Découverte | Couleurs d'automne au Québec #1 : St-Raymond et Shannahan

Nature
18 décembre 2017 — Olivier Béart

Juste avant l’arrivée des premiers flocons, Vojo, Orbea et Sram ont eu l’occasion de partir pour le Canada et d’emmener Yohan, un de nos lecteurs, à la découverte de quelques-uns des plus beaux sentiers de vélo de montagne du Québec en compagnie de ceux qui les ont créés et qui les entretiennent. Pour commencer le récit de cette aventure humaine que nous vous livrerons en plusieurs parties, nous vous emmenons à Saint-Raymond, un petit village situé au Nord-Ouest de la ville de Québec, ainsi que dans les magnifiques montagnes de Shannahan situées à quelques kilomètres de là. Attention, après avoir vu ces images, vous risquez d’avoir une irrésistible envie de traverser l’Atlantique !

Ah, le Canada ! Ses grandes étendues font rêver, et tout biker connaît les grands noms que sont Whistler, Squamish,… Mais il n’y a pas qu’en Colombie Britannique qu’on trouve des sentiers de rêve ! La province du Québec est aussi une authentique petite pépite en matière de sentiers, même si elle est encore moins connue actuellement.

Si vous ajoutez à cela que nous avons choisi la fin de l’automne et de la fameuse “saison des couleurs” pour y aller, vous imaginez aisément que l’aventure peut vite prendre des allures de conte de fées.

Cela faisait un moment que nous avions envie d’ouvrir nos horizons de ce côté et, en collaboration avec Orbea et Sram, nous avons monté ce projet, avec pour but non pas de partir seuls prendre du bon temps, mais d’emmener un de nos lecteurs partager cette expérience unique avec nous. Justement, avant de rentrer dans le vif du sujet, laissez-nous vous présenter notre joyeuse bande :

Les acteurs

La star, c’est lui : Yohan Garcia. Cordiste de profession, il passe sa vie en hauteur à mener à bien des chantiers périlleux. Son métier requiert une forme physique au top et les 8 jours de vtt intensifs prévus lors de notre trip au Québec ont peu de chance de le faire exploser en plein vol. Sportif éclectique, il pratique le VTT purement pour le plaisir… ce qui ne l’empêche pas d’avoir un (très) bon coup de guidon ! Son expression favorite ? “Enorme !” 

Heureux comme un gosse, Yohan a mis quelques jours à vraiment réaliser qu’il ne rêvait pas et son expression favorite n’a quasiment jamais arrêté de sortir de sa bouche en découvrant, les uns après les autres, les lieux magiques dans lesquels nous avons eu la chance de l’emmener. Pour en profiter au maximum, en plus du voyage, notre “package” incluait également le prêt d’un Orbea Occam TR spécialement équipé par Sram et RockShox et dont vous pouvez retrouver le montage détaillé dans le bikecheck que nous lui avons consacré.

Un voyage comme cela, ça ne s’organise pas à la légère. Sur place, nous avons pu compter sur Rémy Lesacq de LGB Organisations, qui a tout organisé à la perfection tel un grand chef d’orchestre. Ce n’est d’ailleurs pas un inconnu puisqu’il n’est autre que “monsieur Trans Cévennes”, épreuve dont Vojo a été partenaire, et qui est aujourd’hui parti rejoindre son épouse au Québec.

De gauche à droite et de haut en bas dans notre galerie de portraits, on retrouve ensuite Simon André et son fameux coup de guidon pour Orbea, Altino Lourenco et sa trousse à outils pour prendre soin de nous et de la mécanique au nom de Sram, Steph Couderc dit “la masse”, le “partner in crime” habituel de Rémy et Simon qui a quitté son Sud-Ouest et Cap Néoulous pour nous prêter main forte, Dani Perez, journaliste pour le magazine espagnol Solo Bici, et enfin votre modeste serviteur, avec la lourde tâche de vous transmettre la beauté des paysages et des trails rencontrés.

Enfin, parce que ce voyage est aussi une histoire de rencontre, nous avons eu la chance, à chacune des quatre grandes étapes de notre périple, d’être accompagnés par des guides locaux ; ceux-là même qui ont imaginé, tracé, créé ces sentiers magiques sur lesquels nous allons rouler pendant toute cette semaine. A St-Raymond, c’est Tommy Paquet, l’homme par qui tout a commencé dans la région, qui nous a accueillis, en compagnie de son ami Jérôme.

Premiers pas au Québec

Au Québec, les distances sont vite très grandes. Avant de goûter aux grands espaces, il faut donc rouler un peu. Depuis Montréal, il faut compter 4 bonnes heures de route. Heureusement, l’ambiance dans la troupe est loin d’être morose ! Yohan s’intègre directement et les vannes commencent à fuser après quelques minutes à peine. C’est bon signe !

La nuit est déjà tombée quand nous arrivons à St-Raymond, petite bourgade résidentielle située en pleine nature, à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Québec. Ici, beaucoup d’activités sont tournées vers la nature et, l’été, le vélo de montagne (comme on dit au Québec ; VTT étant un terme qui désigne ici plutôt un quad) est un des sports les plus implantés.

Pour loger, notre premier point de ralliement sera le Roquemont, une belle auberge rustique et chaleureuse qui est aussi une micro-brasserie. Pas de doute en voyant les noms des breuvages : ici, les bikers sont les bienvenus !  Autour d’une bonne (et trèèèès copieuse) poutine, Tommy nous présente le programme du lendemain, qui va nous permettre de découvrir les premiers sentiers du secteur “Vallée Bras du Nord”, qui est l’appellation qui regroupe l’ensemble de cette zone naturelle aux nombreuses activités outdoor.

Les sentiers de Saint-Raymond démarrent juste à côté de notre chambre d’hôtel (50 mètres à peine !), les vélos sont prêts : il ne reste plus qu’à bien se reposer pour atténuer les traces du décalage horaire et à nous le Québec !

Entrée en matière à St-Raymond

Le secteur St-Raymond compte une trentaine de kilomètres de sentiers aménagés, dont la difficulté va de vert jusqu’à double black. “Quoi, seulement 30km ? Ca ne vaut même pas le déplacement ! ” Détrompez-vous, et ne vous fiez pas non plus au dénivelé, rarement beaucoup plus important que celui qu’on rencontre dans les Ardennes belges, et bien moindre qu’en Alsace ou dans les Vosges. La qualité d’aménagement des sentiers, mais aussi et surtout la nature du terrain font qu’on ne s’ennuie jamais et que le terrain de jeu a l’air bien plus vaste qu’il ne l’est en réalité.

Au milieu des érables, nous découvrons des traces incroyables. Ici, il n’y a pas d’anciens réseaux de sentiers comme en Europe. Tous ont été créés spécialement pour le VTT et ils sont pour la plupart assez récents.

Comme il s’agit de propriétés privées, et que ces trails nécessitent du temps et des moyens autant pour être créés qu’entretenus, un droit d’entrée est demandé pour y circuler. Comptez une quinzaine de dollars canadiens, soit à peine plus de 10€. Une paille pour un tel parc d’attraction !

Au milieu des érables, même les montées passent sans sourciller. La pente est bien présente et de gros blocs de pierre arrondis viennent ralentir la progression, mais ça roule partout sans le moindre souci et les enchainements de virages rendent le tout très ludique. Puis, surtout, on a l’impression de descendre beaucoup plus qu’on ne grimpe. Et ça, c’est beau !

Grand Eggen, Taureau et Pin Gris : les pistes noires s’enchaînent. Bien sûr, il faut un peu de technique pour en venir à bout, mais un bon vélo de trail en 120/130mm de débattement comme le notre suffit amplement et tout est fait pour mettre le côté ludique en avant et ne jamais mettre le pilote dans des situations délicates ou dangereuses qui lui donnent l’impression de risquer sa santé à chaque obstacle.

Au fil des enchaînements de montées et de dégringolades, les poumons commencent quand même à souffrir, n’est-ce pas Altino ? Qui répondra aussi que ce satané photographe a fait remonter le groupe quelques fois sur les plus beaux passages afin d’avoir enfin la photo qui lui convient. c’est de bonne guerre !

On garde encore quelques forces pour la magnifique Tablerone, dont le final longe une grande plaine dégagée avec une ferme et ses terres où broutent des chevaux que notre balais ne semble guère perturber.

Le soleil se couche, il est temps de rentrer. Mais même le sentier de liaison vers la zone du Mont Laura, les pistes de ski et le village de St-Raymont est sublime. Le séjour ne pouvait pas mieux commencer !

Convivialité made in Québec

Pour couronner cette première journée, nous sommes invités chez Elise. Mais qui est Elise ? Pour tout vous dire, avant de nous rendre chez elle, nous n’en savions pas beaucoup plus que vous. Dans l’avion, la conversation s’est engagée par hasard et le courant est très vite bien passé. Nous nous sommes rendu compte que nous avions quelques connaissances locales en commun et cette passionnée de chevaux, artiste peintre revenant de Camargue où elle était allée puiser l’inspiration, a tout simplement invité tout notre petit groupe !

Au menu, un plat généreux, plein de convivialité et 100% local : une tourtière à l’orignal ! Oui, vous savez, ce grand élan dont vous voyez la silhouette sur les panneaux routiers le long des routes. Ici, il se chasse et cette “viande de bois” (notre gibier) se mange aux grandes occasions. Fred, le mari d’Elise, est justement vttiste ! C’est décidé : il nous accompagnera sur une autre sortie un peu plus tard dans la semaine, ce qui sera un bon moyen de prolonger et de poursuivre la construction de cette nouvelle amitié qui illustre parfaitement le sens de l’accueil des locaux.

Shannahan et les Neilson Trails

Pour notre deuxième journée, c’est vers la deuxième grande zone de vélo de montagne de la vallée de la rivière Bras du Nord que nous allons nous rendre. Il faut parcourir quelques miles en voiture avant d’arriver au centre d’accueil où acheter les tickets et recevoir les cartes permettant de programmer sa journée dans le secteur Shannahan, bien plus vaste et grandiose que celui situé à proximité du village.

Ici, on est en contact direct avec la nature profonde du Québec et la civilisation semble bien plus lointaine. La rivière Bras du Nord et ses affluents la Neilson ainsi que la Rivière à Théo nous servent de fil conducteur, alors que de grandes montagnes rocheuses font office de gardes du corps de part et d’autre.

La zone est vaste et, tout près du centre d’acceuil, il y a déjà de quoi se faire très plaisir avec plus d’une trentaine de kilomètres de trails. Mais pour nous, le but va être d’enchaîner les trois “Neilson Trails” : Neilson Nord, puis Est et enfin Sud. Total de la boucle : 25,4km de pur fun !

Grands lacs, cascades, traces d’orignal, annonce de la présence d’ours dans le secteur : tout y est pour nous mettre dans le bain. Le ciel est d’un bleu intense et profond comme on en a rarement vu et la température est étonnamment haute pour la saison. On roule en court, quelle chance !

Les trails de Shannahan ont demandé des millers d’heures de travail. Passerelles, aménagements de roches, virages : les secteurs s’enchaînent et impressionnent tous plus les uns que les autres. Mais tout reste bien intégré et dans la finesse. Ici, on sent la main de l’homme en action, pas les gros engins de chantier.

On laisse derrière nous un instant Neilson Nord, la rivière et ses rochers pour prendre un peu de hauteur et aller sur des pentes un peu plus raides. Car on l’oublie vite, mais le dénivelé est très faible sur Neilson Nord. Alors, pour varier un peu, on va aller s’amuser sur son frère de l’Est !

Pour y accéder, il faut le mériter et grimper pendant trois quart d’heure à une heure. La piste est large mais très raide par endroits. Et quand on la quitte, cela ne veut pas dire que c’est fini ! On a de la chance : la chasse vient de se terminer, mais les panneaux d’interdiction sont encore en place. On se renseigne : oui, on peut bien y aller et nous allons avoir le sentier pour nous tout seul !

 

Si, avec l’altitude un peu plus élevée ici (mais qui ne dépasse guère les 6-700m), les arbres ont perdu plus leurs feuilles qu’en bas, près du village, les couleurs continuent d’émerveiller. Yohan laisse échapper encore quelques “woah, énorme”, et parle déjà de revenir ici en famille alors qu’il reprend son souffle après avoir essayé (et plus ou moins réussi) à suivre le rythme de Simon.

Le dénivelé et le caractère plus brutal de la version Est nous a bien usés et Neilson Sud fait office de “liaison” pour le retour. Mais quelle liaison ! On retrouve notre amie la rivière jusqu’au centre d’accueil, avec encore une fois un travail époustouflant au niveau du trail building. On comprend pourquoi, ici, ces gaillards sont tant admirés par la communauté des sportifs locaux. Ils peuvent être fiers du travail accompli !


Pour notre part, nous vous donnons rendez-vous très vite pour prendre la direction du Lac Beauport, des Sentiers du Moulin, de Mont-Ste-Anne dans une version tout à fait différente de celle de la Coupe du Monde, et enfin d’un autre nom mythique, Bromont. Faites de beaux rêves !

Pour ceux qui seraient tentés par l’aventure, LGB Organisations & Travel organise une nouvelle session fin mai/début juin 2018 !