Direction les reliefs du Luberon pour partir à le découverte de deux bêtes : l’Intense Spider et l’Intense Primer. Ils offrent 115 ou 130 milimètres de débattement et sont classés dans la catégorie Trail/XC de la marque. Comment les distinguer ? Le premier est équipé de roues de 27,5 pouces et le second de roues de 29 pouces. Nous avons passé une journée à sauter d’un guidon à l’autre pour vous dresser une premier portrait des deux vélos. 

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbertLes deux vélos sont sortis cette année et partagent de nombreuses caractéristiques. Ils affichent tous deux l’ambition d’être la meilleure arme pour les sentiers ludiques ou l’excellente vivacité du vélo doit être égalée par ses capacités en descente. Sacré challenge ! Avec deux modèles très proches dans une gamme déjà bien fournie, il est parfois difficile de s’y retrouver au milieu de toutes les appellations produit.

Ce sont deux montages haut de gamme « Pro » en taille L que nous avons eu l’occasion de comparer pour essayer de tirer le portrait, où du moins de différencier ces montures. Il faut débourser 3998 euros pour le cadre du Spider (le kit « Pro » complet nécessite 7598 euros ) et 3998 euros pour le cadre du Primer (7898 euros complet avec le kit “Pro”).

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-31Vous qui avez l’habitude de nos tests, vous trouverez ici une manière un petit peu différente de procéder. Considérez qu’ici, vous pourrez découvrir nos premières conclusions après une prise en main réalisée sur deux terrains définis. Le premier, très sinueux, nous a permis d’évaluer la facilité de prise en main des vélos, la manière dont ceux-ci réagissent quand le pilotage doit être rapide et précis et le comportement des machines dans de la roche. Notre second terrain de test offrait un excellent grip et était plus vallonné. Nous avons jugé des capacités au pédalage du Spider et du Primer.

Construction

C’est bien connu, la Californie est le pays du carbone et c’est en toute logique que les fleurons de la gamme sont présentés dans ce matériau. Pour le Spider comme pour le Primer, on retrouve du carbone pour les deux triangles et l’avant est monocoque. Le basculeur haut est lui aussi en carbone. Pour les versions les plus chères, et c’est le cas ici, les cadres se voient assortis de la mention « SL » qui leur garantit d’être 300 grammes plus légers que les versions « non-SL » grâce à une construction plus fine, un carbone de meilleure qualité et une visserie en titane.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-15Sur les deux modèles, on retrouve des passages de câbles et de gaines en interne, une interface de fixation pour un éventuel dérailleur avant et deux vis de fixation pour un porte-bidon. Une protection est installée d’origine sous le tube inférieur et sur les bases.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-21Le Primer comme le Spider sont équipés d’une interface Boost avec un axe de roue arrière aux dimensions 148×12. Nous sommes donc en présence des dernières générations de cadre de la marque. L’Intense Carbine dont nous vous présentions le test il y a quelques semaines ne répondait pas encore à ce standard censé faciliter le travail des marques et rigidifier le vélo. Sur la balance, en taille L, le Primer pèse 12,4kg quand le Spider n’en affiche que 11,9 (sans pédales).

Suspension, cinématique, géométrie

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-19Les connaisseurs retrouvent la marque de fabrique d’Intense et sa cinématique dérivée du VPP, baptisée JS suspension en référence à Jeff Steber, le concepteur historique de la marque. Nous apprenons toutefois que le bureau de design et de conception Cero Design (à l’origine des dernières gammes Mondraker et, plus récemment, de sa propre marque UNNO pour laquelle nous vous préparons un reportage) est intervenu dans les dernières conceptions.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-11Ce système de suspension se veut ferme en début de course afin d’apporter une bonne plateforme de pédalage tout en accompagnant le reste de la course dans un second temps. Sur l’Intense Carbine que nous avons eu l’occasion de tester, nous avons fortement apprécié la première partie de la course de la suspension. Effectivement ferme, elle assure toutefois un bon grip et avant de s’ouvrir, elle offre un dernier coup de boost très appréciable quand des qualités de vivacité sont attendues du vélo. Nous avons toutefois un peu moins apprécié la fin de course, un petit peu trop linéaire.

Le programme semble être le même sur ces deux vélos. On retrouve deux basculeurs identiques à ceux des autre modèles. Celui du haut, en carbone, est en contact direct avec l’amortisseur et offre deux positions pour faire évoluer le débattement entre 115 et 130mm. Le basculeur bas, en aluminium, est au contact des deux triangles et de gros roulements. Un graisseur est intégré et une purge est possible.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-36Côté géométrie, les deux vélos sont proches mais pas identiques. Sur le Carbine, nous avions été impressionnés pas les bases de 451mm de long. Sur le Primer, la marque californienne a vu plus petit puisqu’elles mesurent 438mm. Sur le Spider, elles affichent 419mm.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-17L’angle de direction du 29 pouces est de 67,5 degrés et celui du 27,5 pouces est logiquement un petit peu plus ouvert avec 67 degrés. On reste là dans un équilibre en accord avec les attentes pour ce type de vélos. Le reach, en taille L, du Primer est de 453mm et celui du Spider est de 467mm. On ressent ici que la mode est à l’allongement des géométries mais rien n’est démesuré. Intense part donc sur de bonnes bases et ne commet pas de fautes.

L’équipement 

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-20Nous en aurons la confirmation plus tard, mais il n’y a que peu de fautes sur ces vélos. Côté équipement, on regrette toutefois qu’une potence de 70mm ait été installée sur le Primer (il est annoncé avec une potence de 50mm sur le site de la marque).

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-24Les deux vélos sur lesquels nous avons pu monter étaient équipés du montage « Pro » de la marque. Pas le plus haut de gamme, mais juste en dessous, il joue toutefois lui aussi dans la catégorie du «très haut de gamme ».

Le face-à-face le plus rigoureux aurait voulu que les deux vélos soient équipés de manière totalement identique mais ce n’a pas été le cas pour nous pour des raisons pratiques. Ainsi, on retrouve un groupe Sram Eagle 12 vitesses sur le Primer et une transmission X01 11 vitesses Sram plus « classique » sur le Spider. Des freins Sram Guide RS sont installés sur le 27,5 pouces quand les Level équipent le 29 pouces. Les suspensions sont toutefois identiques, tout comme les roues et les trains de pneus.

Sur le terrain 

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-32Direction les sentiers pour essayer de dresser le portrait de ces deux bêtes. Yvaral, en charge de la marque en France, nous présente et nous règle les machines. Il a sa préférence entre les deux vélos mais reste silencieux et tente de ne rien laisser paraître. L’ensemble de notre test a été réalisé avec l’amortisseur au maximum de son débattement, soit 130mm, ce qui nous semble le plus cohérent.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-30Nous commençons au guidon du Primer, le 29 pouces. Avec sa potence de 70mm, la position est longue et haute. On retire une entretoise et on retrouve une hauteur plus commune au niveau du poste de pilotage. La longueur de la potence demandera elle une plus grande période d’adaptation. La montée se fait au train et, toutes suspensions bloquées, on voit mal ce qui pourrait freiner ce vélo.

Dans la descente, on débloque tout et on file entre les arbres. La machine est vive, précise mais pas déroutante. La rigidité est grande, et c’est une marque de fabrique chez Intense, mais elle est bien maîtrisée. Le grip reste au rendez-vous et la lecture des petits chocs est très bonnes.

Quand dans la descente une bosse se présente, le vélo est une arme pour la gravir en quelques coups de pédale. Une fois vraiment échauffés, on a une grande aisance au guidon du vélo et on décolle sans sourciller. Adieu les a priori sur « les 29 » pour une pratique « fun ». Le vélo est performant mais également ludique.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-27Sur le même sentier, on a le sentiment d’être un petit peu plus incisif sur le Spider. Notre pilotage devient plus nerveux, on lance la roue arrière dans les appuis et on est bien plus actif sur le vélo. Dans les coups de cul, le Spider grimpe moins fort et on retrouve certaines sensations habituelles des vélos d’enduro.

En montée, le Spider grimpe bien, mais il reste un petit peu en retrait par rapport au Primer. Le groupe Eagle du 29 pouces pèse dans la balance, mais il n’est pas seul…

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-29Côté suspension, on retrouve sur le Spider le petit défaut du Carbine. La suspension est superbe dans sa première moitié et sublime le vélo de vivacité, mais la seconde partie de la course est plus linéaire et on va vite au fond du débattement sur les gros chocs. Coïncidence ou non, nous avons réparé deux crevaisons sur le Spider (à sa décharge, monté en chambres à air).

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-26Le Primer semble avoir un temps d’avance de ce côté-là. Si la première moitié de la course est identique, on ressent un plus grand support dans l’autre moitié du débattement.

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-33Dans l’après-midi, on change de boucle de test et on plonge dans les compressions des ocres du lubéron. On retrouve indéniablement nos marques sur le Spider qui est vraiment joueur et incite au mouvement. On a le sentiment d’aller vite mais le Primer est-il beaucoup plus lent ? Là, on en doute. Sur le 29 pouces, le pilotage est différent, plus moderne. On va vite, on file et il est facile de franchir les obstacles. Pourtant, le pilotage reste fun.

Verdict

intense-primer-spider-test-2016-vojo-paul-humbert-35Au moment de tirer quelques premières conclusions, nous discutons avec Yvaral. Après une journée, il ne cache plus sa préférence pour le Spider. Plus proche, dans sa philosophie, des vélos d’enduro qu’il a l’habitude de rouler, il retrouve ses marques et il s’exprime pleinement à son guidon lors de ses sorties courtes. « Quand je pars rouler, je n’ai pas toujours le temps et j’ai envie de me donner à fond et de rentrer épuisé. » Nous partageons son point de vue, on est à l’aise sur le vélo, on sent qu’on peut envoyer et pédaler de longues heures mais on retrouve le petit défaut du Carbine, un vélo existant depuis plusieurs années. Le Primer nous semble différent même si il est très proche sur le papier. Plus moderne dans sa philosophe, il est archi performant au pédalage et il arrivera à satisfaire les pilotes les moins techniques tout comme les bikers avertis s’ils font légèrement évoluer leur pilotage. Alors, au moment de choisir, la décision est difficile mais la machine aux grandes roues nous semble avoir un très léger temps d’avance…

Le site de la marque : www.intensecycles.com

Notre test du Intense Carbine : www.vojomag.com/test-intense-carbine-29-c-california-love/