous les sports dans lesquels la marque est engagée : VTT, ski, snowboard, cyclisme. On nous informe également que les produits utilisés par les riders professionnels de la marque sont la copie conforme des modèles en production. Et quand on interroge la marque sur les tarifs des produits (POC s’est, dès le début, positionnée comme une marque haut de gamme), on nous répond très simplement : « Oui, POC est cher. Les investisseurs tentent de nous convaincre de vendre moins cher mais on sait jusqu’où nous pouvons aller pour réduire les coûts sans diminuer la sécurité. On pourrait tout diminuer mais on ne le fait pas. Nous avons une mission et on s’y tient. »

Pour POC, les choses se sont accélérées au milieu des années 2000. La marque a pris conscience de son savoir-faire et son champ d’action n’avait pas de raison de se limiter aux sports d’hiver. C’est la raison pour laquelle les Suédois ont investi le milieu du vélo. D’abord par le VTT « gravity », puis par la route en 2014 et maintenant par le VTT cross-country. Ce segment vient compléter une gamme large pour les VTTistes, en hiver comme en été. Pour les plus curieux, sachez que la marque continue de grandir avec le lancement actuellement d’une gamme « commuter » dédiée à la mobilité urbaine.

Peu importe la gamme, les objectifs sont les mêmes : éviter les accidents en maximisant la visibilité et en prenant en compte les différentes interactions possibles, protéger et absorber au mieux les chocs tout en assurant « l’après accident » en permettant une meilleure prise en charge des blessés après la chute (on pense notamment aux balises de sauvetage Recco qui intègrent de nombreux casques et vêtements de la marque). On peut facilement prendre à la légère ou se passer de certains éléments de cette équation mais, si on fait défiler les produits de la gamme POC en compagnie de ceux qui en sont à l’origine, on réalise que pour la totalité d’entre eux, la fameuse équation n’a pas été oubliée. Bien évidemment, quand il est question de textile, la protection peut sembler marginale mais on découvre des zones réfléchissantes, différentes matières utilisées pour éviter l’abrasion ou la déchirure, et de nombreux petits détails qui crédibilisent le discours de la marque. Des chaussettes aux casques en passant par les lunettes et les sacs à dos, on pourrait les écouter parler pendant des heures, mais nous vous invitons à découvrir vous-mêmes les produits de la gamme et à vous faire votre propre idée.

POC : Un design

Sur cette base plutôt saine vient se greffer l’autre moitié de l’ADN de la marque suédoise : son design. Piece Of Cake pourrait on rétorquer, mais nous sommes tous témoins de l’identité unique des produits POC. De la même manière, on connait tous des marques ayant du mal à figer leur identité visuelle. Derrière ces détails qui pourraient paraître anodins, on découvre un énorme travail fait en interne. Bien évidemment, on retrouve des similitudes avec le design suédois en général, qui fait partie de l’identité de la marque, mais aussi de nombreuses autres sources d’inspiration. C’est ainsi qu’on pense aux différentes cultures des sports dans lesquels la marque est impliquée. Elles s’entremêlent, parfois s’opposent, et elles sont une inspiration au même titre que les idées venant de l’industrie automobile, de la mode et d’autres sports dans lesquels la marque n’est pas présente.

poc-visite-stockholm-2016-vojo-paul-humbert-39Pour Amanda Dahllöf, le design de POC est réellement emprunt de l’identité du pays. En ce qui la concerne, c’est sur instagram ou pinterest, le plus souvent en dehors des milieux du sport, qu’elle part à la recherche de sources d’inspiration.

Entre harmonie, sobriété, impératif de visibilité et tendances, il est difficile de définir les bonnes couleurs pour les produits. Les idées sont inspirées par la nature mais également par le cyclisme dans le cas de la gamme cross-country. Les couleurs « fluo » sont éliminées des lignes « raceday » où les impératifs de visibilité sont moins grands. Pour les casques, le travail de design se fait en collaboration avec les ingénieurs car chacun doit penser à servir la cause de l’autre. Quand on se penche sur les coupes des vêtements, on apprend que l’influence de Manuel Fumic a joué son rôle dans le développement de shorts pour les pratiques XC que POC considère comme un gain de sécurité.

Quand vient le temps de quitter les bureaux en fin d’après-midi, nous sommes sous le charme de ce que nous avons pu découvrir. Bien évidemment le cadre et la bienveillance de nos interlocuteurs y sont pour beaucoup, mais nous avons tout de même le sentiment que les valeurs affichées par la marque sont partagées et que chacun y met du sien pour tenter de proposer des produits de qualité, performants, sécurisants et esthétiques. En vagabondant dans les bureaux, nous prenons également conscience qu’un grand nombre de femmes travaillent dans l’entreprise, se distinguant ainsi de beaucoup d’autres firmes du milieu. Et si le cadre ressemble, comme nous l’évoquions plus tôt, à une start-up californienne, la dynamique qui se dégage semble toute autre. Bien évidemment, tout le monde est là pour travailler mais la réflexion et le temps passé à concevoir les futurs produits de la marque semblent davantage valorisés que de simples heures passées derrière un écran d’ordinateur jusqu’à la nuit tombée.

Photo : Johan Haag

Photo : Johan Haag

Avant de sauter dans l’avion du retour, nous sommes conviés par la marque à un petit tour à vélo afin d’étrenner une sélection de produits de XC. Devant, cela roule vite et on s’y connait en vélo. Stefan Ytterborn nous accompagne même sur des sentiers dont de nombreuses villes rêveraient car c’est bien à 15 minutes de vélo du centre ville et du bureau de POC que s’étirent des kilomètres de sentiers. Tous plus ludiques les uns que les autres, on ne compte plus les dalles rocheuses et les mouvements de terrain appelant au jeu. S’il fallait une confirmation, chez POC, on sait de quoi on parle et on en parle bien ! De notre côté, on ne connait pas mieux la Suède, mais on connait mieux POC, et on a le sentiment que c’est assez lié.

Plus d’infos : http://www.pocsports.com

Redécouvrez notre présentation du système Recco : http://www.vojomag.com/news/eb2015-poc-2016-safety-first/